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2008

Per fas et nefas

30/12

BONNE ANNEE DERNIERE

Audrey et Sébastien sont « sur un petit nuage », Adieu le T3 de 65 mètres carrés (470 € de loyer), bonjour la maison de 86 mètres carrés (790 € par mois, soit 30% de leurs revenus pendant 25 ans) !
C’est-à-dire, si je calcule bien, 320 € de plus par mois pour 21 mètres carrés supplémentaires et la fierté d’être propriétaires en sus d’un abri de jardin en parpaings de douze doublés de BA 13 perdue dans un no man’s land suburbain (Cuir Center n’est pas bien loin ni l’aéroport) .
Voilà ce que l’on peut appeler une bonne affaire !
Pas sûr que ce soit Audrey et Sébastien qui l’aient faite (on imagine la gueule de la cabane dans vingt-cinq ans !)
Samia et Aziz ont fait à peu près la même, ils remboursent 740 € par mois au lieu de payer 450 € de loyer.
D’après Le Parisien – Aujourd’hui, ils n’en reviennent pas.
Souhaitons-leur de ne jamais le faire…
Rappelons juste (pas à Samia, Aziz, Audrey et Sébastien qui sont nés pour se le faire mettre) que la crise des subprimes aux Etats-Unis vient (en partie seulement) de ce que l’on a prêté de l’argent à des gens incapables de le rembourser (ceux qui le leur prêtaient le savaient, d’ailleurs, fort bien).
Lorsque le capitalisme râcle les fonds de tiroir, ce n’est pas bon signe.

29/12

« S’il n’y a pas de caméras, il n’y a pas de malheur » (Bernard Kouchner, docker humanitaire) ; « Elle y va parce qu’il y a des caméras ! » (Bernard Kouchner, utilitaire surbaissé), à propos d’un voyage de Rama Yade en République « démocratique » du Congo.

« Je préfère un monde où des millions d’être humains peuvent lire ou voir Le Journal de Bridget Jones à un monde où seule une petite minorité a le privilège de lire Madame Bovary » (Denis Olivennes, P-D-G de la Fnac). Pour un commerçant, c’est un point de vue qui se défend. En revanche, il n’est pas sûr que Madame Bovary ne soit pas un meilleur coup que Bridget Jones.


28/12

Rachida Dati = Denise Fabre sans les fous rires (et Garcimore).

24/12

Annie Vautier s’étonne que l’on parle davantage de Christine Angot et de Catherine Millet que de moi-même, Annie est bien gentille, mais elle devrait tout de même comprendre que si l’on parle davantage d’elles, c’est que ce sont des écrivains bien plus considérables que je ne le suis. Et, entre nous (nous ne sommes pas nombreux), que pèse la fin d’une langue et la disparition d’une culture comparées aux dendrites anales et aux vapeurs bourgeoises ? Pas grand-chose, je le crains.

Liliane « Parce que j’en vaux davantage » Bettencourt aurait fait don d’à peu près un milliard d’euros à François-Marie Banier. Sa fille aurait porté plainte pour « abus de faiblesse », sa plainte aurait été plus recevable si, sa mère continuant à qualifier François-Marie Banier d’artiste, elle avait porté plainte pour « mauvais goût impardonnable ».

Liliane se change les idées

Vu Into the Wild, j’adore regarder Sean Penn qui me semble être, à l’heure actuelle, l’un des plus jolis garçons possible, je trouve que c’est un plutôt mauvais acteur (dans le genre grimacier, il me fait penser à Kirk Douglas au mieux (en pire), et à Anthony Quinn au pire (en mieux)), ce serait, soi-disant, un cinéaste considérable… je ne suis pas convaincu. Hollywood + National Geographic + à la fin, si l’on ne se réconcilie pas avec la famille, on meurt = navet.

Vu Gloria, soi-disant que les acteurs ne font jamais le poids lorsqu’ils jouent avec des enfants, Gena Rowlands doit être très bonne et même excellente, le jeune garçon qui joue à ses côtés ne fait vraiment pas le poids. En plus, malgré ses seins minables, c’est l’une des plus belles femmes du monde.

Je suis, peut-être, feignant, mais mon homonyme (remplaçant du remplaçant du gardien de but de l’Olympique Lyonnais) n’est pas très vaillant non plus. Depuis le début de sa carrière en 1995, il a disputé 164 matchs, soit 11 par an en moyenne (même pas un par mois) ; depuis 2000, il en a disputé 53, soit 6 par an (un tous les deux mois). Je ne sais pas combien il est payé le Frédéric Roux en question, mais il ne se casse pas le cul. J’ai rien contre. Comme il a l’air plutôt joli garçon, ça lui fait du temps pour se taper des femelles à footballeurs. J’ai rien contre non plus (mais je n’en connais pas).

23/12

Les numéros de fin d’année des magazines polychromes sont de perpétuelles sources de réjouissance : « J’aime les textures lentes, celles qui enrobent, pénètrent, diffusent sans laisser de gras, sans laisser de trace autre sur la peau que celle d’une oxygénation » (Claire Castillon) ; « Pour mixer, je suis souvent en jean avec ma veste de smoking Yves Saint Laurent » (Béatrice Ardisson) ; « J’aime les crèmes avec une odeur discrète, qui donnent une sensation de douceur et de fraîcheur » (Marianne Denicourt) ; « Cher Père Noël, préservez-nous des auteurs graves » (Alexandre Jardin). Je garde pour moi (le mieux est l’ennemi du bien) les déclarations de Didier Van Cauwelaert, Katherine Pancol, Philippe Besson, Colombe Schneck tout en gardant présent à l’esprit que « la crème, c’est matin et soir » (Sylvie Testud).
De quelle crème peut-il s’agir, si ce n’est celle à encuguler les Figaro Bonniches ?

20/12

Suite à l’annulation d’une tournée dans l’Océan indien d’une pièce de théâtre sur l’insurrection malgache de 1947 (l’année de ma naissance), Victoire Bidegain-DiRosa, conseillère aux affaires culturelles de Bernard Kouchner (dont il était, anecdotiquement, question le 10/12), a déclaré : « le thème du spectacle n’intéressait pas forcément les pays de la région ». Il est certain que l’insurrection malgache intéresse plutôt les Inuit, les populations limitrophes de l’Océan Indien s’intéressant surtout, pour leur part, au déclin de l’industrie de l’espadrille en Béarn.


19/12


Je constate avec dépit que Présence Panchounette (contrairement à des artistes aussi proches de l’Oulipo que Tony Cragg, On Kawara, Sol LeWitt, Jacques Monory, Bernard Rancillac, Fred Sandback, Cindy Sherman, Jean-Luc Vilmouth) n’a pas été invitée à participer à « Regarde de tous tes yeux, regarde, l’art contemporain de Georges Pérec » (Nantes puis Dôle), malgré les « Je me souviens » qu’elle avait si bien revisités pour l’expo de la Fondation Cartier sur les années 80 que deux semaines après ils pullulaient jusqu’au supplément culturel de gratuits provinciaux, ni à « Espèces d’espaces, Les années 80 » au Magasin de Grenoble, peut-être parce que nous sommes des « artistes des années 80 » lorsque ça arrange ceux qui le font de nous qualifier de la sorte.
Il est vrai que cette exposition nous propose : « une lecture non pas chronologique (Tout le monde sait compter jusqu’à 10) d’une décennie mais un décryptage transversal (Nom de Dieu !) qui met l’accent sur une question centrale (Un décryptage transversal qui met l’accent sur une question centrale… on risque se choper le torticolis) : le rapport espace privé/espace public (Encore heureux, on en revient sur la fin à des concepts plus fréquentés sinon plus fréquentables !) ».
Yves Aupetitallot (dont j’ai quelque part la preuve qu’il n’est pas très amateur de débat critique), commissaire de cette exposition (et directeur du Magasin, cette prestigieuse institution si bien restaurée par l’un de mes architectes préférés, Patrick Bouchain, qu’il a fallu la fermer, pour raisons de sécurité, pendant plusieurs années) affirme que la sélection des œuvres s’est faite « hors marché et hors institution ». Dans ces conditions (mais où va-t-il chercher tout ça ?), on se demande bien (il ne manque pas un seul bouton de bottine) où il a  pu dégotter : Bernard Bazile, Luger Gerdes, Laurie Simmons, Haim Steinbach Thomas Ruff, John Armleder, Ettore Sottsass, John Ahearn, Keith Haring, Philippe Thomas, Barbara Kruger, Richard Prince, Matt Mullican, Allan McCollum, Philippe Cazal, Robert Gober, Bertrand Lavier, IFP et Compagnie.

Sylvie Fleury tient à la fois d’Hervé DiRosa (dans un genre plus helvétique que sétois) pour la sincérité retorse et de Gloria Friedman, pour le reste. D’où son succès… sans doute.

12/12

Stéphanie de Monaco est l’une des personnes les plus émouvantes que je sache.

10/12

Chantal prend une photo

J’apprends la nomination de Chantal Creste à la DAP. Voilà une initiative qui mérite d’être retenue, dont l’art français ne peut que se féliciter et dont je me réjouis.
J’avais appris, quelque temps auparavant, la nomination de Norbert Duffort comme conseiller culturel à Miami (Floride) en remplacement de Victoire Bidegain-DiRosa (actuellement en poste au ministère des Affaires étrangères), épouse d’Hervé DiRosa, qui aurait beaucoup insisté pour voir Norbert Duffort nommé à sa place. Accessoirement, Norbert Duffort siégeait au Conseil d’administration du MIAM dont l’initiative revient à… Hervé DiRosa, le Musée qui comptait pour employées la première femme d’Hervé DiRosa ainsi que sa cousine et a été dirigé par… Chantal Creste.
Le monde est petit.
Petits poissons
Petit bocal.

Vu « D’une révolution à l’autre » au Palais de Tokyo, expo organisée par Jeremy Deller. C’est le genre de projet dont le MIAM aurait dû s’enorgueillir, à la place les Sétois auront eu droit à « Coquillages et crustacés », organisé par… Norbert Duffort (« qui depuis s’en est allé ») !

Ceci dit l’expo du Palais de Tokyo n’échappe pas au danger inhérent à ce genre d’exposition (je suis, moi même, tombé dans le panneau la tête la première lorsque j’en ai eu l’occasion), les bannières de Ed Hall exceptées, un bon catalogue aurait pu avantageusement la remplacer.

Norbert pêche le crabe à mains nues

05 Décembre

Devait m’être remis aujourd’hui le « Grand Prix du livre des dirigeants » organisé par l’Expansion et l’ESCP, je l’ai refusé, ce qui ne demande pas un très grand courage étant donné qu’il est purement « honorifique » (si l’on excepte la remise d’une statuette de cristal du meilleur goût), Eric Reinhardt doit le recevoir à ma place. Toutes mes félicitations à l’heureux récipendiaire (qui sourit sur la photo).

Je lis, pour m’encourager (je dois depuis 2000 écrire une biographie d’Ali pour Grasset), Un destin américain d’Alexis Philonenko, publié par Bartillat. C’est un épouvantable charabia dont on ne comprend pas qu’il ait été édité. Même le titre est fautif : « Mohammed Ali » au lieu de « Muhammad Ali ». Ce qui n’empêchera pas Le Figaro Littéraire de le citer comme référence lorsqu’il publiera (comme tous les ans) un dossier sur « Les écrivains et la boxe ».

Sonny a chopé la  Philonenko

31

Pour en finir avec le sujet Millet. Je n’ai rencontré C.M. que deux ou trois fois, en revanche, il a fallu que je la défende un nombre invraisemblable de fois (en réalité, chaque fois que je disais la connaître… je vous passe les clins d’œil égrillards et les sous-entendus fins) : « Mais non, c’est pas une salope, vraiment pas… plutôt le contraire… c’est une chouette fille ! » Je le pense toujours, et ce malgré tous nos différends. Je suis encore plus surpris (ennuyé aussi) de la réaction de la critique à son deuxième livre… comme si on ne pouvait pas se faire baiser dans tous les coins tout en étant jalouse de celui que l’on aime ! J’ai été poursuivi par la jalousie d’un fameux partouzeur tout ça parce que je faisais rire sa femme.
Tout était, d’ailleurs, déjà écrit dans son premier livre, en tous les cas lisible par quelqu’un sachant lire.
La pire réaction, jusqu’à présent, a été celle de Bernard Pivot dans sa chronique du JDD d’aujourd’hui qui se déclare « rassuré » ! Rassuré sans doute que Pomponnette soit rentrée à la maison, que la liberté se paye ou bien qu’elle n’existe pas, que la morale soit sauve, que les apparences soient préservées.
Fumier !
La seule chose que je puisse  reprocher à C.M., c’est d’avoir déclaré qu’elle ne ferait pas de télé, qu’elle ne se plierait pas au jeu des médias et de s’y être complue avec une évidente satisfaction (ce que je peux comprendre) jusqu’à se précipiter chez Mireille Dumas. Si on lui avait demandé, elle aurait fait Les grosses têtes. C’est la même attitude que celle de Philippe Forest qui a excommunié les pratiquants du récit jusqu’à ce que sa propre douleur l’oblige à en faire autant (avec beaucoup de talent, mais pas plus que Bernard Chambaz). On ne saurait distinguer ce qui vient de la morgue (« J’ai le droit, pas les autres ») ou de l’ignorance (« Je savais pas »), l’une et l’autre assez répandues dans ce petit monde.

Milady de Winter

30/08

Mais Catherine est mieux coiffée.

29/08

En revanche, la chemise de Christine Angot est plus jolie que le chemisier de Catherine Millet.

28/08

D’après leurs photographies, parues dans Le Monde des Livres (du 29), la bibliothèque de Catherine Millet est plus grande que celle de Christine Angot.

27 août 2008

Tombé, par hasard, sur un site qui dénombre  les Roux célèbres (plus ou moins), on compte parmi eux (entre autres) : un linguiste, un industriel, un coureur cycliste, un chirurgien (suisse), un botaniste (sud-africain), un joueur de rugby de même nationalité, deux zoologistes (un suisse et un allemand), un skieur, un architecte et même un révolutionnaire, mais pas de Frédéric Roux (écrivain), juste, à la place, comme d’habitude, le troisième gardien de but de l’Olympique Lyonnais.
Ce qui me fait penser que, dans le dictionnaire de Bordeaux (Editions Loubatières), à l’entrée Roux, il y a bien un écrivain, mais dont le prénom est Annelise ; d’après ce qu’il en est dit, elle est excellente.
Et merde !
Tout cela sans compter que je ne sais pas ce que j’ai foutu du formulaire que m’avait adressé le Who’s Who pour que j’aie l’honneur et l’avantage d’y figurer.

J’ai donc abandonné  ce « journal » le 7 mars 2007.
Je ne suis pas certain de le reprendre un jour, régulièrement en tous les cas. Je ne m’intéresse pas suffisamment, sans doute, au temps qui passe, je ne pense pas, surtout, que mon avis soit d’une telle importance qu’il doive être proposé quotidiennement à l’admiration de tous (enfin, les « tous » sont rares.… même pas 2 000 en deux ans).
J’avais noté que, lors de la fête donnée par Marianne pour ses dix ans, on pouvait croiser : « l’acteur, Jean-François Derec, l’économiste, Nicolas Baverez, le socialiste, Henri Weber, l’humoriste, Frijide Barjot, le psychanalyste, Gérard Miller, l’architecte, Roland Castro ».
Cela m’avait fait rire : « économiste » ? « humoriste » ? « socialiste » ? « architecte » ? J’aurais ri davantage si Jean-François Derec avait été qualifié d’écrivain, ce qu’il est puisqu’il a publié un livre.
J’avais noté aussi que Christine Ferniot avait écrit que Marc Dugain était « l’un des meilleurs écrivains français » (Lire, n° 394, avril 2007).
Deux remarques à ce propos : lorsque la même Christine Ferniot m’a confié qu’elle avait adoré L’hiver indien, je n’ai eu aucun doute sur l’excellence de son goût… alors que !
J’ai, depuis, fait l’effort de lire « La malédiction d’Edgar » qui m’était tombé des mains lorsque je l’avais commencé, il se trouve que pour me documenter – mon « prochain livre » est censé être la biographie de Muhammad Ali –, j’avais lu : The Kennedys de Peter Collier & David Horowitz, ben, je peux vous dire que l’un des meilleurs écrivains français ne s’est pas trop cassé le cul !
J’avais noté encore que « l’agent littéraire new-yorkais Andrew Wylie qui compte parmis ses clients Salman Rushdie, Philip Roth et Ohran Pamuk vient de choisir ses deux premiers romanciers français, Christine Angot et Philippe Djian ».
J’en avais déduit (hâtivement) que le type avait du goût et du pif !
Du courage aussi, proposer Angot à la ménagère du Minnesota, faut en avoir une sacrée paire.
J’avais noté que Fred Vargas ressemblait physiquement à Daniel Pennac (d’où, peut-être, son succès) et Sophie Calle à Sonia Rykiel, qu’Anselm Kiefer était à la peinture ce que Karl Lagerfeld était à l’esprit, que Jack Lang avait déclaré sur Canal +, le 18 novembre : « Je suis quasiment né socialiste et je mourrai socialiste » (il nous tarde de vérifier) et qu’Eric Troncy (dit Tri-con) avait déclaré (entre autres… tout serait à noter) quelques jours plus tôt (le 2 novembre) sur France Culture (tout serait à enregistrer) : « Il a décidé de tirer cette exposition en dix exemplaires pour la faire circuler dans trente-sept pays à la fois » à propos de je ne sais quel génie bourguignon.
En gros, de quoi ne pas désespérer du monde.
Dans un genre approchant, je me promets beaucoup de bonheur d’une interview imaginaire d’Amanda Sthers par Keith Richards parue dans VSD du 20 au 26 août.
J’ai bon fond, je me réjouis de pas grand-chose…