Frédéric Roux

Mike Tyson

Incipit & more

Prologue

Au commencement était la peur et la peur était en moi – et la peur était moi.

Gustav Regler

Le vieil homme est penché sur le jeune garçon endormi. Il le secoue et lui demande : « Quelle est ta meilleure amie ? » Le jeune homme en t-shirt se retourne et grogne.
Il était couché depuis une heure environ, le jour n’avait pas tracé cette ligne blanche.
Il rêve.

Ce livre commandé par Jean-Claude Fasquelle verra mon entrée dans l’écurie Grasset dont je porte encore les couleurs. Il sortira sous une couverture catastrophique qui le faisait soupçonner d’être déjà en soldes alors qu’il venait juste d’être mis en place ; pour rester dans l’ambiance, le quatrième de couverture fait naître Mike Tyson dans le Bronx alors qu’il est né à Brooklyn.
    Je bénéficiais, pour l’occasion, des services de la « Rolls » des attachées de presse, Claude Dalla Torre qui n’obtint… RIEN (ou presque). Les rares fois où Tyson (sous-titré, Un cauchemar américain) sera mentionné dans la presse ce sera pour regretter de ne pas en avoir parlé. Si j’avais été américain (ou fait semblant de l’être), cette biographie aurait, sûrement, été encensée et l’on aurait écrit à son propos qu’il n’y a que les américains pour réussir cela…
    Pour les exégètes, la citation de Gustav Regler renvoie à ma préface (« Nous sommes tous des Suisses allemands ») de Le glaive et le fourreau, (Actes Sud, collection Revolutions) ; « le jour n’avait pas tracé cette ligne blanche » aurait dû être la première phrase de A la recherche du temps perdu au lieu de celle que l’on connaît tous. Ce livre fourmille, peut-être plus que d’autres (si l’on excepte Copié/Collé), de citations cachées (de Chateaubriand notamment) ; un journaliste écrivant un article sur Tyson en s’inspirant d’assez près de Tyson, reprendra comme une information un alexandrin tiré du Cid que j’avais attribué, pour ma part, à Peter Crow (Pierre Corneille) du TV Observer (Télé-Observateur).