MON AGENDA DE LA PLEIADE
(2024)

Copyright Christophe Beauregard

Désormais, because, c’est un peu LOURD, on pourra consulter ci-dessous mon agenda de la Pléiade de l’année suivi de celui de lannée précédente. Les autres sont consultables sur Anarchives (entrée : Lagarde & Michard).

14/05

Chez Fayard, ça dépote, après Anthony Delon, juste avant Sylvie Tellier, c’est Joey Starr qui s’y colle, le boss breton se frotte les menottes, ça sent la bonne galette.

En coulisses, Lisa Boëll prépare la rentrée

12/05

Ils vont finir par me le coller sur orbite, ce pauvre Gamelle.

Laura Vasquez : sans les produits, pas de poésie, sans la casquette, pas de sub’s.

Et toujours rien à la télé

10/05

Ci-dessus l’article d’un journal d’outre-Atlantique retrouvé dans un coin (découvert récemment) de mon ordinateur (celui dévolu aux téléchargements) ! Encore une fois Alias Ali est qualifié de « chef d’œuvre » par un critique. Rappelons tout de même pour ceux qui ne le sauraient toujours pas que l’éditrice (Jeanne « fille de » Garcin) en charge du manuscrit chez Grasset le trouvera exagérément saturé d’expression orale (sic), que Fayard ne l’exploite plus et que Folio a massacré sa diffusion, ceci pour le passé (passif ?) ; pour ce qui est d’aujourd’hui, l’auteur du « chef d’œuvre » a TROIS livres qui circulent dans une DOUZAINE de maisons d’édition depuis quelques mois… et ? I’m waitin’ for my man !

Evidemment, le chef d’œuvre, c’est Ali !

06/05/2024

Retrouvé ça :

J’ai toujours subodoré que ce type était une crotte

05/05/2024

La fille de l’atelier portée aux nues

Supplément à The Only Woman (cf le 14/03)

Les garçons salopent, les filles s’appliquent

28/04/2024

Joseph Andras ! Joseph Andras ! Joseph Andras !

Mais toujours rien à la télé !

23/04/2024

A propos du licenciement d’Olivier Nora par le milliardaire breton (cf le 11/03) et des frais que ça allait occasionner, on vient de m’informer que le breton malin attend – peinard – qu’Olivier Nora (né le 27 février 1960) ait atteint l’âge de la retraite, ce qui ne saurait tarder.

Alice, who ?

J’ai longtemps cru (comme beaucoup) que le portrait de la jeune femme de profil devant sa machine à écrire avec des seins en forme d’obus était celui de Clarice Lispector, en fait, c’est celui d’Alice Denham, Playmate de profession que l’on peut admirer ci-dessous dans une autre position et qui, de face (avec des seins moins impressionnants) ne ressemble pas du tout à Miss Lispector.

C’est qui cette Clarice ?

22/04/2024

J’ai toujours aimé les contes de fées, je ne déteste pas non plus que l’on se foute de ma gueule, j’ai donc été ravi de lire (dans ELLE) une interviouve de Mohktar Amoudi par Virginie Bloch-Lainé. Ce jeune homme, né en 1988, a été l’une des « sensations de la rentrée » (Les Conditions idéales, Gallimard, 2023, Prix Goncourt des détenus), je ne doute pas que son livre soit fameux (il raconte l’enfance et l’adolescence d’un enfant de banlieue placé en famille d’accueil, ce qui est, plutôt, original), mais la façon dont il a atterri chez Gallimard vaut son pesant de loukoums et de cornes de gazelle : « Un jour, dans un café, Place de la Madeleine, à un moment où j’avais besoin d’espoir, je racontais à un ami ma vie et mon œuvre, ce que je fais très bien. Karima Hocine, la secrétaire générale des éditions Gallimard, était assise à la table d’à côté et m’écoutait en douce. Je ne savais pas qui elle était. En partant, elle m’a donné sa carte et m’a dit : Envoyez peut être votre livre chez nous ?  » La suite, c’est Ali Baba ou comment voler sur son tapis du 9.3 au 75007 sans emprunter le transports en commun : « J’ai adressé mon texte à Gallimard et, quelques temps plus tard, Karina Hocine m’a appelé. Elle m’a expliqué le fonctionnement du comité de lecture. Le manuscrit avait franchi plusieurs étapes, il fallait désormais qu’elle le lise et qu’il lui plaise. J’ai eu l’impression qu’elle voulait que ça lui plaise. C’était un rêve… »

Le stagiaire a rangé le stock

Personnellement, j’ai rencontré Karina Hocine une seule fois, lors d’un dîner, j’étais assis à sa droite. Comme elle me vantait l’incommensurable bienveillance des éditeurs employant des stagiaires non-rémunérés, je lui ai demandé si elle voyait une différence entre l’esclavage et le travail non-rémunéré ? Elle n’en voyait pas, mais elle ne voyait pas non plus pourquoi elle parlerait avec un con et s’est tourné vers la gauche le reste du repas. C’est en brisant le rêve de Karina Hocine que je me suis interdit l’entrée du 5, rue Gaston Gallimard, 75007 Paris. J’avoue, c’est ballot !

21/04/2024

Résultat des courses

Saporta s’inscrit à l’ANPE

20/04/2024

J’avoue ne pas très bien comprendre le licenciement d’Isabelle Saporta, sans compter le gestion impeccable de l’héritage (le Prince Harry, Florent Pagny) de celle à qui elle a succédé, voilà une éditrice qui, sous le patronage de Nicolas Sarkozy, non seulement n’a pas démérité, mais a également réalisé un travail d’édition remarquable que ce soit dans le domaine des essais (Alain Bauer, Christophe Barbier, Hélène Carrère d’Encausse, Gilles-William Godnadel, Didier Barbelieven, Valérie Benaïm) comme dans celui de la fiction (Aurélie Valognes), sans compter ses talents de « tête chercheuse », puisqu’on lui doit la découverte de talents inouïs, qu’ils soient confirmés (Marlène Schiappa) ou stupéfiants (Anthony Delon). Tout ça pour une querelle d’ego qui aurait pu se régler en interne et va coûter un max de blé au milliardaire breton, nouveau venu dans le monde feutré de l’édition parisienne.

Le mécano breton

n’a pas branché la valise

18/04/2024

Bon anniversaire

Isabelle Saporta

16/04/2024

« Il faut que chaque phrase soit un véritable éclair », Pierre Michon dit AC/DC.

Encore une lectrice des Beunes foudroyée sur place

06/04/2024

L’affirmation péremptoire en guise de critique (de goût) : « Elle (Agatha Ruga) cite en exergue Jakuta Alikavasovic, ce qui est une preuve de goût », Frédéric Beigbeder, suppose que vous devez avoir le même… le terrorisme qui circonvient, de deux choses l’une : soit vous êtes comme moi, soit vous devez l’être.

Go ! Ferdie, go !

05/04/2024

En figure « classique », il y a aussi celle-là : […] « un roman (Médecine douce de Nicolas Rey) qui commence par « Je m’appelle Martin Faubert et tu n’es pas en train de consulter un essai sur la sobriété heureuse » est un roman qui commence bien », Frédéric Beigbeder (Figaro Madame). Signalons au passage que Nicolas Rey vient d’être condamné en appel pour une sombre histoire de plagiat.

04/04/2024

Je viens de recevoir mon relevé de compte des établissements Fayard, je suis crédité de 6,03 euros. Cela peut sembler peu, comme c’est pour un livre que je n’ai pas publié (ni même écrit), c’est beaucoup.

02/04/2024

Eric Neuhoff (cf le 14/03) n’a pas mis longtemps à récidiver : « Quelqu’un (le héros du roman de Gilles-Martin Chauffier, Clause de conscience, Grasset) qui est tombé amoureux de Sydne Rome dans les années soixante-dix ne peut pas être mauvais », Service littéraire, avril 2024.

Dans un autre genre, un jugement « critique » que l’on peut retourner comme la peau du lapin pascal : « Un feu d’artifice éblouissant qui est à la littérature ce que Sophie Calle est aux arts plastiques », Etienne de Montety sur Charles Dantzig (Paris dans tous ses siècles, Grasset). Ce n’est pas faux, mais on peut, aussi, considérer que Sophie Calle est aux arts plastiques ce que Charles Dantzig est à la littérature et… ce n’est pas forcément un compliment.

Un poids – deux mesures

01/04/2024

La prochaine rentrée littéraire est sur les rails

Les auteurs n’en mènent pas large

31/03/3024

cf le 14/03

30/03/2024

Pas mieux

29/03/2024

Je ne suis pas certain que le brelan Grasset-Gee-Springora, ce soit blanc-bleu ; je ne prendrais pas la peine de chercher la teinte exacte du potage (d’autant que je n’en ai pas les moyens, ni de temps à perdre pour démêler le vrai du faux)… tout ce que je subodore, c’est que c’est confus, glauque et que ça ne sent pas la (feuille de) rose, qu’à s’en mêler on risque d’être éclaboussé par un purin d’enfer. Ce n’est, en tous les cas, que ce soit chez les uns et chez les autres, ni la classe ni les vertus.

Francesca

Vanessa

Si l’on veut barboter dans les ragots crapoteux, sans patauger dans le complotisme boueux, tout en ayant l’impression, les deux pieds dans la merde, de « faire de l’histoire », on peut se rapporter aux Propos secrets de Roger Peyrefitte (1977), j’ai trouvé l’édition de poche dans une boîte à livres (on y croise – évidemment – Matzneff)… édifiant Ô combien ! Ça renifle la vieille tante, le fibrome et la chaussette carton ; curieux de constater à quel point, en un demi-siècle, les remugles publiables ne le seraient plus, alors que le moralisme et ceux qui le professent en public n’ont pas vraiment changé. La nature humaine en revanche semble immuable : on encule les parents, aucune raison de ne pas enculer leurs drôles ! pourvu que ce soir gratis ou presque.

27/02/2024

Le livre-papier ne disparaîtra jamais

26/03/2024

Il se prend pour qui celui-là ?

« Sa beauté frappait même dans l’obscurité, son nez étroit, effilé comme l’anche d’un hautbois, ses lèvres charnues, mauves à la commissure. Il sentait son parfum, devinait la peau qui respirait en dessous », cette phrase d’Erwan Desplanques (La part sauvage, l’Olivier) est citée par Olivier Plagnol dans Sud-Ouest Dimanche comme un exemple de l’intense légèreté des phrases de l’auteur dont « l’écriture coule comme une rivière nourrie par de multiples petits affluents. » Des fois, je me dis que je ne comprends rien à rien, que je suis trivial, lourd, vulgaire, imperméable à la légèreté (surtout lorsqu’elle est intense), que je ne suis qu’un parfait abruti et puis, je regarde à quoi ressemble l’anche d’un hautbois et je me sens bizarrement rassuré.

25/03/2024

C’est bien joli de coller la responsabilité de la médiocrité de la littérature française sur le dos des auteurs, mais, de la même manière qu’il aurait fallu se préoccuper de l’analphabétisme des profs avant de se soucier de celui des élèves, on pourrait se préoccuper de la médiocrité des lecteurs. Médiocrité contagieuse, mais aussi exigeante, il faut aux lecteurs médiocres des livres médiocres et, pour les écrire, des écrivains médiocres publiés par des éditeurs médiocres.

Don DeLillo (Libra)

15/03/2024

Rien à la télé

On va promener la bagnole

14/03/2024

Le genre de livre qui (dé)montre tout… tranquille. Evidemment, étant donné mon sujet de prédilection, j’ai choisi la photo de Florence North, « promoteur de boxe » du beau sexe, entourée de ses boxeurs. En fait, Florence North n’a exercé cette profession que très peu de temps, un soupçon de mauvaise foi n’est jamais inutile lorsque l’on veut démontrer ce que l’on montre.

Flo et ses costauds

Carnet d’Handke

« Je ne suis bien nulle part, c’est-à-dire que je suis bien partout », Frédéric Berthet. C’est le genre de phrase réversible amphibie que je ne supporte pas et qui, d’ailleurs, souvent, ne signifie rien ; c’est censé faire profond, c’est juste creux. C’est un peu du même ordre d’idées que ces phrases dont Eric Neuhoff est un pratiquant systématique : « Un homme qui aime les crevettes au curry et Lauren Bacall ne peut pas être mauvais » dont je fais collection dans un coin de Varia, ça ne mange pas de pain et ça tire gentiment à la ligne. Les écrivains de droite me semblent les employer plus fréquemment que les autres.

Celui qui porte une chemise blanche avec les ongles sales

n’écrit que de discrets chefs-d’œuvre pour happy-few.

12/03/2024

Il y a quelques années j’avais imaginé ce dialogue « vif et enjoué » entre Olivier Nora et Madeleine Chapsal, je ne me souviens plus s’il avait été publié (dans Service Littéraire ?) ou pas. Quoi qu’il en soit, il me semble être, en ces circonstances funèbres, le meilleur hommage possible.

Allo, Madeleine !

— Allo, Madeleine, c’est Olivier, comment allez-vous ?
— Des douleurs, mon petit Olivier, des douleurs… la mort rôde !
— Vous exagérez, j’en suis certain. Vous êtes en pleine forme, c’est cela ?
— Je vous taquinais Olivier, les écrivains sont des exhibitionnistes, ils veulent être aimés.
— Mais je vous aime, Madeleine, j’espère que vous n’en doutez pas ?
— Ça fait une éternité que vous ne m’aviez pas appelée…
— Madeleine, nous nous sommes vus le mois dernier en Ré… et les amours, Madeleine ?
— Les bébés ont des orgasmes, pourquoi voudriez-vous que les personnes du troisième âge n’en aient pas ?
— Quelle vitalité, Madeleine ! Vous m’étonnerez toujours… c’est incroyable… et cette aisance… à propos, Madeleine, vous n’avez pas quelque chose à nous confier ? Cela fait une éternité que nous avons rien eu de vous. Je m’inquiète…
— Olivier, j’ai dépassé 80 ans… j’ai publié 80 livres !
— Je suis bien placé pour le savoir, Madeleine… 5 en 2000, 5 en 2006, 5 en 2008. Vous avez une puissance d’écriture incroyable, je ne vois que Carol Oates qui puisse vous être comparée.
— Qui ça ?
— Carol Oates ! Joyce Carol Oates !
— Connais pas ! C’est bien ?
— Rien de comparable à votre talent, je parlais juste de puissance d’écriture, pas de la manière qui est la vôtre… si parisienne… des broderies de Lesage ! De la haute couture !
— Quel séducteur vous faites ! Vous me rappelez JJSS.
— Ne soyez pas modeste, Madeleine… tout ce que vous écrivez, tout ce que vous pensez est évident comme une chanson sous la douche !
— C’est vrai, écrire pour moi, c’est comme chantonner, une activité intime et détachée, on fredonne, on se fait la voix et puis ça y est, c’est écrit !
— Foncez Madeleine, foncez ! Je suis derrière vous !
— Vous ne croyez pas que le public risque de se lasser ?
— Pensez donc Madeleine ! Vous n’avez que des fans, vous êtes leur Prozac, je suis sûr que pour certains vous êtes leur Viagra !
— Vous verriez quoi ?
— Quelque chose de court… il n’y a que le court qui plaise aujourd’hui.
— J’ai pensé à quelque chose… j’ai aperçu cette pauvre Liliane Bettencourt à la télévision… c’est si terrible cette fin de vie ! Vous savez que je la connais très bien.
— Je l’ignorais… écoutez Madeleine, c’est très bien, faites-nous quelque chose là-dessus… il faut que nous déjeunions ensemble… pour les détails, les  conditions, tout ça, vous voyez ?
— Et le titre ? « Liliane, mon amie », ça vous dit quoi ?
— Je ne sais pas. Vous m’avez dit quelque chose de très beau tout à l’heure… la mort rôde !
— C’est pas très gai quand même… Liliane n’est pas encore enterrée !
— Voyons-nous, Madeleine, et on en parle. Je n’ai pas mon emploi du temps sous les yeux et j’ai rendez-vous avec un terrible emmerdeur, je vous dis pas… un type qui écrit des livres sur la boxe.
— Quelle horreur !
— Vous ne croyez pas si bien dire… et prétentieux avec ça, incroyable ! On se rappelle, Madeleine, je vous embrasse.
— Je vous embrasse aussi Olivier… à très bientôt !

Evidemment ce texte est, en partie, composé de déclarations authentiques ; on pourrait donc dire qu’il est, en quelque sorte, « chapsalisé ».

11/03/2024

Bien sûr, Ngannou a touché 20 millions de dollars pour encaisser un crochet du gauche et deux droites en cinq minutes, Boëll vs Saporta, ça a duré un peu plus longtemps (surtout en coulisses où les négociations ne sont pas terminées) et les sommes engagées sont sans commune mesure, mais j’ai quand même été heureux d’apprendre que l’on avait proposé à Isabelle Saporta 450 000 euros par an pour manger son chapeau (« Ils ont les chapeaux ronds, vive la Bretagne/Ils ont les chapeaux ronds, vive les bretons ! »), ce qui laisse supposer que, charges comprises, la maison peut dégager un million d’euros pour salarier UNE seule personne qui, du coup, va (virtuellement) se retrouver sur le marché au triple de son salaire actuel. Quand viendra le tour d’Olivier Nora, ça va chiffrer ! pas autant que Ngannou, mais quand même…

Saraporta mucho

Avec les prud’hommes, j’te dis pas la fiesta !

07/03/2024

Jacques Drillon me cite deux fois in Les asperges de Marcel Proust (éditions du Lérot, 2024), les deux fois de manière fautive ; je ne pourrai pas le lui reprocher, il est mort. En tous les cas, j’ai compris pourquoi il voulait me voler mes images, les siennes étaient nulles, les textes, eux, sont souvent délicieux.

Allez les typos ! Régalez-vous.

03/03/2024

Cioran n’est pas à l’abri

02/03/2024

Ce numéro fameux d’artpress 2 dont il était question hier est paru en novembre 2006, il est donc à peu près contemporain du Projet Sombr’Héros, j’en avais eu connaissance, tout à fait par hasard, en fouinant chez Brigitte (Shabbat Shalom !), la buraliste de la place Balard. C’était pas de la Tatin la tartine, c’était du gratin ! En guise de réponse, je me souviens avoir écrit un mot très bref à Joseph : « Je te savais malheureux, mais pas au point d’écrire des couillonnades »… je ne l’ai plus jamais revu et je n’y tiens pas. Comme je sais distinguer l’homme de l’œuvre, je recommande sans aucune arrière-pensée la lecture de Sois artiste (Aubier, 1994) et Misère de Dieu (Aubier, 1996), deux livres très fins, très drôles et très justes. Indispensables. J’ai (à droite en tournant dans la galerie béarnaise) un exemplaire de chacun dédicacé… « Fraternellement » !

L’œil était dans la tombe et regardait Calvin Klein

01/03/2024

Le coin des amis

Par curiosité, mais aussi parce que c’est la première étagère à droite lorsque je tourne dans la galerie béarnaise pour aller aux toilettes, j’ai dernièrement feuilleté Le projet Sombr’Héros de Joseph Mouton – Ramon (Voixéditions, 2005) où je figure vite ! pages 32 à 35. J’ai eu l’honneur et l’avantage (le plaisir aussi) de compter Joseph Mouton parmi mes amis jusqu’à ce que je tombe sur 8 (huit !) pages d’artpress 2 me portraiturant à la tyrolienne comme un cynique de contrebande (le numéro était consacré au cynisme), antipathique à foison, accessoirement plus ou moins proxénète (tout le monde n’a pas la chance de naître (n’être que) fonctionnaire)). Assez bizarrement Joseph Mouton ne s’est pas posé la question de la profession « induite » de ma femme… de facto, une pute ! qui – pour l’anecdote – lui a préparé son dîner une ou deux fois par semaine pendant quelques années (nous allions, ensuite, boire le digestif et regarder notre chien courir dans le terrain vague sur lequel s’est bâti l’hôpital Georges Pompidou). Bien qu’agrégé salarié, Joseph Mouton n’avait pas beaucoup d’argent, mais beaucoup de dettes, contrairement à nous qui nous contentions d’être pauvres : « Donne-lui tout de même à boire, lui dit Mémère ! », ce que nous fîmes. N’empêche, sur le coup, j’avais trouvé la charge un brin excessive (huit pages !), envisagé même de porter plainte pour diffamation (il y avait matière) et puis D (les prostituées ont bon cœur, c’est connu… même des normaliens, pour peu qu’ils n’en connaissent pas) m’en avait dissuadé : « Laisse tomber… tu voudrais sa vie ? » Joseph Mouton est très intelligent (sauf que, désolé Nanar ! la première chose qui me vient à l’esprit lorsque je relis les pages qui nous sont consacrées, c’est : « Quel con ! mais quel con ! »), très cultivé (avec les aveuglements inhérents à sa classe), très drôle (c’est mon avis plus que celui des éditeurs), mais il est méchant, les raisons de sa méchanceté sont banales, en gros et en détail, il n’est pas reconnu à sa juste valeur (c’est en partie vrai) et « les autres » ne le méritent pas (ça se discute). Difficile dans ces conditions de rester son ami très longtemps. Avant de publier Chien roux au jeu de quilles, Joseph Mouton avait publié (où ? quand ? me souviens plus) le compte-rendu d’une soirée (celle du 16/10/1993) qui m’avait – déjà – paru comme l’annonciateur possible de la catastrophe à venir ; je ne suis, d’ailleurs, pas persuadé que ce soit exactement cette version qui se retrouve dans Sombr’Héros… peu importe ! ce qu’il en reste suffit largement à mon bonheur. J’y suis décrit comme le prototype du gros con (physiquement surtout, Mouton ayant du mal avec la chair), plus bovin qu’ovin pour tout dire ; on en vient – in petto – à regretter que je ne me gratte pas les couilles, que je ne pète pas un brin et que je ne rote pas le saucisson à l’ail par les narines, j’aurais pu – ainsi – (les doigts dans le nez, les orteils dans le fion) enfoncer Bigard (« Vous avez dit Bigard ? ») ou le Gérard Depardieu d’aujourd’hui même gonflé au gaz hilarant et en échappement libre ; D apparaît toute en demi-teinte (gentille, mignonne) comme d’ordinaire « LA » femme chez un féministe XY accompli, le genre XX dont les carottes râpées sont admirables et les toilettes propres, serait-elle la plus « concours général » d’entre nous tous. Passons ! Après le combat Wamba/Tafer où je l’avais invité avec Catherine Perret, le professeur d’esthétique niçois s’est plaint un peu de la lenteur du service dans la brasserie où nous les avions invités ensuite. C’est là où la valeur d’un être peut se mesurer : TOUT (admiration aveugle et subventions comprises) est dû au Pré-Méchoui qui chouine, en retour, le Post-Agneau qui rumine ne donne RIEN, que son venin. C’est sa nature, celle du scorpion de la fable… « Je n’ai pas pu m’en empêcher ! »

C’est une merde.

De cette soirée, d’ailleurs, je me souviens avec plaisir, non pas à cause du combat (il était ennuyeux comme souvent lorsque Wamba était sur le ring) ni de mes invités dépités, mais j’avais croisé dans le hall Fisel Hamani. En son temps, qui n’était déjà plus le mien, Fisel avait été un jeune espoir de la boxe régionale avant que lui et son frère n’échappent à ce sort, parfois peu enviable ; pour ma part, j’avais été bêtement ravi que son frère et lui aient réussi leur évasion… je suis un gros con, mais généreux de nature (comme souvent le gros con, proche de Porthos plus que d’Aramis… les rots ! le lard ! les gigots ! les abats ! les volailles ! les tonneaux mis en perce !), humainement, ça suffit quelquefois à faire la différence, à s’assurer le gîte, le couvert et l’affection de Constance Bonacieux. Que demande le peuple ?

28/02/2024

Ce n’est pas parce qu’il m’a bloqué sur Instagram, ce n’est pas parce que je trouve qu’il écrit de la littérature jeunesse à destination des adultes, ce n’est pas parce que les jurés Goncourt se trompent rarement lorsqu’il leur faut repérer la médiocrité avant de la distinguer, ce n’est pas parce qu’il a pécho la princesse Duraton, mais Mathieu (Nicolas), je l’ai toujours trouvé bidon.

Remboursez ! Remboursez !

Foule dupée – foule énervée

27/02/2024

Entre Isabelle Saporta qui croit qu’elle est de gauche et Lise Boëll qui croit qu’elle est éditrice, il va y avoir du spectacle. Ça devrait faire un beau combat, un petit billet sur Boëll ; si elle ne veut pas perdre avant la limite, je conseille à Saporta de boxer de près.

26/02/2024

A propos de la crise,

Antoine Gallimard nous déclare :

« Je m’en fous… j’ai du stock !« 

Je viens de découvrir une pépite au fond (très au fond) de ma bibliothèque : La danse des 7 voiles de Claude Torey (Sylvie Messinger, 1986). Claude Torey était artiste-peintre, elle habitait dans une tour du Front de Seine, elle avait été en couple avec Daniel Spoerri et je crois me souvenir que leur séparation avait été difficile (ils avaient commis quelques œuvres à quatre mains et Spoerri valait plus cher qu’elle), elle était très copine avec Jacques Soulillou qui me l’avait présentée à la fin des années 70. Lorsque j’ai habité Paris, alors qu’à vol d’oiseau mon atelier n’était pas très loin, je l’ai complétement perdue de vue. Son bouquin est un régal, il est écrit comme un OSS 117 ou un SAS (peut-être plus mal encore), ça se passe dans le milieu de l’art contemporain « pointu » (la performance, etc.), mais on dirait qu’elle n’y connaît que dalle et qu’elle n’apprécie pas des masses ; j’essaie de trouver de qui elle parle, mais à part Orlan, je n’ai encore reconnu personne. Complètement démodé, passionnant.

Ils trafiquent de la « neige », ils portent des « santiagues », ils prennent de la « coc » ou de la « brown« , ils sont pas « fresh« , alors que, « la caroline, c’est de la pure », ça les « chébran », pourtant, « après 8 heures, c’est merfé » et « le smac intégral, ça ne court pas les rues », mais la plus belle phrase est blottie, page 225 : « Yaya nous a fait de la lotte. Tu aimes ? » J’adore !

Ecrire ? un travail de Romain

25/02/2024

Jean-Christophe Rufin aurait déclaré à Livres-Hebdo : « Me dévoiler ne m’intéresse pas », ce que l’on peut regretter, c’est qu’écrire un bon livre ne l’intéresse pas davantage.

24/02/2024

Il y a un type (Bernard Morlino) qui a publié un livre (inutile, forcément inutile) sur les 100 écrivains du XXe siècle que l’on lira encore en 2100, c’est un pari hasardeux à destination des lecteurs d’aujourd’hui (ceux qui adorent les listes), mais il faudrait, peut-être (surtout), imaginer qu’en 2100 personne ne lira plus (de livres).

22/02/2024

Pour je ne sais plus lequel de ses livres (Saga peut-être, que D avait corrigé et dont le sujet semble correspondre), Tonino Benacquista m’avait proposé d’écrire un feuillet pour l’insérer dans le courant du texte. « Sujet » de la commande ? une lettre d’insultes adressée aux dirigeants d’une chaîne de télé publique à propos d’un nouveau programme (une série nocturne, genre Voisin/Voisine). J’avais trouvé ça amusant et, pour qu’il puisse choisir, je m’étais fendu de deux versions ; son éditeur n’avait trouvé amusante ni l’une ni l’autre et prétexté du ton vraiment trop « différent » du reste du livre pour le dissuader de me faire pénétrer en contrebande au sein de La Blanche. Comme quoi, même avec un faux nez, les éditeurs de la prestigieuse maison Gaston trouvent ce que j’écris pas terrible. Je ne suis pas certain, mais je crois me souvenir que Tonino avait alors demandé à quelqu’un d’autre (Pennac ? Pouy ?) de me remplacer, j’ignore si le projet a finalement abouti.

Quoi qu’il en soit, je trouve l’idée excellente, il y avait bien dans les ateliers un spécialiste des nuages et un autre des drapés, pourquoi un écrivain pas tellement doué sur un point précis, abordé de façon marginale dans l’un de ses livres, ne ferait-il pas appel à un collègue plus adroit et qui, pour l’occasion, en ferait un peu trop ?

Mes nuits sont plus belles que les vôtres

        

Et tous les néants de l’univers sont, quant à leur substance et à leur valeur, égaux à un seul néant.

Léonard de Vinci

            On n’entend bien l’orchestre que lorsque les instruments sont repliés et ne voit la lumière que dans la nuit.

Jean Malrieu

1

            La nuit, jusqu’à présent, vous nous l’aviez abandonnée. Vous l’aviez laissée à l’usage des hommes libres que vous haïssez, avec raison d’ailleurs, ils en ont autant à votre service. Nous sommes, il est vrai, si peu que cela ne vous coûtait guère. Pourvu qu’il y ait, le jour, assez d’esclaves derrière vos comptoirs et vos établis et puis, aussi, en face de vos écrans… en semi-liberté d’abord, ensuite en semi-coma, vous pouviez laisser la nuit à la classe dangereuse, aux putes, aux fêtards, aux flambeurs, aux travestis, aux vampires, à Charles Baudelaire. Le monde y gagnait une luminosité rare, il lui arrivait, parfois, d’être réellement supportable et ce jusqu’à ce que le matin pointe son museau prolétaire.

            Les gens de la nuit étaient moins laids que leurs demi-frères qu’ils croisaient à l’heure des balayeuses, ils marchaient au hasard dans les rues vides, débarrassées de la marchandise qui les défigure, se cognaient aux lumières, à l’alcool et parfois pire… vos écrans étaient éteints, vos chaînes plus lâches et l’air empli de tabac en devenait plus respirable.

            Nous vivions nos rêves. Cela, salauds, a dû vous sembler insupportable, ces quelques heures arrachées à votre économie et à ses flics pour que vous mettiez en branle pareille opération de décervelage. Et, dans votre saloperie qu’il est d’usage dans les magazines à vos ordres d’appeler : service public ou pire encore intelligence (puisque les mots n’ont plus de sens), vous avez compris que nous étions, plus que les autres (est-ce les substances dont nous avons abusé ?), susceptibles d’être fascinés par tant de bêtise obligatoire. Que nous resterions sans réaction, hébétés par cela plus que par n’importe quel barbiturique, que comme rien de ce qui est inhumain ne nous est étranger nous voudrions voir jusqu’où il est possible d’aller dans l’ignominie.

            C’est réussi ! J’ai perdu dans cette guerre autant d’amis que dans la drogue. Sachez toutefois que vous n’aurez pas les meilleurs d’entre nous, qu’en ce qui me concerne j’ai fracassé le poste de télévision que, je ne sais pour quelle raison, je possédais encore, rendu hystérique par l’idiotie que vous mettez en scène et que vous voudriez me voir partager.         

            A l’innommable nul n’est tenu, si ce n’est les quelques zombies qui donnent vie aux quelques ectoplasmes qui menacent nos nuits et nos libertés. Ils ne sont plus en sécurité en ma présence, je vous l’assure, que ce soit le jour, que ce soit la nuit.

            Je vous crache à la gueule. Je retourne à mes rêves. Je les vis, encore. Eveillé toujours.

2

            Jusqu’à présent, j’avais tout supporté… Féral et Chabannes, Aimée Mortimer (Vous n’étiez pas nés, je suppose, jeunes cons !). Guy Lux et Léon Zitrone, la cravate de traviole à Saint-Amand- les Eaux, les pires conneries de je ne sais plus quel soir en semaine, dont les costumes étaient toujours du même Donald Caldwell (Vous en avez entendu parler, comme tout le monde et, si ça se trouve, vous vous en moquez, alors que vous ne devriez pas…). Les variétés les plus ineptes, les dessins animés débiles, les lapalissades, les pataquès, les interludes abscons, les cafouillages lamentables, les play-back ratés, les contrepèteries involontaires, les plaisanteries de garçons de bain, les soirées de réveillon sordides avec un nichon triste à minuit, les girls déplumées, Tata Yoyo et Carlos suant et soufflant ; je m’étais toujours retenu, sachant que cela vous ferait plaisir.

            Il me semblait qu’écrire sur le ridicule, soit le rendrait (le ridicule) plus supportable, soit me rendrait (moi-même) aussi ridicule que ce que je prétends montrer du doigt, mais cette fois : ça suffit ! Merde ! On ne peut décemment descendre plus bas que : ces décors ringards où les cloisons de placoplâtre tremblent chaque fois que les acteurs du même métal ouvrent les portes en contreplaqué de 12, où les bibelots de chez Ikéa meurent de honte sur les étagères en Ciporex. Sans compter ces soi-disants “acteurs” repêchés dans je-ne-sais-quelle A.N.P.E., effarés eux-mêmes des dialogues que vous leur imposez, dont le niveau qui ferait la fortune d’un orthophoniste débutant ne dépasse pas celui d’un mammifère aphasique moyen ; ces scénarii (Quoi ?) ineptes, plus vides qu’une mire standard, qui feraient pleurer de honte n’importe quel ivrogne effondré dans la sciure et les mégots…

            Je sais qu’en réalité vous vous foutez de ce que je dis, que si vous osez en pleine lumière semblable opération de décervelage c’est que vous n’avez ni conscience ni vergogne. Peut-être même que vous n’êtes pas aussi loin que vous l’imaginez (Je vous vois assez bien dans la peau de branchés cyniques adeptes du quarantième degré) du niveau auquel vous désirez réduire vos rares spectateurs (ceux qui, à cette heure, sont encore éveillés… veufs de fraîche date, dépressifs chroniques, etc…). Ceux-là même qui, par faiblesse, ne peuvent s’empêcher de jouir, hébétés, sourire mécanique et regard vide, de l’inhumanité que vous leur prêtez… qui essayent de comprendre… pour voir. Alors, bien entendu, qu’il n’y a rien à voir, rien à comprendre. C’est du moins ce que j’ai vu et ce que j’ai compris.        

            Rien de plus sordide ne peut s’imaginer, rien de plus miteux… ce que vous croyez que nous valons, sans doute…

            Craignez, cependant, qu’un jour ce ne soit plus des lettres que vous receviez, mais bel et bien les coups de pied au cul que vous méritez.

21/02/2024

Quignard ! ce qu’il écrit, ce qui est écrit sur lui me fait trembler d’effroi !

Et toujours rien à la télé

20/02/2024

Malade (quel plaisir de rester, toute la sainte journée, mariner en survêt aux couleurs du PSG et en peignoir de chez Mark & Spencer dans des draps sales et froissés en sirotant des Pulmoll, au milieu d’un océan de Kleenex) ; quand la toux veut bien cesser (sans que les Pulmoll y soient pour grand-chose), je lis alternativement : Refuges de Léon-Paul Fargue (Emile-Paul Frères, 1942) et Paris, musée du XXI° siècleLe dixième arrondissement de Thomas Clerc (l’arbalète, 2007), c’est un plaisir aussi. Je me demande s’il y a beaucoup d’écrivains contemporains qui s’intéressent à la ville où ils vivent (ils ont des excuses, elles sont toutes semblables… piétonnisées à la trottinette… spritzées à fond le cargo) ; ils s’intéressent à quoi d’ailleurs les écrivains contemporains ? essentiellement à l’amour et aux débats de société, en gros, à l’horoscope, au courrier du cœur et au journalisme. Ils font ce qu’ils veulent, moi, j’attends avec impatience, mais patiemment, les autres arrondissements de Paris, musée du XX° siècle.

WAITIN’

THE NEW WORLD

13/04/2024

Encore une « biographie orale » (Mitchell Zuckoff, Robert Altman, The Oral Biography), encore une fois venue des Etats-Unis (Vintage Books, 2009), et toujours intéressante. A ma connaissance, toujours aucune publiée en français, à l’exception d’Alias Ali.

Je me suis, évidemment, tout de suite, reporté aux pages consacrées à Short Cuts que j’aime beaucoup pour sa structure éclatée (découpage) et son « adaptation » (montage) de je-ne-sais-plus-combien de nouvelles de Raymond Carver ; j’ai pu y lire ce qui suit qui pourrait être dédicacé à Jacques Doillon et à Benoît Jacquot.

Moore is Moore

C’est Julianne Moore (ci-dessus) qui raconte.

J’étais dans ma cuisine, le téléphone sonne – la voix au bout du fil me fait, « Hello Julianne. C’est Bob Altman, vous savez qui je suis ? » Ce qui est dingue c’est que j’ai d’abord cru que c’était un copain qui me faisait une blague parce qu’il savait que j’étais fan. J’ai répondu, « Ça va ! vous n’êtes pas Bob. »

« Si, si, je suis vraiment Bob Altman. »

J’étais sans dessus-dessous. J’y croyais pas, je lui ai demandé, « Comment vous avez eu mon numéro ? » Je n’arrivais pas à croire qu’il m’appelle… qu’il m’appelle chez moi. »

Il m’a dit, « Je suis sur un film et j’ai un rôle pour vous. »

J’ai dit, « Oui, oui, c’est d’accord ! »

Il m’a répondu, « Non, non, non, c’est pas comme ça que ça se passe. Il faut que vous lisiez le rôle avant… il y a quelque chose… une scène de nu et ce n’est pas négociable. »

J’ai dit, « C’est oui, ça m’est égal, je ferai ce que vous voulez de moi. »

Il m’a répondu, « Ecoutez mon ange, réfléchissez, je suis content que vous soyez aussi enthousiaste, mais vous ne serez pas nue en haut, vous serez nue en bas. »

« C’est bon, je le ferai, c’est d’accord ! »

Bob a toujours prétendu – moi, je ne m’en souviens pas ; c’est le côté embarrassant de l’affaire – que, toute excitée, je lui aurais dit, « Et vous savez quoi ? je suis une vraie rousse. » Je ne me souviens vraiment pas avoir dit ça, Bob prétend le contraire. Et puis l’histoire a un peu changé. C’est devenu, « J’ai un cadeau pour vous, je suis une vraie rousse ! » C’était au tout début de ma carrière et j’essayais désespérément d’être prise au sérieux. Au fond de moi, je voulais tourner, je voulais que l’on m’appelle et la première personne qui m’appelle, c’est Bob et Bob raconte cette histoire… « Elle m’a dit, j’ai un cadeau pour vous, je suis une vraie rousse. »

Mon Dieu ! L’histoire s’est retrouvée dans le New York Times, dans Rolling Stone, dans Premiere. Bob racontait cette histoire à tout le monde. Je ne savais pas quoi faire, quand les gens me demandaient, « On peut appeler Bob pour lui demander quelque chose ? », je leur disais, « Non, ne l’appelez pas, n’appelez surtout pas Bob. » J’ai fini par me dire, « C’est ridicule. Je peux pas continuer comme ça. J’aime Bob, c’est la personne la plus importante à mes yeux… un peu de courage, Julie. » Je l’ai appelé, je me trouvais très con, mais je lui ai dit, « Vous savez Bob, cette histoire que vous racontez comme quoi, je suis une vraie rousse. »

Il me dit, « Ah oui… j’ai un cadeau pour vous. »

Je lui ai dit, je sais que c’est drôle, mais ça me gêne et, peut-être… peut-être que vous pourriez arrêter d’en parler à la presse.

Et, de la façon la plus aimable, la plus humaine qui soit, il m’a dit, « Bien sûr chérie, c’est toi qui commandes. »

12/02/2024

Et quand je pense que, jusque récemment, Jacques Roubaud était donné comme l’un des seuls Français nobélisables !

Le disque dur de mon ordinateur est un boxon innommable, je suis obsédé par l’ordre et je sème le désordre partout où j’essaie d’en mettre (de l’ordre). J’ai récemment découvert une mine de textes (factures, courrier, articles non publiés, projets sans suite, etc.). La plupart du temps, je ne sais où les classer, leur emplacement est difficile à déterminer, ainsi de celui qui suit qui pourrait être classé dans deux ou trois onglets différents…

Je me souviens des “Je me souviens”

         Lorsque la Fondation Cartier décida (avec un peu d’avance sur l’horaire) de commémorer les années 80, j’étais encore artiste et Marie-Claude Beaud me demanda de participer à l’exposition qui devait avoir lieu de juin à novembre 1989. J’avais, pour l’occasion, décidé de réactiver le procédé des “Je me souviens” qu’avait utilisé avec bonheur, quelques années plus tôt, Georges Pérec. Procédé qu’il avait emprunté lui-même à Jo Brainard, poète et artiste américain qui vient de mourir du SIDA. On peut d’ailleurs, si l’on y tient vraiment, faire remonter le procédé à plus tôt encore et en retrouver la trace dans un poème de François Villon. Peu importe pour l’occasion !

         L’opération “Je me souviens des années 80” fut un tel succès que la Fondation Cartier l’employa pour toutes ses accroches de presse, l’invitation, le catalogue, etc… et que l’on allait pendant quelques mois ne pas pouvoir échapper aux souvenirs bons ou mauvais de tout le monde et de n’importe qui. C’étaient les années de la commémoration perpétuelle du quart d’heure qui venait de passer, de la nostalgie obligatoire.

         Les années 80 ne sont plus, les années 90 sont bien entamées et n’ont toujours pas vraiment d’identité.

Osons !

11/02/2024

« Foix, la ville la plus ringarde de France », Luc Moullet.

08/02/2024

Nom de Drieu !

07/02/2024

Ce qu’écrit Françoise Sagan ne m’intéresse pas vraiment, mais je l’ai toujours trouvé follement sympa(thique) et follement fitzgeraldienne (la vitesse, l’alcool, le jeu), ce n’est pas Un certain regard (L’Herne, 2008) réédité par Stock en 2014 sous le titre Je ne renie rien, Entretiens 1954-1992 qui me fera changer d’avis.

Aston Martin sur le toit

Sagan aplatie dessous

06/02/2024

Mort ou vif, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

La preuve en images

Pour toi, mon ange, Pschitt orange !

Pour moi, garçon, Pschitt citron !

05/02/2024

Ci-dessous un courrier adressé (il y a plus de 20 ans !) à une lectrice du Monde me reprochant de ne pas avoir cité le traducteur (sans doute Olivier Appert) des poèmes de Mina Loy à l’occasion de mon article sur Double cœur, un livre médiocre d’Antonia Logue, grand espoir des lettres irlandaises, disparue depuis. Disparue, par la même occasion, la volonté du Monde des Livres de me confier des critiques. Je me rappelle que le rédacteur-en-chef de l’époque, François Bott sans doute (mort comme la poésie !), avait pris le temps de me téléphoner pour m’expliquer que les critiques négatives étaient exclues de son journal (je crois que la politique du Monde des livres n’a pas beaucoup changé depuis), que ma prose avait, malencontreusement, échappé à son attention, mais que cela ne se reproduirait plus… effectivement, cela ne s’est plus reproduit. La critique de Double cœur était disponible entrée Librairie de Mille et une reprises, elle l’est désormais ci-dessous. Vingt ans après, elle ne semble pas particulièrement malhonnête… elle marque, sans doute, modestement, la différence entre critique et journalisme ou, plutôt, ce que l’on entend comme tel, reproduction, plus ou moins fidèle, du discours tenu par les attachées de presse.

le 06.02.2001

                            Mme Emilienne Kerhoas

Madame,

Le Monde des livres m’a transmis votre lettre du 18 janvier.
    Si j’ai bien compris vous protestez contre le fait que dans la note au bas de mon article sur Double cœur d’Antonia Logue, il n’est pas signalé le nom du traducteur (est-il de votre famille ou de vos connaissances ?) des poèmes de Mina Loy.
    En ce qui me concerne : je n’aurais même pas pu citer l’éditeur, j’ignorais cette publication, c’est Le Monde des livres qui a cru bon de la signaler, ce qui, vous l’avouerez, est plutôt professionnel.
    Pour ce qui est de votre interrogation finale, j’ai un début de réponse : si l’on parle si peu de poésie dans Le Monde et dans le reste de la presse littéraire, c’est que la poésie est morte (vu la forme qu’elle revêt depuis un certain temps, elle ne peut que décourager toute critique), et qu’elle ne se vend pas contrairement au roman qui est bien malade, mais qui continue à se vendre.
    Bien à vous.

L’objet du délit

Double cœur (Calmann-Lévy) arrive sur le marché précédé d’une réputation à tout casser. Antonia Logue figure déjà parmi les vingt et un écrivains anglais qui marqueront le siècle ; son ouvrage a été vendu dans sept pays à la simple lecture du prologue et a obtenu l’Irish Times Litterature Prize en 1999. Il présente – a priori – trois avantages aux yeux des professionnels et du public : c’est une bonne idée, c’est écrit par une femme qui connaît que dalle à son sujet et c’est extrêmement mal traduit de l’anglo-saxon. Il ne serait donc pas étonnant que Double cœur se retrouve en tête de gondole avec un mot du libraire griffonné vantant son intérêt et sa profondeur avant de finir dans le bac des soldeurs qui raffolent, eux aussi, des ouvrages à jaquette bariolée.

Miss Logue a imaginé que, vingt ans après sa disparition, Arthur Cravan demandait à Jack Johnson de prendre contact avec sa femme Mina Loy pour savoir si elle l’aimait encore. L’argument est légèrement tiré par la coquille, mais l’auteur a tous les droits, qui kidnappe de la sorte trois excentriques dont la vie est bien mieux qu’un roman.

Arthur Cravan d’abord, le « poète aux cheveux les plus courts du monde », qui préférait la boxe à la littérature et les brutes nègres aux pâles professeurs, ce qui le rend sympathique et impressionne les littérateurs dispensés de gym tout au long de leur scolarité. La réalité est plus cruelle : Cravan, champion de France amateur sans disputer un seul combat, a pris dérouillée sur dérouillée chaque fois qu’il est monté sur le ring. La dernière fois à Barcelone en 1916 contre Jack Johnson.

Le premier Noir champion du monde des poids lourds, exilé en Europe pour ne pas finir en prison, vivait à l’époque d’arnaques de ce genre pour continuer à entretenir ses femmes (blanches), acheter des voitures (de course) et ouvrir des bordels. À côté de lui, Tyson ferait figure de premier communiant ; après qu’il eut massacré James J. Jeffries, on releva 19 morts et 251 blessés aux quatre coins de l’Union. Ali n’existerait pas sans lui, pas plus que Dada sans Cravan.

Dans son genre, Mina Loy n’était pas mal non plus : femme libérée, peintre d’avant-garde, poétesse scandaleuse, elle pose pour Man Ray, un thermomètre en guise de boucle d’oreille, rencontre Cravan à New York (il y donne des conférences où il tire des coups de revolver à poil), le suit au Mexique où il disparaît sous ses yeux en essayant le voilier qui devait les emporter. Il lui laissera une fille, Fabienne.

Miss Logue a composé son livre autour de l’absence de Cravan (le titre original est Shadow-box, astucieusement traduit par Double cœur) comme on monte une tour de Babel en Lego : Jack écrit à Mina qui écrit à Jack et ainsi de suite… chacun raconte sa vie. La fiction vue comme un club-sandwich ! Avec quelques interludes en italique pour tenir le rôle décoratif de la salade : l’un du fait de Cravan (pour que l’on comprenne bien que son absence est, en réalité, une présence), les autres de sa fille qui semble – Dieu sait comment – au courant de l’intrigue. Cela permet à l’auteur, s’appuyant sur la documentation ad hoc, de se montrer aussi à l’aise dans la peau d’une poétesse que dans celle d’un boxeur.

Mina fait l’expérience de la liberté qui « équivalait à être perchée sur une échasse et appuyée contre un mur en cherchant déjà le suivant », dans ces conditions périlleuses ses idées « se mettent à saigner » ; à peine remise, elle croise Marinetti dans un salon : « tandis que je circulais dans la pièce, je sentais mon dos cloué par les stigmates de son regard ». Persécutée de la sorte, on comprend qu’elle se réfugie dans les bras de Cravan, surtout que « les expressions de son amour coulaient, plus épaisses que de la cire chaude », bien qu’une fois le corps d’Arthur disparu, elle soit « incapable de concéder qu’il était parti » alors même que « l’émotion prédominante était un soulagement débridé ».

Pour ce qui est des dons acrobatiques, Jack Johnson n’est pas en reste puisque son adversaire, « penché pour essayer de se battre contre son plexus solaire du plus près possible », lui envoie de « grands coups de balancier dans le ventre… qui lui ébranlaient la tête et les pieds » ; encore heureux, il les écarte « d’un uppercut du gauche à la poitrine, utilisant son aisselle pour faire levier… avant de l’envoyer dinguer, telle une porte sur ses gonds, d’un uppercut volant sous le menton », ce qui a pour effet de laisser l’imprudent « inerte en dehors de son rythme cardiaque ».

Tout cela est très approximatif, qui donne du réel l’impression qu’en donne la lecture d’un mode d’emploi de répondeur numérique, mais, en réalité, nullement rédhibitoire. Toute l’affaire repose sur le sentiment que l’Anglo-Saxon nous est supérieur en tout et que, face à lui, nous ne saurions, bien entendu, exister dans le détail. Lorsqu’il s’agit de boxe par exemple ; à tel point que l’on a vu la critique encenser la biographie de Liston (Tosches) alors qu’elle n’est pas encore traduite, comme elle l’avait fait du Combat du siècle (Mailer) et de Tricoté comme le diable (Algren) qui oscillent entre pas terrible et franchement mauvais.

En réalité celui qui domine le monde domine la culture et les dominés se doivent de lui donner des signes voyants de soumission. Ainsi va la littérature chez les Bonobos.

Mais toujours rien à la télé

01/02/2024

LES GRANDES ONDES

poème

(d’après Jean Echenoz, prix Fénéon, Medicis, Novembre, Goncourt, Paul Morand, François Mauriac, Marguerite Yourcenar, etc)

Regard technique et désaffecté, l’œil boudeur du scoptophile dépossédé, se déporta vers l’église maussadement éclairée, deux poulains vaguaient autour de leur mère, des édentés extravertis se balançaient périlleusement, une voix voilée rebondit decrescendo.

façades exsangues

rouge-à-lèvres extraterritorial

fleurs indécises

demi-sourire inédit

regards expectants

longues jambes infaillibles

enveloppe matelassée de bulles en plastique

urne infundibuliforme.

Une soirée coutumière apparemment inhabitée, le silence y était absolu quoique grêlé par un rock and roll ébarbé de style anglo-antipodal.

Son costume éteint, un lapin, frémissant et charnu, braquait son œil opaque vers le court-terme, sa sueur tiède, une odeur chimique qui insista même après une douche détaillée, persévérant sous l’eau de toilette, cocktail thermique et sapide, déterge les narines en douceur.

Un barman assorti d’un walkman occupé de pensées clandestines, regard toujours aussi volumineux et sourire en stuc, se tourna vers sa contemporaine.

Une solide conversation grimaça d’un cran supplémentaire, des arguments sinusiteux se conglutinent, tartinant des accords en marmelade.

Sourire gélatineux pas plus mobile qu’un caillou légèrement sous-arbitré afin de combler le silence lourd qui s’ensuivit.

Le réveil rampe à contre-cœur vers vingt-deux heures, ses faisceaux obscurcissaient encore l’état du jour.

Circulation profuse sur l’autostrade, pas d’être humain en vue à pied, la jante laissait déborder de flasques sections de flancs. Une voiture ne mangeant que d’un œil se dévoua pour passer dans l’avenue laissant inachevés ses petits-déjeuners sous ses lunettes noires.

Les jours passaient, maigrement meublés.

L’œil subreptice, les liftiers en icoglans veillaient mimétiquement.

31/01/2024

Jules met un point d’orgue

L’éditrice craque

Et toujours rien à la télé

30/01/2024

« L’hypothèse d’une présence quasi subliminale de l’œuvre de Georges Perec dans l’art contemporain a été soulevée par Jean-Pierre Salgas avec l’exposition Regarde de tous tes yeux conçue pour le Musée des Beaux-arts de Nantes en 2008. Il évoque, dans son texte de présentation, Edouard Levé, Valérie Mréjen, Claude Closky et quelques autres, mais souligne l’ignorance de Perec en matière d’art contemporain. Sa seule référence apparemment, Marcel Duchamp, à propos duquel il se demandait si un morceau de sucre en marbre est de l’art« , Arnaud Labelle-Rojoux, LCDB (Al Dante, 2023). A rapprocher de ma critique de La carte et le territoire, cf le 28/12/2023.

26/01/2024

22/01/2024

« Je n’écris pas sur quelque chose, j’écris quelque chose », Jonathan Littell… soi-disant Jonathan Littell ! J’ai repris récemment Notes de Ludwig Hohl (L’Age d’Homme, 1981) où j’ai lu page 188 : « C’est à Karl Kraus, sauf erreur, que l’on doit cette pensée fondamentale : on n’écrit pas sur quelque chose (on écrit toujours quelque chose – ou rien du tout).

Profitons de l’occasion pour citer – encore – Karl Kraus, ça ne peut pas faire de mal en ces temps où la poésie est à l’honneur : « Le poète doit vivre davantage ? Mais c’est ce qu’il fait. »

Je dois avouer avoir un peu perdu Virginia Woolf en route (D me dit que, comparée à Proust, c’est une naine) et Monique Wittig aussi. C’est dommage, je m’étais habitué au rythme (lent, très lent) de Woolf et Wittig a écrit quelques pages superbes sur l’enfance dans l’Opoponax.

02/01/2024

Janvier… sec ! Pas moi, l’agenda, j’essaie de mettre le reste du site à jour et ordre. En février, si je n’ai pas oublié : L’Opoponax de Monique Wittig et Mrs Dalloway de Virginia Woolf.

Secs, nous ? Jamais !

MON AGENDA DE LA PLEIADE
(2023)

31/12/2023

Et toujours rien à la télé

29/12/2023

Isabelle Saporta cherche le joint,

mais les autrices cavalent

28/12/2023

Petit à petit, je restaure mon site déménagé à la cloche de bois depuis Orange, j’en suis à la rubrique Au jour le jour (pour les vidéos qui ont sauté, je préviens à l’avance, il faudra faire son deuil de la plupart, de mémoire, je ne me souviens pas de toutes et beaucoup ne sont plus disponibles) ; comme je suis assez prétentieux, je suis plutôt satisfait de constater que je n’ai pas dit trop de conneries (quelques unes quand même, faut pas exagérer non plus), mais dans l’ensemble, ça tient plutôt bien la route ; à titre d’exemple, on trouvera ci-dessous la critique de La carte et le territoire publiée le 07/11/2010. Toute polémique tue, le Goncourt obtenu, les opinions de l’auteur sues, elle me semble – encore – plutôt bien venue, en tous les cas, dépourvue de toute animosité.

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Dura Lex Sed Lex
(Jed Martin)

J’ai eu entre les mains le dernier livre du « plus grand écrivain français du siècle », le digne successeur de Cyril Collard (Céline des années 80, en mieux). Il est évidemment difficile d’en dire quoi que ce soit sans se voir qualifier de ce que l’on n’est pas ; si l’on en dit du bien, on est à la solde des Inénarrables, si l’on en dit du mal, on hurle avec les mous. Les livres de ce genre sont des « sujets de société » avant d’être des objets littéraires, tout le monde a donc une opinion à leur propos (surtout ceux qui ne les ont pas lu et qui en tirent l’avantage décisif d’être totalement sous influence, l’opinion publique ayant une nette tendance au dogmatisme) et ceux qui avancent un jugement (Yves MichaudPierre Jourde) seront les derniers à être crus.
Une des difficultés à juger de La carte et le territoire est, d’ailleurs, la volonté délibérée de Michel Houellebecq de toujours se situer – à l’intérieur même de la « littérature » -, du côté du « sociétal ». Chacun de ses livres traite un sujet (le clonage, le tourisme sexuel, etc) à la façon dont on aborde un dossier dans un hebdomadaire à destination des cadres moyens (ceux qui achètent ses livres et sont abonnés au Point ou à l’Express), pour l’occasion : l’art contemporain. C’est un sujet que je connais un peu, Houellebecq aussi… peut-être ! On ne le dirait pas, en réalité, on dirait même qu’il n’y connait que pouic ! Ou, plutôt, qu’il en connaît la même chose qu’un abonné à Beaux Arts Magazine, c’est à dire rien ou presque (les belles images, les contes à dormir debout et les records en salle des ventes). Le principal écueil sur lequel s’échouent les écrivains traitant d’art contemporain, qu’ils aient le plus grand mépris ou une certaine estime pour cette activité, c’est celui de la translation de l’art à la littérature. Ils sont intimement persuadés que l’art est une activité facile (et du même genre que l’activité littéraire, un peu comme si tous ceux qui savent écrire étaient écrivains) ; inconsciemment, ils pensent de l’art la même chose que des beaufs ordinaires : « Mon fils de quatre ans peut faire la même chose ! ». Ce qui est presque toujours vrai, d’ailleurs, sauf qu’aucun enfant de quatre ans est capable de le faire exprès ! et qu’aucun d’entre eux ne le fait, même par inadvertance. Lorsque les littérateurs ordinaires (ceux qui le sont moins n’échappent pas à ce défaut,  les œuvres imaginées par Perec, par exemple, sont faites pour être lues et non pas vues) imaginent donc un artiste et son œuvre, ils imaginent un artiste qui n’existe pas, n’a jamais existé, ne pourrait pas exister (pauvre Jed Martin qui serait recalé en deuxième année des Beaux-Arts de Quimper avec ses cartes Michelin agrandies)… un stéréotype littéraire. L’artiste décrit par Houellebecq n’existe pas, son œuvre non plus, son galeriste non plus, sa carrière non plus ; les rares artistes cités en dehors de cet ectoplasme sont ceux que tout le monde connaît même s’il ne les connaît pas, tout simplement parce qu’il a parcouru un article à leur propos dans la salle d’attente de son dentiste : Koons, Hirst, Picasso ; le plus amusant est de lui voir attribuer à Combas et DiRosa une correspondance sur l’Utopie avec le père de Jed, architecte de son état ! Pourquoi donc, dans le même ordre d’idées, ne pas imaginer une correspondance sur le Livre de Job entre Jordy et Bob Dylan…
Personne dans la critique (y compris la critique d’art) n’a relevé cette faiblesse préoccupante…  Houellebecq croit s’y connaître, il n’y connaît rien, peu importe, il donne les gages de la connaissance wikipédiesque ; cela suffit à épater la galerie, les demi-savants ont toujours ébloui les tout-à-fait ignorants.

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La critique littéraire en tous les cas, plus qu’au phénomène aurait pu/dû s’intéresser à ce qui (lui) était donné à lire et il me semble, en gros et en détail, qu’elle ne l’ait pas fait. C’est dommage !
La carte et le territoire est divisé en trois parties d’une centaine de pages chacune + un épilogue. On ne peut pas réellement dire qu’il y ait une intrigue (ou alors bien faiblarde), que les personnages aient l’épaisseur nécessaire (ce sont de plates caricatures réduites à quelques signes censés être signifiants) pour que l’on s’y intéresse. Quelques centaines de pages décrivent l’ascension du nommé Jed Martin, quelques autres décrivent ses rapports avec un dénommé Michel Houellebecq censé lui écrire le texte d’un catalogue, quelques autres décrivent le meurtre de l’écrivain, et l’épilogue (particulièrement torché) est censé « faire épilogue », sans compter quelques « tiroirs » un peu vides (le père, le commissaire de police glissés en vitesse dans des enveloppes en ressortent, forcément, un peu bi-dimensionnels) et quelques exercices de name-dropping pour faire Voici et flatter en nous ce qu’il y a de plus bonniche. Je me suis d’ailleurs étonné en lisant les critiques de La carte et le territoire de voir souvent mentionnés les « sentiments » bienveillants et même affectueux de l’auteur envers Frédéric Beigbeder ou Jean-Pierre Pernaut, en dehors du fait que les personnalités de type pervers n’ont de sentiments que pour eux-mêmes, il m’a semblé que Houellebecq leur portait (à raison, d’ailleurs, mais c’est un autre débat) le plus grand des mépris.
On glisse, sur le même ton morose qui a fait la force d’Houellebecq autrefois, du roman « réaliste » au polar « apocalyptique » en passant par le prêchi-prêcha idéologique (l’euthanasie et tout ça…) où ce n’est pas le texte qui pense, mais l’auteur qui dicte quoi penser de son texte, sans qu’aucun des genres soit assumé, subsumé ou particulièrement réussi (la résolution du meurtre – dont on attendait, vu sa scénographie* – qu’il ait une signification singulière s’affaisse comme un soufflé foiré, aucun éducateur auteur de polar n’oserait se contenter des ficelles qu’utilise Houellebecq). Les transitions entre les parties sont particulièrement brutales (rien à voir avec la douceur de la boîte de vitesse automatique des Lexus qu’il affectionne) et, pour tout dire, particulièrement maladroites comme est maladroite l’utilisation des nombreux copié/collé** qui émaillent le texte. Ça fait beaucoup de faiblesses techniques pour ce qui est présenté comme un éblouissant chef d’œuvre technique. Il est vrai que le niveau baisse et que l’on ne voie que la colle dans un collage n’est plus obligatoirement rédhibitoire (Trois femmes puissantes = un roman !).
Il n’est pas très grave que le texte soit ennuyeux (puisqu’il est ennuyeux), beaucoup de bons livres sont ennuyeux. De temps à autre (mais rarement), en souvenir du bon vieux temps où l’auteur était méchant et drôle, on se prend à sourire… lorsque Houellebecq fait du Houellebecq en faisant le Houellebecq (une espèce d’auto-dénigrement tongue-in-cheek à la Buster Keaton noyé dans la charcuterie bon-marché de Casino), on se dit qu’il a encore de beaux restes et l’on espère que ça y est, que ça va repartir; manque de pot… balpeau ! on passe le reste du temps à se désoler de voir un écrivain trop malin faire le malin.
Reste à savoir si Houellebecq, avide de reconnaissance comme il l’est, a écrit ce livre POUR avoir le succès que l’on connaît qui ne lui semble pas suffisant puisqu’il n’est pas unanime (on saura demain si son éditeur peut pousser un soupir de soulagement : « Mission accomplie ! », après-demain, Houellebecq se rendra compte que, Goncourt ou pas, il est toujours aussi laid, et qu’il ne sert donc à rien de s’humilier comme il l’a fait) ou s’il ne peut plus produire mieux que ça. S’il est cynique et paresseux ou bien s’il n’a plus rien dans le bide.
On pourra le vérifier en lisant son prochain dont j’espère, très égoïstement, qu’il sera aussi bon qu’Extension du domaine de la lutte ou Rester vivants.

* un peu empruntée, autant que je m’en souvienne, au bouquin de Kellerman chez Sonatine, dont j’avais parlé en son temps.
** et je m’y connais !

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Inoxydable
(Jed Martin)

27/12/2023

« Angoulême, pendant trois ans, c’est trop », Sacha Guitry.

Mon gros problème : avoir toujours préféré Betty Catroux à Annie Ernaux (retrouvé dans Au jour le jour, 2011).

26/12/2023

Mrs Dalloway, une voiture passe et, au bout de dix pages, on ne sait toujours pas si c’est une Daimler ou une Bentley.

25/12/2023

Le Beig’ a trouvé le sommier raide

24/12/2023

« Un simple fond noir comme une page blanche ».

Alexis Buffet

22/12/2023

Si je l’ai dit, je m’en dédis !

« Un seul souhait : que l’on nous épargne une production romanesque et essayiste
trop obsessionnellement centrée sur le coronavirus »

Olivier Nora, Paris Match le 7 avril 2020

Disphoria mundi, j’arrête les frais, je me suis quand même tapé la moitié de la pâtée pour chats… Sheba, c’est plus fort que MOI ! En fait, il s’agit, surtout, d’une thèse sans queue (du Mickey dans la chatte sur un TOI brûlant) ni tête (de con sec comme une trique) sur l’épidémie de Covid et l’on s’étonne, parfois, de ne pas voir le Professeur Raoul pointer sa barbichette à rincer les éprouvettes. Quelques passages d’anthologie solo tout de même avec du Trump dedans, mais aussi de l’Astra Zeneca, du Genesis P-Orridge, du Google, du pangolin, de l’entérovirus (Tire-lire-pin-pon sur le chihuaha), des noeuds-gardiens dans la somathèque du Capitalocène… Tutti-frottis ! Interlude kitsch avec un trans grec (Tire-li-pin-pon avec les lèvres avec les doigts). Fierce Pussy ! Lesbian Avengers ! Deleuze et Guattari GTI (échappement libre et pneus taille-basse) ! Les climato-sceptiques en prennent pour leur grade, Elon Musk aussi, ne parlons pas des protocoles institutionnels normatifs hachés menu au robot ménager et des institutions hétéropatriarcales vaporisées à la Raoult, mais, hélas ! les meilleures choses (le Spritz, le gode-ceinture et les 28 mètres carrés dans le 11° arrondissement) ont une fin. Que les racisés – pourtant – se rassurent, l’anus et le vagin universels vaincront pour peu que le trou de la Sécu soit comblé par les drags et les non-humains ! Ce qui ne saurait trader.

21/12/2023

J’habitais au 155

en face des puces et des putes

« Au 153, rue George Bonnac, le Marty (contraction de « Mériadeck » et d' »arty »*) participe avec son univers pop et coloré au rajeunissement du quartier », M, le magazine du Monde, n° 639.

*sic

Partout, on dévitaliserait les villes, brutalement d’abord en détruisant leurs nerfs, puis on peaufinerait la prothèse à coups de mobilier urbain et de quartiers piétonniers avec partout les mêmes boutiques soldant la même marchandise au son des mêmes rengaines »

Et mon fils avec moi n’apprendra qu’à pleurer, Grasset, 2005

20/12/2023

Histoire de ta bêtise, François Bégaudeau (Pauvert, 2019), je crains qu’il n’y ait beaucoup de « je » dans le « tu » auquel Bégaudeau s’adresse.

Crossroads, Jonathan Franzen (L’Olivier, 2022), imbitable. La traduction d’Olivier Deparis y est, peut-être, pour quelque chose, sans atteindre le grotesque made in Gallmeister, tout y est lourd, littéral, maladroit, incertain, contrefait : « la Maytag (c’est une marque de machine à laver) convulsive », « des lunettes couvertes de pellicules et une odeur corporelle avancée », « sous une lumière grise ce papier peint était plus excusable », « Elle ressentait des frétillements dans le ventre », « pour consommer de la pizza surgelée et manifestement un assez grand volume de gin », « Elle exécuta un petit pas de danse aérien pour illustrer ce franchissement », « Il la plaignait d’être si petite et amoureuse de lui, de l’avoir enfermée à son égard dans un dilemme inextricable et confrontée à l’ironie d’avoir fait de lui celui qui la quitterait, en l’initiant à des formes de connaissance plus existentielles » , « l’agression de l’acte de parole qu’il venait d’accomplir », « une excitante odeur de sperme altéré lui parvient, comme un relent de pâtée pour chat, le résultat de plusieurs dépôts effectuée en elle le lundi », « Elle alla et vint sur son sexe en érection jusqu’à ce que le tissu de l’univers se déchire bruyamment » ! Ça finit par lasser avant de décourager définitivement.

18/12/2023

Il ne s’est pas foulé David McNeil, pour peu que l’on fasse l’impasse sur les noms propres, le titre : Angie ou les douze mesures d’un blues est plus long que le texte (Gallimard, 2007, 150 pages)., mais quel auteur-compositeur-interprète délicieux.

Quand on a fait de la boxe, on n’en a jamais terminé avec.

P.-S., Gallimard, 1995

Le problème avec la boxe, c’est que ce n’est jamais fini.

Didier Castino, Boxer comme Gratien, Les Avrils, 2023

THE LAST WALTZ (1978)

17/12/2023

Ferdinand se retourne et contemple le paysage

Lu dans Menteur de Rob Roberge (Gallimard, 2016) : « Tu écoutes Shoot Out the Lights en lisant l’essai de John Cage sur la mélodie et la dissonance. Comme quoi toute dissonance qui se résout en mélodie est en définitive plaisante à l’oreille humaine moyenne. Et comme quoi toute mélodie – si belle soit-elle – qui se résout dans la dissonance en réalité blesse et dérange l’auditeur »… cela peut parfaitement s’appliquer à la littérature et explique le goût moyen du public (mais pas que…) pour la chansonnette, ce dont Céline s’était parfaitement rendu compte pour en tirer quelques désagréables sarcasmes dans un entretien fameux, avant d’exiger des auteurs qu’ils mettent « la peau sur la table ». En dehors de ça Menteur est un très bon livre dont la forme désordonnée est tout à fait raccord avec son sujet : la perte de sa mémoire, mais peut heurter les amateurs de chewing-gums pour les oreilles et les auditeurs de la Grande Librairie.

Yehudi travaille

14/12/2023

Ce n’est pas rien de vivre dans une ville dont on a détruit de fond en comble le quartier où vous avez grandi, où vous ne pouvez plus rien reconnaître.

Ce n’est pas rien d’avoir quitté une ville et de ne pas la reconnaître lorsque l’on y revient.

Ce n’est pas rien d’être d’une ville dont on vous a chassé.

Ce n’est pas rien d’être né dans une ville morte.

Ce n’est pas rien d’être d’une ville dont tous les habitants pensent que vous n’y êtes pas né.

Ce n’est pas rien d’être d’une ville qui est une mauvaise mère.

Et mon fils avec moi n’apprendra qu’à pleurer, Grasset, 2005

Qu’elles sont tristes, ces villes de nos enfances qui ne nous reconnaissent plus.

Ervé, Morsures de nuit, Maurice Nadeau, 2023

12/12/2023

« Autun silencieuse comme un cimetière », James Salter.

07/12/2023

J’avais remarqué, il y déjà longtemps, les traitements que Philip Roth réservait au corps des femmes (assez proche de ceux que Clint Eastwood leur inflige au cinéma, assez sadique, en tous les cas, pour plaire à Josyane Savigneau), ce n’est pas la lecture de La bête qui meurt (Gallimard, 2004) qui me fera changer d’avis.

05/12/2023

Camille, Paul(e) et Dominique déconnent au Musée

Je suis en train de lire Disphoria mundi (Grasset, 2022) de Paul B. Preciado, stylistiquement, ça me fait penser à Maurice G. Dantec (chicousta dans le politico – pharmaco – hétéro – pétro – racial !). Pour ce qui est du « théorique », tout le monde est dans la salade composée (avec du maïs pour les poules), c’est pas plus con qu’autre chose, mais pas bien plus malin que le reste. Hier, l’auteur était interviewé dans Libération. Extrait : « L’assignation à la naissance est un diagnostic clinique, qui est ensuite inscrit dans les documents d’identité comme dans la pratique sociale par le prénom […] le prénom comme technique linguistique d’inscription de genre est déterminant […] c’est pourquoi il est capital pour moi que l’enfant puisse décider du genre de son prénom ». Si on ne fait pas trop attention, on se dit : d’accord ! pourquoi pas ? sauf que ça enfonce les portes entr’ouvertes à grands coups d’épaule au risque de trébucher sur le linoléum de la réalité : « l’assignation à la naissance est un diagnostic clinique », ben oui, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement (les poultoks au broyeur !) ; le diagnostic s’il est « inscrit » n’est pas obligatoirement « déterminant » ; que ce soit dans la pratique sociale ou ailleurs, bon nombre de prénoms peuvent être portés – indifféremment – par des X ou bien par des Y, je n’ai pas connaissance que cela ait posé beaucoup de problèmes existentiels aux Dominique et aux Camille (ni même aux Paul). Quant à suggérer que les enfants décident de leur prénom, j’avoue ne pas très bien comprendre comment on va procéder : leur refiler un matricule à lale (lela ?) mapaternité (pamaternité ?) ? ensuite (quand ?), ils se « baptisent » : Albator ! Lego ! PS One ! Barbie ! Uno ! Mika ! Kikou ! Caca-boudin ! avant de se débaptiser quand ils s’aperçoivent qu’ils sont nés dans le mauvais corps et ce à l’infini ! Sans parler du « nom » qui me semble foutrement plus déterminant… la marque de la seringue et le lot de gamètes pourraient offrir une solution : Kiki Radiometer 657, par exemple, c’est seyant.

30/11/2023

Maylis de Kérangal et Lydie Salvayre, officiers de l’Ordre national du mérite. Bravo à elles et à Hélène Cixous, commandeur de la même distinction.

Marguerite hésite

29/11/2023

« Ce que j’ai écrit ne vaut rien […] des succès bidons et des critiques de complaisance », un éclair de lucidité de Philippe Labro in Tomber sept fois, se relever huit dont je n’ai toujours pas compris la logique arithmétique.

Clichés sur clichés = succès !

Et de la prose qui va avec…

28/11/2023

Le petit Raymond rêvasse en classe

26/11/2023

Le seul éditeur à ne m’avoir jamais versé un rond ? Sens & Tonka. On peut donc, assez logiquement, en déduire que Sens & Tonka = voleurs !

Et avec les nouveaux casques,

ça rentre crème sans crème !

24/11/2023

Lu, par acquit de conscience, Ali, une vie de Jonathan Eig (Marabout, 2018, 695 pages, pas très bien traduites par Laurent Bury). J’ai été vite (je connais l’histoire), tout y est, rien à redire, la seule différence avec les biographies précédentes, dont celle de Thomas Hauser est le modèle difficilement dépassable, c’est le sexe ! Le non-dit, c’est fini ! Etant donné l’ampleur du phénomène, on se demande comment il a pu être si longtemps tenu secret : Ali était un fou du cul, il a été bigame, trigame, tétragame et davantage si l’occasion se présentait ; l’hernie inguinale qui a retardé le combat retour contre Sonny Liston, c’est au lit avec Sonji Roi qu’il se l’est faite ; une petite pipe dans les vestiaires ? pourquoi pas ; dix minutes avant son combat contre Ken Norton (Ken Norton !), il était au pieu avec deux putes ; Deer Lake, son camp d’entraînement, était un bordel à ciel ouvert ; il a semé des gosses dans tous les coins et il ne les a pas tous reconnus (il ne reconnaissait pas ceux qui ne lui ressemblaient pas). Leon Muhammad (de la mosquée de Philadelphie) résume tout ça très bien : « La faiblesse d’Ali, c’était la chatte ! »

Il m’en manque deux pour finir la soirée !

21/11/2023

D’après Kurt Vonnegut, Bob Dylan est le plus mauvais poète vivant, ce n’est pas faux, on ne peut pas dire que ce soit un très bon chanteur non plus, et bien, ça ne m’empêche pas d’aimer Bob Dylan (et Bob Dylan d’avoir beaucoup aimé Ali).

Just like a woman !

17/11/2023

« En Ukraine, on parle de « roman de voix » pour qualifier le travail d’un ouvrage par des témoignages », Svetlana Alexievitch ; qualification qui semble, tout à fait, pouvoir s’appliquer à Alias Ali.

En 1975, Grasset commande à Monique Wittig un « dictionnaire du féminisme ». Wittig prend l’oseille et se tire en Grèce avec sa copine, Sande Zeig. Elles en reviendront bronzées avec un Brouillon pour un dictionnaire des amantes dénaturant la commande et – tout pour plaire et pour faire chier – inachevé. Comme à l’époque, rue des Saints-Pères, les hétérosexuels avaient des couilles, le livre est publié tel quel. Il a été réédité en 2011 dans la collection Cahiers rouges avec une préface d’Anne F. Garréta dont les réflexions sur le genre « dictionnaire » pourraient servir à Mille et une reprises.

Résultat

A la fab’, ils se mélangent un peu les pinceaux dans les genres

14/11/2023

Guy rature (comme littérature).

11/11/2023

J’avais voulu titrer ma contribution au Libé des écrivains d’il y a longtemps Aimez-vous Trams ? mais Libération a une cellule spécialisée en « titres », alors « écrivain » ou pas, j’avais eu droit à ce qu’ils avaient cru meilleur qui ne l’est pas vraiment.

Ce qui ce tram à Paris

Dans la jungle urbaine, notre reporter gonzo a expérimenté le moyen de transport à la mode.

par Frédéric Roux

publié le 20 mars 2013

Enfant, du temps où Bordeaux était un port, je me souviens avoir assisté, noyé dans la liesse populaire, au dernier trajet du tramway municipal. Chaban-Delmas était aux manettes, les badauds applaudissaient. Plus de tram, plus de wattman, les derniers rails disparaîtront dans les années 80, histoire que les cyclistes ne puissent plus se casser la gueule pour peu qu’ils y risquent une roue. Image d’un temps révolu en 1954, le tramway refera son apparition un demi-siècle plus tard, muni de tous les attributs de la cool modernité.

A Paris, ville ludique entre toutes, on fait faire un petit tour de manège aux indigènes ; s’ils sont sages, ils pourront attraper la queue du Mickey une fois Marne-la-Vallée en vue, ce qui ne saurait tarder vu les bénéfices envisagés. «Comble de la bêtise et de l’absurdité» en 1929, selon le Petit Parisien, le tramway aujourd’hui «améliore la mobilité urbaine, restructure et embellit le cadre de vie».

Valide.

Roulez petits bolides ! Gonzo monte et valide. Ça démarre Pont-du-Garigliano, face au siège de France Télévisions tout le long du chantier du futur Pentagone français (Bouygues). Balard (Au clin d’œil). Desnouettes (le Temple de la sorcière). Porte-de-Versailles (Thyda Apsara) ; à l’aller comme au retour, ça se bouscule sec devant le Parc des expositions. Georges-Brassens (Sundance Spa). Brancion (Petit Chat). Porte-de-Vanves (Royal Food). Didot (Mei Mei). Porte-d’Orléans (Prox Nour) ; on se tasse. Montsouris (Bistrot 32). Cité-universitaire (la Fin de la faim) ; la clientèle prend un coup de jeune. Stade-Charléty (la caserne de la Garde républicaine d’un côté, Mondial Pare-brise de l’autre). Poterne des peupliers, RIEN. Porte d’Italie (Grill Agora). Porte-de-Choisy (c’est tout en chinois). Porte-d’Ivry («Spark réinvente les codes»). Maryse-Bastié et Avenue-de-France, les voix qui annoncent les stations se mélangent les pinceaux. Baron-Le Roy, deux affiches annoncent le Salon de l’érotisme du Bourget (16 euros l’entrée). Porte-de-Charenton, la voix synthétique tombe définitivement en carafe. Porte-Dorée (Pizza Cosi), Gonzo ne retrouve pas son ticket, s’ensuit une conversation sans grand intérêt avec trois contrôleurs bonasses. Montempoivre, deux corbeaux. Alexandra-David-Néel, pas un pékin ne descend, pas un Tibétain ne monte. Porte-de-Vincennes, terminus, tout le monde descend ! Sauf l’inévitable vieillard muni d’une poche des Hôpitaux de Paris.

Gonzo prend un café au Bar botté avant de repartir dans l’autre sens. Le retour durera un quart d’heure de moins que l’aller, Gonzo reste sagement assis à côté d’une créature à lèvres modifiées qui consulte sans arrêt son téléphone portable, le problème étant qu’elle n’a PAS de téléphone portable. Gonzo, songeur, en profite pour se désoler de l’architecture bordant le périphérique et s’émerveiller de la poésie des enseignes commerciales : Earthly Paradise, Queen of Nails, Zen Sushi, Touriscope, Chicken Grec ; une trouvaille le laissera perplexe : la découverte d’un «sublimatorium», station Jean-Moulin, dont on peut craindre qu’il se vante de sublimer ce qui ne peut l’être.

Si l’on tient à se réjouir, et pourquoi pas ? Toutes les personnes interrogées sont satisfaites, le tramway leur fait gagner du temps sur leurs trajets quotidiens ; et après tout, les transports en commun sont faits pour que ceux qui ont du travail arrivent à l’heure au boulot et rentrent vite chez eux reconstituer leur force de travail. Si l’on est de mauvaise foi, on peut se demander pourquoi le trajet du tramway double une frontière sociale comme les fortifs et les Maréchaux l’ont fait et, encore aujourd’hui, le périphérique perpétuellement embouteillé par des blondes chassant l’antilope au moyen de véhicules équipés de pare-buffles. On peut se demander pourquoi il n’a pas emprunté le trajet du chemin de fer de petite ceinture désaffecté qui semble dévolu aux activités festives à destination des Parisiens pouvant encore se loger intra muros. On peut s’interroger sur ce goût des urbanistes pour les clôtures concentriques qui enferment une ville qui se désertifie sous prétexte de se piétonniser et se gentrifie en prétextant un souci écologique.

Lorsque François Rebsamen, président du Grand Dijon, déclare que le tram n’est pas «l’effet d’une mode, mais un vrai choix politique», il oublie de préciser que les choix politiques sont souvent influencés par la mode. En 2015, la plupart des agglomérations françaises de plus de 200 000 habitants, depuis Brest (146 649 Bretons) jusqu’à Mulhouse (110 141 Alsaciens), devraient être équipées d’un tramway puisqu’il n’y a aucune raison que les politiques municipales ne soient pas régies par l’idéologie up-to-date imitée de la propulsion du dauphin en aquarium qui veut : «maîtriser les flux», «favoriser les déplacements doux», tout cela dans le «dialogue et la concertation». Pour les usagers, c’est une autre paire de nageoires, ils se contenteront d’aller où l’électricité les mène.

Chez Renaudot, c’est toujours pas Carglass

Renaudot essai : Jean Luc Barré (éditeur Bouquins)

Renaudot poche : Manuel Carcassonne (éditeur Stock)

10/11/2023

07/11/2023

SENSITIVE FUCKERS

Je dois avouer que la « censure » de nos jours revêt des formes étranges, ainsi Instagram m’a récemment bloqué (sans qu’il soit susceptible de communiquer avec « eux »… d’ailleurs et là réside une bonne partie du problème : qui c’est « eux » ?) pour une image repiquée sur… Instagram ! On s’indigne que je ne sais plus quel auteur ait utilisé l’appui de « sensitive readers » pour je ne sais plus quel livre, mais je me souviens, le siècle dernier, avoir dû remplacer « Naomi Campbell » par « une célèbre cover-girl noire » dans Mike Tyson, un cauchemar américain chez Grasset sous la pression des avocats du groupe craignant le procès alors même que la liaison de Mike et Naomi était de notoriété publique. La position de Nicolas Mathieu est encore plus paradoxale : il s’oppose vigoureusement à l’emploi des « sensitive readers » et même à toute censure, mais à propos de son site Instagram, il déclare : « Oui, je coupe, bloque (Je sais, ça m’est arrivé), évacue tout ce qui me contrarie ou me blesse (Chochotte, va !) […] Je ne vous dois rien (Moi non plus) […] Je suis ici chez moi (Avec mes rottweilers et ma clôture électrique). C’est à prendre ou à laisser (Je laisse) ».

06/11/2023

Plongée ce w-e dans mes archives champêtres ! J’ai bien dû écrire une demi-douzaine de versions de Lève ton gauche ! ; la première était largement publiable, mais, grâce aux nombreux refus des éditeurs, la dernière était largement meilleure. De ces excursions sous-marines, on ramène toujours des poissons monstrueux venus des grandes profondeurs, en l’occurrence des poèmes (trois)… pas très bons (on pourrait même dire, franchement mauvais, plus ou moins inspirés par Garcia Lorca), typographiés à l’Onyx Marker sur du papier kraft (à l’époque, la collection Libertés de Pauvert était pour moi le must de la typo) ; je me souviens en avoir réalisé une douzaine (la plupart disparus) alors que nous habitions au-dessus des bureaux de la Mutuelle de la Police, 22, rue Rolland (où Mauriac a vécu), on peut donc les dater 68-69. Si je deviens très célèbre (après ma mort), ça vaudra très cher.

28/10/2023

Retrouvé ce texte dans une version de Ring que je n’avais finalement pas retenue. Il en existe une version différente (assez semblable) publié dans la rubrique Inédits, où il n’est pas question de l’assassinat de Rabin, mais de la présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Ce sont, l’un et l’autre, des « remix » d’un texte de Michaël Sebban (Djezer Zarka) publiée dans le numéro 1 de Remix (Hachette littérature, 2004). Le principe de cette revue était simple : une nouvelle originale remixée par deux écrivains différents. A cette occasion, je remixais Je te lâcherai pas, petit 16/9° de Philippe Nassif avec Guillaume Dustan (qui s’était pas cassé la nénette, il s’était contenté de changer le sexe d’un(e) des protagonistes… la fiancée était devenue le fiancé) !

Il m’a semblé qu’aujourd’hui ces quelques lignes avaient un écho étrange avec ce que certains appellent « l’actualité » qui, en fait, ressemble davantage à l’éternité, celle des vagues qui viennent se briser sans cesse à Djezer Zarka et ailleurs.

ELI

A tribute to Michaël Sebban

Tout le monde trouvait Eli sympa tout de suite, sauf les antisémites. Ce qui fait du monde.

Depuis qu’il faisait shabbat régulièrement, il avait trouvé son style : costar (Daniel Hechter), cigare (Vegas Robaïna) et Borsalino ; ça faisait mafieux à fond, mais sur lui, ça passait. Avec son nez et son chapeau, il ne pouvait pas cacher ce qu’il était, il ne voyait d’ailleurs pas pourquoi il l’aurait caché ; s’il avait été noir, il ne se serait pas senti obligé de dire qu’il ne l’était pas, pas plus que de se passer à l’eau de Javel. Il était juif, ça se voyait et basta !

Il avait fait des études de commerce parce qu’il fallait bien faire des études et que sa mère n’aurait pas compris qu’il n’en fasse pas, alors qu’il se croyait tout à fait capable de faire du commerce sans passer par une école (et, en réalité, il l’était). Le problème c’est qu’il n’avait pas envie de finir commercial, pas plus que dentiste (« Il va falloir envisager les implants, madame Benoliel ») ou assistant-réalisateur à la télé (« C’est quoi ton truc, Eli, du Nes’ ou quoi ? »). Il n’avait envie de rien en particulier, il avait envie de tout, mais l’époque n’était pas propice à des ambitions de ce genre. Alors, jusqu’à présent, il avait glandé, écrit quatre ou cinq nouvelles qu’il n’avait pas toutes terminées. Il en avait fait lire deux à une fille qu’il connaissait et qui travaillait, soi-disant, dans l’édition ; elle avait trouvé ça « pas mal » et puis, lorsqu’elle avait été embauchée comme intermittente du spectacle à M6, ils s’étaient perdus de vue. Il n’avait pas insisté, déçu que l’éditeur n’ait pas compris qu’il était le nouveau Djian, le futur Dustan et ne lui ait pas signé un contrat. Il avait acheté un sampler et fait un peu de musique, écrit trois chansons, acheté deux lithos de Speedy Graffito qu’il avait revendues deux fois leur prix, traîné dans les cocktails où il fallait traîner, défilé dans un hangar décoré par Jérôme Mesnager pour une fille qui sortait de Berçot, fait un peu de figuration, collectionné les Swatch et, surtout, beaucoup rêvassé. 

Il considérait que sa vie était plutôt satisfaisante parce qu’il n’avait pas de problème de fric et des tas de copains de son genre et dans sa situation avec lesquels il se marrait. Il buvait des coups, il fumait des joints, il sortait en boîte et il branchait des filles avec lesquelles il couchait même si, quelquefois, malencontreusement, elles avaient leurs règles. Il pensait que le monde était fait pour rire de l’existence et jouer avec. Sam, son meilleur ami, ne supportait rien et voulait tout faire sauter, lui, il s’en foutait. À force, d’ailleurs, de ne rien supporter, le monde avait trouvé Sam insupportable et l’avait mis à l’abri quelque temps de toute tentation de faire sauter quoi que ce soit. Eli n’avait pas trouvé la mesure injuste, il avait trouvé injuste qu’on le prive de son meilleur ami et compris qu’un jour ou l’autre, s’il continuait, il pourrait se retrouver dans la même situation. Il était retourné à la synagogue, il était allé voir le rabbin plus souvent, et puis il avait arrêté de fréquenter les lieux de perdition. Il faisait sa techouva tranquille ; au kiddoush, il buvait l’anisette avec des types qui avaient été punks et qui, après avoir craché sur le public qui les inondait de bière (c’était, parfois, l’inverse), jouaient maintenant de la musique hassidique dans les bar-mitsva, des types qui portaient la kippa srouga comme ils avaient porté la crête à la Kro quelques années plus tôt. À ce sujet, comme dans la vie de tous les jours, Eli avait un pied dedans, un pied dehors, il ne construirait jamais une cabane en automne, il avait un tas de bons copains goys avec lesquels il faisait du surf l’été sur la Côte basque. Avec la bouffe casher, il s’arrangeait comme il pouvait. 

Pour leur retraite, ses parents avaient acheté une villa à Hossegor, Eli y passait tout l’été et les week-ends chaque fois qu’il le pouvait. Il aimait tellement le surf que, s’il avait pu, il aurait surfé sur la Seine ou dans une piscine à vagues, mais il n’y avait pas moyen… Macache bono ! Waloo ! Pas la plus petite vague à hauteur du pont Neuf et il avait un mauvais souvenir des pédiluves des piscines municipales où, enfant, il s’était chopé une verrue plantaire sans compter qu’il s’était foutu sur la gueule avec deux Arabes l’été où il avait été maître-nageur à Aquaboulevard pour se faire un peu de tune, alors, aussitôt qu’il avait vidé la boîte à lettres et ouvert les volets de la villa de ses parents, il se précipitait à Guethary.

Eli avait tout en France, sa famille, ses habitudes, ses repères, les meilleures vagues étaient en France : à Lacanau, à Biarritz. Lorsqu’il était à Hossegor, il trouvait que les Basques et les Landais étaient des têtes de con, mais les types qu’il fréquentait là-bas n’étaient ni basques ni landais, ils étaient surfeurs avec de l’eau salée dans la tête et du shit plein les bronches. Lorsqu’il était à Paris, il était à Paris. Alors, pourquoi, un jour, a-t-il pensé qu’il fallait qu’il aille en Israël où il ne connaissait personne et où il n’y avait pas de vagues ? Mystère ! Eli cherchait quelque chose et il n’avait pas le tempérament à résister aux mystères. Ce qu’il cherchait, au moment où il avait pris la décision de partir, se trouvait en Israël. Point barre. Son père n’avait rien compris à ses explications (il n’y avait, d’ailleurs, rien à comprendre et son père n’essayait jamais de comprendre ce qu’il n’avait pas envie de comprendre), mais il lui a semblé qu’Eli devenait grand. Sa mère a pensé que, peut-être, en Israël il trouverait une femme et qu’elle lui plairait sûrement. Ils lui ont filé un peu de fric, de quoi tenir deux ou trois mois, le temps de se retourner ou de s’en retourner. De comprendre qu’il n’y avait rien à comprendre, de trouver qu’il n’y avait rien à chercher. Sauf le saint-béni-soit-son-nom et une femme juive.

Il n’était qu’un branché parisien comme un autre, pas si branché que ça, mais dès qu’il a posé le pied à Tel-Aviv, il s’est senti plus branché qu’il ne l’avait jamais été. La ville ne ressemblait à rien, les Israëliens étaient des ploucs en retard de deux ou trois mouvements de mode et qui ne s’en rendaient pas compte tout en souffrant de ne pas être in the mood

La plage était à moins d’un kilomètre de son hôtel, Eli est allé y jeter un coup d’œil, histoire de voir, il a pris sa combinaison et sa planche au cas où… « On ne sait jamais ! » Les vagues manquaient de consistance, elles étaient petites et vicieuses. Tous les défauts. Insurfables. Il y avait un seul type à l’eau, plutôt surpris de voir Eli ramer, il lui a demandé ce qu’il foutait là. Il a été encore plus surpris lorsqu’Eli lui a dit d’où il venait. Lorsqu’on avait la chance de pouvoir surfer de vraies vagues à Biarritz, on ne venait pas tremper son cul dans cette bassine. Eli n’était pas loin de le croire, il repartirait, bien sûr, d’Israël et sûrement sans avoir trouvé ce qu’il était venu y chercher, il reviendrait en France, mais jamais il n’avait été aussi près de le faire alors qu’il venait juste d’arriver.

Il a trouvé un boulot comme barman dans une boîte Tex-Mex (les Israëliens qui s’habillaient comme Tubbs et Crockett avaient découvert les tacos, le guacamole, Almodovar et Guy Debord, c’était leur Buena Vista Social Club à eux). Il faisait des mojitos toute la nuit pour des filles piercées de partout et des mecs qui adoraient dans le désordre David Bowie et les Smiths (les Walker Brothers, faudrait attendre un peu). Ils se méfiaient tous du rap, mais on sentait que ça frémissait, qu’il n’y en avait plus pour très longtemps avant qu’ils ne jurent plus que par Chuck.D. (qui, pour sa part, voulait couper les couilles à tous les circoncis de la planète). Victor, le type dont il avait fait connaissance dans les vagues, passait le voir régulièrement. Eli lui refilait en douce deux ou trois mojitos tombés du comptoir pendant la soirée. La première fois que la météo a annoncé du vent d’est, Victor lui a téléphoné pour qu’ils aillent surfer un spot qu’il connaissait, Djezer Zarka, un village arabe à dix kilomètres au nord de Natanya. Eli lui a demandé :

         — Un village arabe… ça craint pas ?

         — Tu rigoles ! Depuis Oslo, ça craint pas les villages arabes…

         — Y a des vagues ?

         — C’est pas Bali, mais s’il y a de la houle, y en a…

         — Des tubes ?

         — Tu verras…

         Victor s’est garé devant chez lui à cinq heures, sa planche était sanglée sur la galerie de son break Toyota qui avait des trous dans le bas des portières où l’on pouvait passer le poing. Un type était assis à la place du mort.

         — J’te présente Vladi, il fait son service militaire.

         — Tu fais du surf ? lui a demandé Eli.

         — J’sais pas nager, lui a répondu Vladi.

         — Tu vas t’emmerder, alors ?

         — Wallah ! T’inquiète, j’ai des cassettes et de la bière, lui a répondu le soldat en lui montrant deux caisses de Maccabi sur la banquette arrière et, pour signaler que, en ce qui le concernait, la conversation était terminée, il a rajusté les écouteurs de son walkman sur ses oreilles décollées. Bronzer sur la tourelle d’un tank des heures durant en fixant le désert et en écoutant Burning Spears ne l’avait pas rendu loquace.

Ils ont roulé deux heures. Vladi avait ouvert la vitre de son côté, il frappait la tôle de la portière en rythme en fredonnant entre ses dents ; il avait une adoration pour le reggae en général et pour Bob Marley en particulier. Il fumait des pétards à la chaîne et, toutes les dix minutes, il demandait à Eli de lui ouvrir une bière. Il ne bronchait pas, ses pupilles avaient la taille d’un CD. Il faisait pas loin de deux mètres, plus de cent kilos, il touchait le toit du break, vues depuis la banquette arrière ses épaules bouchaient le paysage, sa nuque avait la forme d’un baril de pétrole, à côté de lui Victor bien bâti pourtant ressemblait à un adolescent anorexique. Vladi était le fils d’un Afrikaner et d’une Israëlienne, des yeux verts, le genre dont on doit se méfier dans un bar quand l’heure est venue de commencer à se foutre sur la gueule.

         — Tu lui as demandé de venir au cas où ça chaufferait ? a demandé Eli à Victor.

         — Pourquoi veux-tu que ça chauffe ? T’es parano ou quoi ? Il s’emmerdait, c’est tout ! Autant qu’il s’emmerde en regardant la mer… ça le changera.

         — Vu ce qu’il fume, j’crois plutôt qu’il va ronfler…

         — Ronflera pas… l’a des emmerdes, son père était un genre de vedette en Afrique du Sud, un présentateur télé ou un truc comme ça… ce genre-là, et puis, il est devenu pédé à cinquante balais…

         — Ça fait tard…

         — Trop tard ! L’analyse c’est avant quarante balais, pédé, c’est avant cinquante, sinon tu vas droit aux emmerdes… il s’est mis à boire de la vodka au petit déj’, l’eau de Cologne, le débouche-évier, tout ce qui lui tombait sous la main…

         — Et alors ?

         — Et alors, c’est lui qui s’en occupe… sa mère veut pas en entendre parler, elle est dans un plan froum. T’imagines ?

         — J’imagine ! Pas très bien, mais j’imagine… Tu crois que regarder la mer, ça va changer quelque chose pour lui ?

         — Ça changera rien, c’est sûr, mais c’est sûr que ça lui fera du bien. La mer ça calme, c’est bon pour tout si tu te noies pas dedans…

         — Y a des putains de vague en Afrique du Sud ! À Kalk Bay, à Muizenberg…

         — L’eau est à 10°C ! Y a des phoques !

         — Si y a des phoques, y a des requins !

         — Là où y a des juifs, y a des arabes !

         — Tu l’as dit bouffi… Kif-kif !

 Djeker Zarka est un petit bled arabe, un marché, quelques restaurants, la plage… il y a quelques années un promoteur avait pavé le bord de mer avant de disparaître avec la caisse. Les pavés étaient restés, la mer les avait recouverts et quand il y avait de la houle, la mer en frappant les pavés fabriquait des tubes à la pelle. Eli n’en croyait pas ses yeux… une droite d’un mètre cinquante sortie d’une vidéo et personne à l’eau. Inlassables, l’une après l’autre, à n’en plus finir. 

 Le surf permet ce genre de bonheur tranquille et juste. Eli ne marchait pas dans la combine minibus, Malibu 69, pétards à outrance, « No Nuke ! », drop out, satori et Cie, il aimait simplement être juste avec la vague, en suspens, vide et concentré à la fois et il aimait aussi se gaufrer quand il avait déconné. Dans un cas comme dans l’autre il y revenait en rigolant. Comme tout ce genre de trucs très simple, il est très compliqué de réussir et impossible d’expliquer pourquoi, mais ça vaut le coup d’essayer, sans même parler d’y arriver.

Cependant dans sa transmission la métaphore du surf mérite qu’on la rehausse à ce qu’elle implique effectivement. Politiquement, artistiquement, existentiellement, surfer un événement prévaut d’un entendement plus global de l’onde qui le porte à l’ouvrage. Fatalement, comme par une primauté de la mobilité incontournable des choses, l’intérêt à juste profiter de celui-ci s’efface alors, ou sinon, il est très vite pris à contre. En surf, ça ne loupe pas, c’est la vague d’après sur le coin de la figure ! Aussi l’opportuniste ne va jamais très loin, si habile soit-il à émailler son intérêt, des choses qui viennent à lui. À terme, les jointures craquellent, car justement l’action à l’œuvre n’a pas laissé glisser l’intégrité de l’échange en cours. Deuxième leçon de surf.

Gibus de Soultrait

Crash n° 18

Vladi qui était parti se balader dans le bled est revenu pendant qu’ils étaient en train d’enfiler leurs combinaisons.

         — Voulez du houmous ?

         — Tout à l’heure, ont répondu Eli et Victor.

         — Wallah ! Z’avez tort… l’est pas dégueulasse, il leur a fait en brandissant son assiette au-dessus de sa tête.

         — La vague n’attend pas, a fait Victor à Eli en ramant vers le large.

         — Tu l’as dit bouffi ! lui a répondu Eli.

Pour n’avoir jamais surfé que des vagues merdiques ou, peut-être, à cause de ça, Victor se débrouillait comme un chef. D’entrée, il a placé un tube parfait. Il s’était collé dans le creux de la vague, il avait appuyé sur l’arrière de la planche et disparu sous la lèvre. Eli a compté jusqu’à dix, et Victor est ressorti. Il n’aimait pas attendre trop longtemps avant de prendre une première vague, on pouvait si l’on attendait LA vague faire le bouchon des journées entières sur sa planche ;  il a pris la suivante qu’il a foirée en rigolant.

Ils étaient tous les deux ensemble à prendre leur pied comme des gamins, à regarder le ciel au travers du hublot du tube sans personne pour les emmerder sinon Vladi qui leur faisait des grands signes depuis la plage en gueulant un truc qu’ils n’entendaient pas.

         — Qu’est-ce qu’il dit ? a demandé Victor pendant qu’ils ramaient de concert.

         — J’sais pas, j’entends rien… il a trouvé une fève dans l’houmous !

         — C’est pas son genre de gueuler pour rien… Il fait chier, j’y vais !

         — Prends la dernière… on sait jamais, c’est peut-être une mauvaise nouvelle, lui a conseillé Eli.

         — Je reviens, t’inquiète !

 Victor s’est laissé glisser jusqu’au bord à plat ventre pendant qu’Eli repartait au pic. Arrivé sur la plage, il a posé sa planche contre son break.

         — Qu’est-ce que t’as à gueuler comme ça ? il a demandé à Vladi qui ne disait plus rien.

         — Y z’ont-z’ont tu-tu-tu-tué Ra-ra-rabin, a fini par réussir à articuler le soldat.

 Et Victor a hurlé en direction d’Eli : « Ils ont tué Rabin ! Sors de l’eau ! »

 Eli a vu ces deux types qui hurlaient et qui lui faisaient des signes, « Merde ! » il a fait entre ses dents, « Font chier ! » mais il est rentré.

 Victor avait monté le volume de Galèi Tsahal à fond. Un colon de Samarie avait tué Rabin la veille au soir à Tel Aviv pendant un meeting pour la paix. Victor et Vladi ne disaient rien, ils étaient assis à l’avant du break, les pieds sur le gravier du parking, les coudes appuyés sur les genoux, le menton entre les mains. Eli avait posé sa planche en travers du capot du Toyota.

Hey, look ! It’s the President

Hey ! Mister President

Bang ! Bang !

Hey ! They killed the President

         — Un Juif qui tue un autre Juif, c’est dingue, a fait Victor.

         — C’est pas la première fois, lui a répondu Vladi.

         — C’est pas la dernière fois non plus, a hasardé Eli.

         — Possible, mais cette fois, on est dans la merde, a laissé tomber Victor.

         — Qu’est-ce qu’on fait ? a demandé Eli aux deux Israëliens en pensant : Vous, qu’est-ce que vous comptez faire ? sous-entendu : Moi, je sais !

         — Wallah ! J’vais acheter du houmous et me faire un joint, lui a répondu Vladi.

         — Si c’est comme ça, je repars surfer, a fait Eli.

         — Tu repars surfer ? lui a demandé Victor, interloqué.

         — J’vais pas le ressusciter, hein ? Et j’ai pas eu ma vague…

         — C’est tout ce que ça te fait ?

         — Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ?

         — Il a raison, lui a fait Vladi. T’as intérêt à en profiter, c’est pas demain la veille qu’on revient ici.

         — Pense aux vagues de merde de Tel Aviv, a insisté Eli.

         — J’pense qu’à ça, a fini par lui répondre Victor après être resté silencieux un long moment. C’est les Arabes qui ont les vagues…

         — Et le houmous ! Le meilleur houmous du monde est en Syrie…

         — Wallah ! J’vais l’chercher !

         — Non, non, j’y vais, a fait Victor à Vladi, roule trois joints, pas un… TROIS !

Victor est sorti du break et il s’est dirigé vers le village, Vladi « Wallah » a mis une cassette dans l’autoradio et il a poussé le volume à fond. « Catch a Fire » des Wailers… « Concrete Jungle ». Eli a pensé que la jungle n’était plus très loin et que le houmous syrien attendrait, pas les vagues. Il a repris sa planche et il a nagé vers le large. S’il pouvait voler un moment de légèreté à ce pays, ce serait le premier depuis qu’il était arrivé et le dernier avant de repartir et de tirer un trait ; il avait suffisamment de rêves pour réaliser au moins l’un d’entre eux. Un jour, il le savait, il écrirait tout cela.

C’était ici la Terre promise, mais elle n’était pas pour encore.

23/10/2023

« Voici le temps des Assassins. »

Arthur Rimbaud (Les Illuminations)

22/10/2023

Lisa Lyon est morte, je le/la regrette. J’avais aperçu ses premières photos dans ArtForum, quelques années plus tard, j’avais suggéré aux établissements Grasset la photo ci-dessous pour servir de couverture à Ring, je m’étais même fendu d’un semblant de maquette ; bien-sûr, ils avaient glapi : « Les droits ! Les droits ! » avant de m’informer que la fondation Mapplethorpe (qu’ils avaient, sans doute, soigneusement évité de contacter) avait refusé de les leur accorder.

Je profite de l’occasion pour mettre en ligne la liste des titres que j’avais envisagé à l’époque ; j’avais réussi à imposer Ring qui, pour moi (c’était une erreur funeste) se référait à La Ronde d’Arthur Schnitzler et non pas à une quelconque allusion à la boxe.

RING

MONDO CANE

PRETTY VACANT

LES FEMÂLES

AUJOURD’HUI PLUS QU’HIER ET BIEN MOINS QUE DEMAIN

LES INTERMITTENTS DU SPECTACLE

GANG BANG

CAPHARNAÜM

BATACLAN MOQUETTE

LES OMBRES ET LE CHAOS

DU CHAOS ET DES OMBRES

D’UN GHETTO L’AUTRE

NI DIEU NI MAÎTRE

BE CRUEL

DO IT

LA SOCIETE DU DECOR

LES ANNEES SPECTACLE

AU PLUS PRÈS DES OMBRES ET DU CHAOS

LES OBJETS DANS LE MIROIR PEUVENT ËTRE PLUS PRÈS QU’ILS N’APPARAISSENT

BACKSTAGE

HYMNES À LA JOIE

EN AVANT COMME AVANT !

L’OMBRE POUR LA PROIE

HIC ET NUNC

LES VINGT-QUATRE HEURES DU MAL

LE CERCLE

UN MONDE ENCHANTE

LÀ OÙ NOUS VIVONS

ICI

LÀ, ICI ET MAINTENANT

OUTSIDERS

CARTES D’IDENTITES

CE QUI N’A NI DEBUT NI FIN

PRESQUE LA NUIT

TROMPE LA NUIT

QUE LE SPECTACLE CONTINUE

UN LOOK D’ENFER

ROUND

ROUND AROUND THE CLOCK

RUSHES

BREAK

AMEN

666

UN MONDE SANS PITIE

COMME DES BÊTES

X

DESESPERADOS

LOGO, SI

LA PEAU DES DENTS

LE CHEVAL ET SON CAVALIER

LES BANLIEUES DE L’HOMME

ZONER

LA VIE COMME LA BANLIEUE

LA DÉSAGRÉABLE OBLIGATION D’ÊTRE LIBRE

LA LIBERTÉ OBLIGATOIRE

L’OBLIGATION D’ÊTRE LIBRE

LA LIBERTE SERA OBLIGATOIRE OU NE SERA PAS

COUPS BAS

AVANT LA LIMITE

FAUTE DE FRAPPE

TILT

LE CLIENT EST ROI

LA DICTATURE DU SPECTATEUR

PLACEBO

TROP TARD, TOUT EST NORMAL

CREDIT EST MORT

VINGT-QUATRE HEURES SUR VINGT-QUATRE

ON DIRAIT LA NUIT

GTI

LE DECOMPTE DE FAITS

VINGT-QUATRE CONTES DE FAITS

NOIR C’EST NOIR

YUPPICIDE

L’AIR DU TEMPS

ET MAINTENANT

CLINIQUE

RING RAP

LA VICTOIRE DES VAINCUS

LA DICTATURE DES VICTIMES

IMAGINE

A FLUX TENDU

ALLUMER LE FEU

SEUL LES SOLITAIRES

ARLEQUINS

SILHOUETTES DANS LA NUIT

DES DOMMAGES COLLATERAUX

FIGHTIN’ SPIRIT

LE COURS DES CHOSES

DANS LES DECORS

CLASH

BEST OF

PURPLE RING

LE PROLETARIAT ABOLI

UN RING, DES OMBRES

INSTALLATION

ACCROCHAGE

SHORT CUTS

21/10/2023

Sans légende

20/10/2023

 » […] il se trouve que je n’ai pas d’ambition au sens parisien que l’on donne à ce mot – et quant au quart d’heure de gloire promis à tout un chacun, je passe aussi mon tour », Eric Naulleau, Petit déjeuner chez Tyrannie (La fosse aux ours, 2003). A peu près à la même époque (Putain… vingt ans !), Dominique Gaultier du Dilettante me glissait (sur le ton de la confidence), mais comme une vague menace tout de même : « On n’est jamais à l’abri du succès ! ». Il faut croire que certains sont plus à l’abri que d’autres.

12/10/2023

Feuilleté Encyclopédie capricieuse du tout et du rien de Charles Dantzig (Grasset, 2009), dans le genre tête à claques prétentieuse, difficile de s’aligner

On pourra toujours dire pis que pendre des livres de Colette, il est plus difficile de faire de même à propos de ses seins.

11/10/2023

Appris dans Lignes de vie d’Etiemble (arléa, 1988) que les 500 premiers exemplaires des Nourritures terrestres avaient mis 25 ans à être vendus. Lignes de vie fourmille d’anecdotes amusantes, ce qui ne l’empêche pas d’être passablement emmerdant.

10/10/2023

Chauffe Marcel !

08/10/2023

Plon n’a pas édité que des dicos merdiques…

La preuve !

07/10/2023

La pieuvre bretonne éclaire le monde

06/10/2023

S’il faut reconnaitre une qualité à la production moudianesque, c’est la régularité, un livre de Moudiano (Patrick) c’est comme un bon vieux San Antonio de gîte rural ou le dernier numéro du Canard enchaîné oublié aux chiottes… toujours pareil ! On l’a déjà lu avant d’avoir déchiffré le titre, si on s’emmerde, on peut y aller, ça berce ! Pour les amateurs du genre, c’est comme enfiler ses vieilles savates éculées où la mycose stagne ; on peut préférer les Lobb, c’est mieux, mais c’est plus cher.

HAPP(R)Y

Encore des heureux (expansifs de surcroît !)

En lisant Toute une vie de Jan Zabrana (Allia, 2006), je me disais que, certes, aujourd’hui personne ne pouvait être accusé d’avoir fait emprisonner ses collègues écrivains, cela ne m’empêche pas pour autant de penser que c’est juste l’occasion qui leur a manqué.

Et pendant ce temps là

Vivendi prépare la suite

05/10/2023

On en apprend toujours de bonnes en feuilletant Le Point : d’après Patrick Besson, Jean-Loup Dabadie aurait été à l’origine de Tel Quel ! et, pour le 150ème anniversaire d’Une Saison en enfer, Patti Smith va « mettre en regard » des épisodes de sa vie avec les poèmes de Rimbaud (chez Gallimard).

Et avec le pognon de l’à-valoir,

je m’en vais me faire remonter tout ça !

et je fais réparer ma braguette

04/10/2023

Le 18/05 de l’année dernière, j’écrivais : Trouvé dans une boîte à livres du Centre Leclerc de Pau, Oscar avait vingt ans de Gaspard Koenig (Grasset, 2004), un jour prochain, sans doute, Gaspard Koenig sera suffisamment intelligent pour se rendre compte du ridicule, mais, entre-temps, on aura beaucoup ri à ses dépens.

Aujourd’hui (vingt ans après), le type est bien placé pour le Goncourt ! Faudrait que je ferme ma gueule… je leur porte chance.

03/10/2023

Forcément, je n’ai pas pu m’empêcher de reprendre le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes (Mille et une nuits, 2004) ; Frédéric Beigbeder y figurait déjà, soi-disant (d’après ses propres dires, c’était la loi du genre) découpé par un scooter des mers le 12 août 1994, il concluait sa notice ainsi : « Depuis, un grotesque imposteur au physique repoussant se fait passer pour lui à la télévision et publie des livres absurdes qui rencontrent un succès inexplicable ». Rétrospectivement, la notice la plus drôle reste, toutefois, celle de Gabriel Matzneff : « Ses amantes les plus passionnées ont souvent des prénoms qui s’achèvent par un « a » : Francesca, Nadia, Maria, Zhora, Hadda, Vanessa […] Certaines d’entre elles ont, après sa mort, publié des souvenirs qui attestent qu’il a laissé dans leurs cœurs une trace lumineuse. »

Cachez-vous les prophètes !

Il y a des pauvres types qui croient abattre un travail « colossal » en colligeant (à l’ordinateur) un peu moins de 300 entrées et d’autres un peu plus de 1001 pour des dictionnaires sans intérêt et puis il y a Margaret Hamilton !

02/10/2023

OUF !

Fausse alerte !

01/10/2023

Samedi, gros coup de chaud en altitude (jour de marché = magazines du w-e), Frédéric Beigbeder sort un Dictionnaire amoureux des écrivains français d’aujourd’hui ! Comme je suis très snob et, en l’occurrence, 100% d’accord avec la maxime de Groucho Marx : « Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre », je crains le pire.

LISTES


« Rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste. »
Georges Perec

« Les listes participent d’un vice que j’ai, qui est d’aimer les catégories.
Un vice ou une panique, d’ailleurs, parce que cela rassure de classer. »
Patrick Lefebvre


Le public d’aujourd’hui adore ce genre d’exercice en forme d’inventaire (morbide ! forcément morbide !), ça le rassure : « Les 100 romans du Monde » (d’Angot, Christine à Zorn, Fritz) ; « Les 50 Français les plus influents du monde » d’après Vanity Fair (victoire au sprint de Christine and the Queens devant JR), Emmanuelle Haïm, chef d’orchestre, lanterne rouge derrière Sabrina Bedrani, (maquilleuse) ; « Les 45 mecs qui font bouger le monde et bousculent nos idées » d’après Grazia (pêle-mêle : Xavier Veilhan, Mathieu Pigasse, Edouard Louis et La Femme) ; « Les 50 types les plus élégants des 50 dernières années » d’après GQ : Marcello Mastroianni, mais aussi Björn Borg, Hubert de Givenchy, mais aussi Kurt Cobain, Brian Ferry, mais aussi André 3000, Sean Connery, mais aussi Bob Dylan, Gianni Agnelli, mais aussi Michael Jordan, Warren Beatty, mais aussi François Truffaut, Jean-Claude Killy, mais aussi George Best, Muhammad Ali, mais aussi Johnny Depp ; « Les 100 meilleurs livres de sport » selon Desports (sur la boîte : Le combat du siècle, Rouge ou mort et Le Football, ombre et lumière). Comme au marché aux puces, le badaud peut se réjouir : « Je l’ai (lu, écouté, vu, acheté) ! » ou se dire qu’il a encore du pain sur la planche, qu’il va falloir qu’il s’abonne à Netflix, qu’il continue de dériver sur Amazon, que le labyrinthe de la marchandise est sans issue… qu’on se fout de sa gueule !

26/09/2023

Ohl (Michel)

(me) manque

Alors ? Cette rentrée, ça vient ?

Et pendant ce temps là,

les libraires s’enrhument

24/09/2023

You know what ?

I’m happy !

15/09/2023

Simone s’éclate !

14/09/2023

Relu cet été une centaine de pages de L’Hiver indien (le désœuvrement mène à tout), c’est assez mariolle, mais c’est aussi assez bavard. Si j’avais écrit Gaz (Fayard), pour rectifier le tir, il aurait mieux valu que j’aille voir du côté d’Hemingway plutôt que de celui d’Harrison.

11/09/2023

Que les membres de l’académie Goncourt soient maudits, ils n’ont pas retenu dans leur liste « Calimero » Chalandon (que les lycéens ne louperont pas au passage).

10/09/2023

Panne sèche, Rob Roberge (Série Noire, 2006, traduction Nicolas Richard), parfaitement distrayant, bien écrit, bien traduit, l’intrigue est faiblarde, mais la bande-son est parfaite (« Incroyable que ce type ait réussi à gagner sa vie en chantant », à propos de la reprise de Green, Green Grass of Home par Tom Jones).

Sur un vieux numéro des Inrockuptibles (le premier revenant à la parution mensuelle), une critique du livre d’Alec MacGillis, Le Système Amazon (Seuil/Ed du sous-sol), on se doute bien que l’auteur n’est pas favorable au dit système et Yann Perreau des Inrocks non plus (quelle surprise !), je ne vois rien de sérieux à leur opposer. Cependant, pour illustrer les conditions de travail des employés au sein de la multinationale tentaculaire (jamais bon signe lorsque la pieuvre pointe le tentacule), l’auteur prend pour exemple les conditions financières faites à l’un de ses employés, un ancien ingénieur informatique tombé dans la panade (douze ans de chomdu), il travaille douze heures par jour, cinq jours par semaine comme manutentionnaire, il est payé 15,60 $ de l’heure. Je n’envie pas sa situation (peu enviable), mais si l’on fait le calcul (et si je ne me suis pas gourré dans les retenues), il touche 3 540 $ par mois, on comparera avec la « paie » d’un stagiaire dans une librairie de gauche.

Depuis qu’elle a été engagée chez Gallimard

Sandrine Treiner soigne la mise-en-plis

04/09/2023

Faut tout refaire au propre

Le lecteur est débordé

Et toujours rien à la télé

03/09/2023

02/09/2023

Je vais tout de même étudier les règles du poker (le Draw, le Lowball, le Stud, le Limit Hold’em et leurs variantes exotiques pratiquées à Las Vegas) pour mieux apprécier Le plus gros jeu (cf le 10/08).

C’est pas moi !

Chef d’œuvre de Juan Tallòn (Le bruit du monde) n’est pas loin d’en être un dans un genre mineur, 38 tonnes de Richard Serra qui disparaissent du Musée Reina Sofia et plusieurs dizaines de textes qui en parlent de leurs différents points de vue forcément différents : passionnant ! Bien sûr le « dispositif » adopté m’intéresse (d’autant plus qu’il est parfaitement maîtrisé), mais le sujet m’intéresse davantage encore (quid d’une œuvre disparue ?), peut-être vais-je me pencher de plus près sur le vol du Vrai classique du vide parfait dans les réserves de la Fondation Cartier.

Mais où et en quel pays ?

01/09/2023

Le texte (Les fétiches sont indiscutables) publié par Cosmopolitan dont il a été question la veille peut être consulté rubrique Anarchives, sous-rubrique Varia. Evidemment, il serait impubliable aujourd’hui dans n’importe quel magazine, ne serait-ce que du fait de sa longueur. Je me souviens encore de deux choses à son propos, j’y fait état de Fumel-Montsempron-Libos et il se trouve que Juliette Boisriveaud avait des attaches avec cette ville (je ne me souviens plus lesquelles, elle y était née ou son mari… un truc dans le genre ; je ne sais par quel biais, j’ai été prévenu de la publication de ce texte par Cosmo Japon, malgré l’avis dubitatif de la comptabilité d’Issy-les-Moulineaux (« Vous n’y arriverez jamais ! »), j’ai réussi à me faire payer (400 $, je crois) ; bien évidemment, mon texte a dû être publié par d’autres filiales du groupe, ce dont je n’ai, évidemment, jamais été prévenu.

31/08/2023

Discrétion assurée, Marie-Odile Beauvais (melville/Edition Léo Scheer, 2003), Marie-Odile a des relations à n’en plus finir, elle dîne avec Bernard Frank, elle est à une poignée de main de Michel Tournier, de Jean-Pierre Le Dantec, d’Olivier Rolin, de René de Ceccaty, d’Olivier Nora, d’Eric Ollivier, elle est copine avec Bernard Heidsieck et finit par publier son premier livre (Les forêts les plus sombres) chez Grasset en 1996. Au début, c’est le paradis sur terre, son éditrice est fantastique, les compliments pleuvent, tout le monde l’aime, tout le monde l’adore avant qu’on lui préfère Yann Moix ; qu’elle découvre la brutalité et la vulgarité de la maison de la rue des Saints Pères et que son livre passe à la trappe, le sort banal de 99% des premiers romans. Comme elle est vaniteuse, Marie-Odile s’en plaint et récrimine ; bien consciente qu’elle est la dernière roue de la charrette, elle écrit des lettres furibardes qu’elle n’envoie pas, bizarrement, elle dissimule sous un pseudonyme son éditrice et son attachée de presse, précaution qu’elle n’utilise pas pour les autres protagonistes. Un peu perfide (tous ceux qui ne l’aiment pas ont droit à quelques lignes du genre « bien senties »), un peu naïve (elle invite ses éditeurs à dîner chez elle !), Marie-Odile, c’est Marie-Chantal à Saint-Germain-des-Prés, son livre est parfaitement dispensable, mais comme toujours, dans ce genre de bouquin pas très éloigné de Voici, il y a deux-trois anecdotes amusantes, pour peu que l’on ait fréquenté le milieu, on reconnaît un tel ou un quel, « tout ce qui grouille, grenouille et scribouille ». Je pourrais me sentir très proche de Marie-Odile : elle est née un 25 avril, j’en suis très éloigné : elle ne rencontrera jamais Jean-Claude Fasquelle (à partir du moment où elle n’a affaire qu’à ses sous-fifres, elle aurait dû se douter qu’elle n’irait pas très loin) alors qu’il a été celui qui m’a fait rentrer (et rester) chez Grasset… lorsqu’il est mort, j’en suis sorti.

Entendu hier Pascal Quignard faire l’éloge de « l’attaque » (sic), appris aujourd’hui que Juliette Boisrivaud était morte il y a deux semaines. J’ai eu affaire à elle lorsqu’il m’est arrivé d’écrire pour Cosmopolitan, elle aurait bien voulu que j’intègre le journal, d’après elle, il n’y avait que deux types capables d’écrire dans un magazine féminin, moi et Hervé Prudhon ; après avoir assisté à une conférence de rédaction, je n’ai pas donné suite (il y avait, tout de même, un peu trop de filles pour un seul homme). Je l’avais tout de suite beaucoup aimé et je regrette de l’avoir fréquenté si peu.

Very long time ago

25/08/2023

Message personnel à destination des membres de l’Académie Goncourt : si, cette fois, vous pouviez filer votre prix à Sorj Chalandon qu’il arrête de nous casser les couilles tous les deux ans, je vous en serais éternellement reconnaissant. Merci d’avance.

Pourchet & Togo… la classe !

24/08/2023

C’est la rentrée !

Les critiques festoient

Les lecteurs se barrent

Mettons que je veuille publier chez Jean-Claude Lattès (comme mon idole, Olivier Mony), le Président Directeur Général de la maison est une Présidente Directrice Générale : Véronique Cardi, il me faudrait remettre mon manuscrit à Marietta qui le transmettrait à Clara Dupont-Monod, Constance Trapenard, Anne Sophie Stefanini ou Violaine Chivot… tout bien réfléchi, je vais continuer de ne rien remettre du tout, ni chez Lattès ni ailleurs ou alors, peut-être, aux Editions des femmes.

10/08/2023

The biggest game in town d’Al Alvarez paru chez Métailié en 2023, maladroitement traduit Le plus gros jeu, encombré d’un sous-titre publicitaire à rallonge : Une chronique éblouissante sur Las Vegas et ses joueurs de poker, c’est passionnant, même si l’on ne comprend rien au poker et à ses variantes, le Stud, le Hold’em, etc. Il a fallu quarante ans pour que l’on traduise Al Alvarez (n’exagérons pas, Offshore : un voyage en mer du Nord est paru chez Flammarion en 1987) alors que Gallmeister nous submerge sous d’effroyables daubes à peine sorties de chez l’imprimeur pourvu que l’on y aperçoive l’ombre (bio) d’un bison.

Comparaison n’est pas raison, mais les quelques lignes ci-dessous sur Alexis Vastine (Mille et une reprises) ont été vues plus de dix-mille fois (10 212 pour l’instant) en deux jours à partir de perdants magnifiques.

Il y a bien un moment où il va falloir se poser des questions… arrêter de merder et trouver des solutions.

09/08/2023

Par curiosité, j’ai lu Lady in Satin, Billie Holiday, Portrait d’une diva par ses intimes de Julia Blackburn (Rivage rouge, 2015). Le livre était, soi-disant, construit comme Please Kill Me de Legs McNeil & Gilliam McCain (Allia, 2006) qui est un chef d’œuvre. En l’occurrence, ce n’est pas le cas, même si, dans le genre instructif, Lady in Satin est un plutôt bon livre ; quant à sa construction, elle est très différente de Please Kill Me.

08/08/2023

Philippe Curval est mort, il s’appelait Tronche comme Anne avec laquelle il était marié. Il avait écrit un texte pour Présence Panchounette (Anne lui avait un peu forcé la main), autant qu’il m’en souvienne dans Opus (ou peut-être Kanal)… faudrait que je vérifie.

07/08/2023

L’air de rien, chez Bolloré

on surveille la fermentation de la fiction…

04/08/2023

La pie agasse, le hibou bouboule, le butor butit, le moineau chuchète, la cigogne claquette, le coucou coucoule, le corbeau croaille, le geai frigulote, le pinson fringote, l’alouette grisolle, le pigeon jabote, la caille margotte, la buse miaule, la perdrix pirouitte, l’étourneau pisote, le pic pleupleute, la huppe pupute, l’écrivain radote, la mésange titine, l’aigle trompette, l’hirondelle truisotte, le pitpit turlute, la fauvette zinzinule (le roitelet aussi).

Même les yankees s’en rendent compte !

Pour la rentrée de septembre, essayez la poésie : Le livre des poèmes express de Lucien Suel (éditions dernier télégramme), par exemple ; ça vous rincera la bouche.

Thank’s Gene !

En arrière plan, les livres qui ont le plus compté pour moi,

ceux qui m’ont formé et déformé.

03/08/2023

Gallimard : Projetée au cœur du système capitaliste désincarné, Eléonore découvre la cruauté d’une société qui a oublié l’intime et l’importance des idéaux. C’est alors que surgit l’amour, tout droit sorti du passé. Bigre !

Et toujours rien à la télé !

02/08/2023

Stock : La relation au père, l’acceptation de son homosexualité et la dépression s’enchevêtrent ici dans un violent passage à l’âge adulte. Mais la lumière en sort toujours, d’un regard, d’une façon d’observer le quotidien avec autant de tendresse et d’humour que de clairvoyance. Sapristi !

01/08/2023

Grasset : Cette mère difficile à cerner sur son lit de mort, cette fille qui se sent perdue, ce frère faussement parfait, des personnages dont on ne se lasse pas. Foutre !

Stagiaire

Pour les stagiaires, les mauvais jours approchent

29/07/2023

Hugo… hélas !

28/07/2023

Quelqu’un (un éditeur, par exemple ou même un correcteur) aurait pu dire à Arnaud Cathrine (la route de midland, Verticales, 2001) qu’il n’y avait pas de Mobylette au Texas, qu’en règle générale les putes se faisaient payer avant de tailler une pipe, etc, etc, etc. Il aurait pu, lui-même, se renseigner sur le combat-retour Joe Louis/Max Schmeling, ce qui lui aurait évité de dire des conneries. A part ça ? ça part dans tous les sens (polyphonique !) pour faire moderne alors que c’est juste arrogant et, surtout, crétin. Comme la suffisance éblouit parfois, on a tiré un film de cette daube… why not.

Barbey d’Aurevilly

aimait « décorer » ses brouillons

(qui lui donnerait tort… si ce n’est les typos !)

Amy Winehouse, c’était quand même autre chose que Christine Angot, non ?

16/07/2023

Il m’étonne beaucoup, lorsqu’il est question de littérature et d’intelligence artificielle, de ne voir jamais citer Copié/Collé (Mamco) et Alias Ali (Fayard).

Et toujours rien à la télé !

15/07/2023

Brad, Frédéric Mitterrand

1526 exemplaires vendus

14/07/2023

Rose nuit (Grasset, 2023) d’Oscar Coop-Phane m’a tout l’air de reprendre le dispositif adopté par Lætitia Colombani in La tresse (Grasset, 2017) en remplaçant la tresse de cheveux par un bouquet de roses. Pour ma part (et la prochaine rentrée littéraire), je propose Capote : récolte du caoutchouc dans une plantation d’hévéas, fabrication de préservatifs dans une usine chinoise, utilisation de l’engin par un couple séropositif !

« Des remords ? A la première, mais pas à la sixième », Michel Fourniret.

Comme le Tour est chiant et que ceux qui le racontent n’ont pas beaucoup de talent, relire Bartali sans ses clopes de Michaël Perruchoud (L’Age d’homme, 2008).

Gruppettto

08/07/2023

Gérard de Nerval

« Trop ne vaut rien »

Où sont les femmes ?

07/07/2023

« Dans tous les pays et dans tous les siècles, la classe la plus rampante fut celle des poètes », L’Abbé Grégoire.

03/07/2023

« Un polar sans morale, c’est une soupe sans moustache, c’est de la soupe », Jean-Patrick Manchette.

A propos du roman policier, je me demande s’il ne faudrait pas en revenir à ce qu’en disait Edmund Wilson : « La lecture de romans policiers n’est qu’une espèce de vice qui, par sa bêtise et sa capacité de nuire sur un mode mineur, trouve sa place quelque part entre les mots croisés et le tabac. »

« Le milan étend l’aile et le vent le transporte », Carlo Emilio Gadda…

Pour prendre de la hauteur, je pars pour un mois en altitude avec la collection complète de la revue DERNIER CARRE de Baudoin de Bodinat

24/06/2023

Je ne connais d’intelligence qu’artificielle.

23/06/2023

Appelez-moi par mon prénom (Stock, 2008), elle est jolie Nina Bouraoui, mais à ce point, j’aurais jamais cru.

C’est vrai – aussi –

qu’elle coche pas mal de cases

21/06/2023

MAIS TOUJOURS RIEN A LA TELE

20/06/2023

LORCA/CORSO/LORCA/CORSO/LORCA

CORSO/LORCA/CORSO/LORCA/CORSO

19/06/2023

A vingt ans, j’aurais certainement lu Les Javanais de Jean Malaquais (prix Renaudot 1939, Phébus libretto, 1995) avec beaucoup de plaisir, aujourd’hui (plus d’un demi-siècle plus tard, il est vrai), ça ne m’intéresse plus de le faire… quoi qu’il en soit : je comprends que l’on parle de Céline à son propos alors que… rien à voir ! les faiblesses de Céline, on les repère facilement chez des auteurs (je me souviens de Daniel Apruz, bien oublié pourtant) que l’on compare abusivement à… Céline !

Pour les scénars, on pouvait faire confiance à Prévert

18/06/2023

Ce que je ne veux pas savoir, Deborah Levy (Editions du sous-sol), je vois pas trop le chef-d’œuvre, juste un livre passable (au mieux). Pour ne pas être déçu davantage, j’en resterai à la déclaration qu’elle a faite à Télérama : « Je trouve un peu vulgaire de parler de son sens de l’humour ».

Et  je vous emmerde !

17/06/2023

[…] la Monoforme est la structure narrative hollywoodienne reposant sur un montage rapide et une construction rigide et fermée. Cette forme narrative cinématographique, avec sa structure d’une rigidité étouffante et ses innombrables astuces pour retenir l’attention du spectateur, contamine 95% du cinéma actuel […]  La télévision a imposé des structures narratives totalitaires à la société sans que nul ait eu le temps de réagir, à cause de sa rapidité, de son arrogance et de son côté mystérieux. C’est ça la Monoforme : un torrent d’images et de sons, assemblés et montés de façon rapide et dense, une structure fragmentée mais qui donne l’impression d’être lisse. », Peter Watkins.
Il me semble que la Monoforme, la forme narrative que Peter Watkins débusque au cinéma est encore plus voyante en littérature où elle contamine la presque totalité de la production éditoriale, je lui sais gré, en tous les cas, d’avoir mis un mot sur la chose.

Les partisans de formes différentes se réunissent en secret

16/06/2023

Je connais un type (ancien trois-quart centre de la Section paloise) qui a expliqué le cadrage débordement à Fred Vargas, je ne sais pas si elle a compris la manœuvre, mais ça l’a beaucoup intéressé

« Arrête les conneries », Le passager, page 220. D’accord.

Et toujours rien à la télé !

14/06/2023

J’ai poursuivi ma chasse aux indices dans Le passager de McCarthy : « Vous vous foutez de ma gueule ? », page 107, « Qu’est-ce que c’est cette connerie ? », page 198 et puis, il est mort.

Et, cette fois, pas de poires au sirop
pour lui sauver la mise

13/06/2023

La critique et facile, mais l’art est difficile », heureusement, quelquefois (c’est exceptionnel) l’un et l’autre fusionnent tout en flamboyances tropicales au delà des écueils circum-polaires et des marécages glauques d’où s’exhalent les vapeurs méphitiques de la sécheresse banale des qualitatifs imprécis comme la prose collégiale ordinaire balayée par les vents d’autan du tout-venant éditorial… Exemple : « Son écriture s’est aguerrie, acérée comme sous un vent piquant, son souffle a pris, dans la bourrasque d’un imaginaire modelé par une solide documentation, une puissance remarquable »…

Ça vous la coupe, hein !

L’œil était dans la tombe et regardait Chloé

12/06/2023

Le Passager de Cormac McCarthy (L’Olivier), page 15 : « Tout ça, c’est du charabia » ; page 32 : « Y’a rien là-dedans qui sonne juste ». Je poursuis vaillamment à la recherche d’autres indices.

Attentif, ensemble

11/06/2023

Ian, c’était pas la joie !

Ferdinand, n’en parlons pas !

C’est pas moi qui le dit,
c’est Jean-Paul Demoule

Et toujours rien à la télé !

10/06/2023

« Un combat de boxe commence comme un rêve et s’achève comme un roman », je suis sûr que c’est la déformation de propos tenus par Martin Amis (Le Point du 30/05/2013), le problème étant que je ne sais plus ce que j’ai « déformé » ! Peut-être (c’est plausible) « roman » a remplacé « cauchemar »…

Ecrire avec sa bite, c’est pas facile à cause des pleins et des déliés.

Jean-Luc !

Chez Hachette, on s’en souvient…

09/06/2023

« Une Madame de Sévigné qui a pris le thé chez Dada », Picabia sur Aragon.

Le seul livre qui manque à la liste ?
Celui que je préfère (le meilleur) :
Toutes les femmes sauf une
(Fayard/Pauvert, 2018)

08/06/2023

Quand on ne peut plus rien dire,

on peut toujours dire :

Pour Aragon (Louis), trois lignes de Saint-Simon valaient trois tomes de Proust (Marcel)… entre parenthèses (le genre de truc que l’on ne peut plus dire).

Guillaume, c’était la couv’ qu’il
ne voulait pas voir assassinée !

07/06/2023

De la même manière qu’il ne faut pas penser que les gens baisent sous prétexte qu’ils en ont l’occasion (sous le fallacieux prétexte qu’ils sont mariés, par exemple), il ne faut pas croire que les gens lisent les livres qu’on leur offre… 80% des achats en librairie sont des « cadeaux » et l’on connaît le sort réservé à ces derniers une fois la soirée achevée, la porte refermée ; comme le Saint Honoré flapi, les fonds de bouteilles… la gêne occasionnée : « Qu’est ce qu’on va foutre de cette merde ! », les réflexions bienveillantes à propos des généreux donateurs (« Ils peuvent toujours attendre qu’on les réinvite ! »)… les mêmes que celles des invités dans le taxi : « Mais quel dîner naze ! Plus jamais ! T’as vu l’appart’… non, mais t’as bien vu ce que j’ai vu ? Quel connard ce type ! Et elle ? Le pompon ! ».

« Et sa femme… non, mais t’as entendu ce qu’elle a dit ? »

04/06/2023

On peut ci-dessous se rendre compte de ce que « critique » littéraire veut, désormais, dire : RIEN ! Aucun jugement, aucune opinion même…Peu importe le sujet (en l’occurrence Fille en colère sur un banc de pierre), peu importe l’auteur (en l’occurrence Véronique Ovaldé), la seule chose qui importe au yeux… aux yeux de qui, d’ailleurs ? peut-être de l’éditeur, c’est la surface obtenue par l’attachée de presse dans un média d’importance. Le lecteur (dont on fait, soi-disant, grand cas), en réalité, on s’en contrebranle ; il y a, d’ailleurs, peu de moyens de le captiver… à moins que sa cousine germaine s’appelle Aïda, que Mimi soit le nom de son chat ou qu’il ait ait roulé des pelles à un type (brun, bouclé, genre gondolier) sur l’ïle de Iazza. Au hasard Balthazar ! Sait-on jamais… vogue la galère !

Et rien à la télé non plus !

26/05/2023

Michel ?

Anéanti !

Orsenna ? Pennac ?

J’hésite.

Et Balzac ?

Il travaille

25/05/2023

TOUS AUX ABRIS !

De la même manière que Bruce Springsteen me fait penser à Franz von Suppé, Garcia Marquez et le réalisme magique me rappellent El condor pasa massacré à la flûte de Pan dans les couloirs de Montparnasse Bienvenüe… todos pète-cojones !

Boum-badaboum-boum-boum !

Et pour changer des Quignardises…

Les Bigardises !

– Quel connard !

– Nasse.

– Quoi « nasse » ?

– Connasse, il a fini sa transition, il y a trois semaines.

– Manquait plus que ça… tu vas voir qu’elle va nous poser un congé maternité ce week-end.

Et toujours rien à la télé !

24/05/2023

Le Petit Larousse
&
Le Gros Roux

23/05/2023

Passable le Ducasse !
(comme mézigue)

Et toujours rien à la télé !

22/05/2023

La rentrée de septembre, c’est parti (c’est pas trop tôt, on s’emmerdait ferme), les critiques font pointer leur nez (teasing) à celles et ceux dont ils feront l’éloge dans quelques mois : Eric Reinhardt, Maria Pourchet… on prend les mêmes et on recommence !

A fond la forme

Les libraires, eux, s’émerveillent
des images style calendrier des postes

A propos de Philippe Sollers et de la suite de sa fin : je suis tombé sur une émission de France Culture (au fait, Sandrine Treiner* a retrouvé du taf’, elle travaille pour Le Journal de Laurent Joffrin et de mon copain Jean-Paul Mari dont je me souviens qu’il s’était courageusement opposé à mon licenciement du Nouvel Observateur) dédiée à sa gloire désormais posthume ; tout ce soin à faire vrombir son intelligence faisait penser aux kékés faisant patiner l’embrayage de leur GTI aux feux rouges et à Huc, un pote de mon père : « Il passait en seconde dans la ligne droite des tribunes ! »… plutôt que de la conduire lui-même, mon père préférait louer sa voiture  (Grand Prix de Pau, années 50) au risque qu’on la lui casse.

1100 centimètres cube Fiat
(comme la Cisitalia)
carrosserie dural

Sujet : « Je ne conçois guère un type de beauté où il n’y ait du malheur. »

19/05/2023

Se souvenir de Gilles Châtelet
(que l’on a tendance à oublier)

Ce n’aurait pas été de refus,
mais j’peux pas, j’ai partouze !

18/05/2023

En 2004, j’étais sur la liste du Prix de Flore, plutôt bien placé d’ailleurs, Arnaud Viviant a renversé la vapeur en ma défaveur lorsqu’il a apostrophé ses collègues : « Alors, on va élire un vieux ! », l’année précédente, Bruce Benderson l’avait emporté alors qu’il est plus vieux que moi… c’est vrai, deux quinquas, deux ans de suite, le Flore allait finir hospice ; le choix du jury s’est donc porté sur Joy Sorman (qui est plus jeune que mes fils). C’est un souvenir comme un autre qui n’a pas grand intérêt, d’autant plus que j’avais passé une excellente soirée à m’empiffrer de pata negra (c’était, peut-être, du bellota bellota, en tous les cas, c’était du bon) et à écluser deux ou trois bouteilles de champ’ (c’était du bon aussi) ; que j’étais accompagné par une véritable bombe, collègue de D (« Il est peut-être plus très jeune le gonze, mais question meuf, il se fait pas chier ! ») ; que Mazarine Pingeot m’avait félicité pour mon livre et que je ne sais plus quel membre du jury m’avait glissé que, cette année là, il leur fallait une fille… tout allait bien à Saint Germain ! et moi ? pareil ! pas besoin d’être consolé, un peu gris, certes, mais tout à la joy d’avoir esquivé la perruque verte, hommage à Dustan. Non, c’est juste que je viens de me rendre compte qu’aujourd’hui, Arnaud Viviant a trois ans de plus que moi, hier, et qu’il vient de sortir un bouquin sur la critique adoubé par la critique : ne pas élire un « vieux » étant, à mon sens, un argument particulièrement brillant, j’espère que ce vieux con définitif se réclame encore de la pertinence de son jugement, mieux, qu’il se vante de sa finesse !

Joy couronnée

17/05/2023

Bernard assure un max

Rue des Saints-Pères, on contrôle.

Tout le discours autour de la gaieté de Sollers m’est toujours apparu comme un mensonge éhonté à l’usage des gobe-lunes, rien d’autre qu’une fumisterie alimentée par ses soins ; je suis persuadé que Sollers était profondément malheureux et sans pouvoir dire pourquoi… « La peau sur la table », il ne voulait pas la mettre (je ne le lui reprocherais pas, moi, la douleur, je respecte).

Et toujours rien à la télé !

16/05/2023

Florent vs Harry

Isabelle Saporta contre-attaque

15/05/2023

Flaubert, c’est pas clair, non plus !

13/05/2023

Attachée de presse donnant ses dernières instructions
à un auteur avant son passage à la Grande librairie

12/05/2023

Les éditions Tristram viennent de re-rééditer De la boxe (initialement paru chez eux en 2012 après l’avoir été chez Stock en 1988), je ne sais pas si le livre se vend vraiment (apparemment, si), en revanche, il est toujours l’occasion de compte-rendus critiques élogieux (c’est toujours ça de pris). Comme ne pas lire fait, désormais, partie du travail des critiques littéraires, je ne m’en étonne point, mais comme je suis obstiné, je publie ci-dessous les deux entrées de Mille et une reprises où il est question de Joyce Carol Oates et, plus important, de la trahison de On Boxing. C’est pisser dans un violon, comme de répéter à qui veut bien l’entendre (personne) que L’Histoire de la boxe d’Alexis Philonenko est un ramassis d’âneries, mais qui se verra toujours citée comme « incontournable » par ceux qui ne l’ont pas ouverte, je m’en fous, je pisse (donc, j’essuie) !

Knock-Out on Heaven’s Door

Robert Zimmerman
au Madison Square Garden

OATES (JOYCE CAROL)

Annie Ernaux & Tony Yoka
aux Cahiers de Colette

« Aucun autre sujet n’est, pour l’écrivain,
aussi intensément personnel que la boxe. »
Joyce Carol Oates

J’ai lu De la boxe une demi-douzaine de fois et On Boxing deux ou trois, les traductions françaises étant tellement mauvaises que ce n’est pas tout à fait la même chose. La première édition française (Stock, 1988) comporte le seul texte « sur » la boxe avec les photographies originales, traduction Anne Rabinovitch ; la deuxième (Tristram, 2012) comprend les textes supplémentaires, mais pas les photos, traduction Anne Wicke. En réalité, VO ou VF, je ne sais toujours pas quoi penser de ce livre. Il ne faut pas se faire d’illusion, le fait que Carol Oates soit cette chouette anorexique à grosses lunettes et qu’elle écrive sur le sport le plus caricaturalement viril fausse le jugement ; on a naturellement tendance (surtout si l’on est un homme), soit à se demander de quoi elle se mêle, soit à être indulgent, c’est-à-dire à se demander de quoi elle se mêle d’une manière différente.
         Ce qui est tout à fait indiscutable, c’est que Carol Oates s’y connaît bien mieux que la plupart des spécialistes de sexe masculin, ce qui se joue et se rejoue dans les critiques sur OnBoxing n’est autre que le préjugé courant qui veut que quelqu’un ne puisse parler d’un quelconque sujet sans l’avoir éprouvé, préjugé complètement con, idéologie dominante à l’heure de la grande Restauration, pure et simple négation de la littérature…
.          ll te faudrait jeter, Nathanaël, les trois-quarts du livre que tu tiens entre tes mains !
.          En revanche, et si l’on prend les choses dans l’ordre, on ne peut pas dire que la forme prise par l’édition de On Boxing aide à la compréhension du fond. Au fur et à mesure que le temps passe et que les éditions augmentées se succèdent, des textes souvent publiés dans la presse (un sur Tyson, deux sur Ali, un autre sur Jack Johnson et le dernier sur le combat Louis/Schmeling) se rajoutent au texte assez court donnant son nom à ce qui se présente de plus en plus désormais comme un recueil ou un work in progress, à moins que ce ne soit une anthologie des textes sur la boxe écrits par Joyce Carol Oates, et qui a pour effet le plus évident de multiplier les répétitions et les redites.
.          Le texte proprement dit est un peu confus, les parties assez mal liées entre elles, ce qui étonne de la part de Oates, excellente technicienne d’ordinaire ; les informations sont quelquefois un peu approximatives, les opinions banales et les jugements discutables, mais – surtout – le texte s’aventure sur le terrain théorique et là, c’est pour le moins inégal. La principale objection que je ferais à Joyce Carol Oates étant que son affirmation princeps : « la boxe n’est pas une métaphore de la vie, mais un monde unique, clos et autoréférentiel » me semble du plus pur idéalisme, contredit par bon nombre de passages lumineux de son texte : « Dans ces moments de plus grande intensité, elle semble contenir une image si complète – de la vie, de la beauté, de la vulnérabilité, du désespoir, du courage sans limite et souvent autodestructeur de la vie – que la boxe, c’est en fait bien la vie » ; « Le combat de boxe est l’image même […] de l’agressivité collective de l’humanité, de sa folie historique constante. »
.          Si « l’image » (c’est moi qui souligne) n’est pas une métaphore, je veux bien m’inscrire à ses cours de littérature et si la boxe est un monde clos, comment Carol Oates peut-elle expliquer que la condition des Afro-Américains et d’autres damnés de la terre y soit si clairement visible ? ce qu’elle admet volontiers et qu’elle explique très bien. 
           Les pétitions de principe contradictoires de Carol Oates font quelquefois penser aux phrases définitives trouvées sur les étagères couvertes de poussière d’un drugstore désaffecté, prononcées d’un air pénétré par les héros de westerns, qui ne veulent, en réalité, strictement rien dire pour peu que l’on y prête une oreille attentive.

TRADUCTION

J’ai lu De la boxe une demi-douzaine de fois et On Boxing deux ou trois, les traductions françaises sont tellement mauvaises que ce n’est pas tout à fait la même chose. La traduction de la première édition française (Stock, 1988) est d’Anne Rabinovitch, traductrice de Saul Bellow, Norman Mailer, Joyce Carol Oates et James Salter ; la deuxième (Tristram, 2012) est l’œuvre d’Anne Wicke qui a traduit entre autres : Laura Kasischke, Toni Morrison, Susan Sontag et Virginia Woolf.
.        Les deux traductrices débutent en fanfare : le livre d’Oates est dédié aux contenders (que l’on peut « approximativement » traduire par « prétendants »), Anne Rabinovitch choisit « challengers » (challengers), Anne Wicke, « combattants » (fighters). Le reste est à l’avenant, mention spéciale à Anne Wicke (ou à son éditeur) qui, ayant la flemme de convertir les livres anglaises en kilogrammes, recopie le tableau des catégories de poids amateur ; oubliant les « paille », ajoutant les « super-lourds », traduisant super-welters par « moyens junior », j’en passe et des meilleures… un festival d’errata qui aurait pu être facilement esquivé. Ma préférée : « Marciano ne pourrait même pas me porter mon slip », « slip » pour jockstrap (coquille).
          Comme pour Bernard Cohen, l’inénarrable traducteur de La brûlure des cordes, je pourrais multiplier les exemples, comme l’entreprise serait plutôt vaine, je ne le ferai pas.

11/05/2023

Dans la famille Gallimard, je ne connais que Simone (la sœur d’Antoine), je me souviens qu’au Mercure de France, elle avait deux petits Piffaretti accrochés derrière son bureau et qu’elle avait été étonnée (évidemment !) que je sache de quoi il retournait, Maud Simonnot, son assistante de l’époque a, depuis, tracé sa route jusqu’à être cheffe de la nrf (je lui ai proposé, sans succès, d’éditer That Summer in Paris de Morley Callaghan). Au Mercure, dans la collection « Le goût de », je devais écrire Le goût de la boxe. Je me suis rendu compte que, si on ne voulait pas saloper le taf’, c’était beaucoup de travail pour pas beaucoup d’argent, je m’en suis lâchement débarrassé en passant le bébé à Raphaël Naklé (il ne m’a jamais remercié et il a fallu que je le lui fasse remarquer pour avoir droit à UN exemplaire), il est, désormais, libraire. Je devais, aussi, écrire Le goût de la tauromachie, je ne l’ai pas fait non plus. Dans le genre du type parti acheter des cigarettes et qui, de retour, dix ans plus tard, s’étonne que la soupe ne soit pas servie, longtemps après, j’ai relancé Simone, elle ne m’a jamais répondu. J’imagine qu’elle ne m’a pas trouvé très courtois, cela sans compter que le sujet est de moins en moins porteur. Dans une certaine mesure, tant mieux, il n’aurait plus manqué que cela… la tauromachie ! et puis quoi encore ? pourquoi pas la bite ?

Et toujours rien à la télé !

10/05/2023

Darrieusecq, nous voici !

Faut quand même avoir de très gros problèmes
pour se faire analyser par Arnaud Viviant…

08/05/2023

ME TOO

07/05/2023

Bruno Corty a des insomnies

06/05/2023

LE PARRAIN

 « Y a des footballeurs chrétiens, des cow-boys chrétiens,
des hommes politiques chrétiens, vous pouvez me dire
pourquoi y aurait pas des gangsters chrétiens ? »


Mickey Cohen

Son palmarès n’est pas très brillant : 7 victoires, 11 défaites, 1 match nul ; K.-O. face à « Chalky » Wright et même face à « Baby » Arizmendi qui ne frappait pas, encore heureux, Philippe Sollers, né le 4 septembre 1913 à Brownsville, le quartier de Brooklyn qui verra naître Mike Tyson, a eu une carrière criminelle d’une toute autre envergure.
           À 6 ans, Philippe Sollers vend des journaux au coin de Soto et de Brooklyn Avenue.
        À 9 ans, la famille s’installe à Los Angeles et Philippe Sollers, précoce, fait quelques séjours en maison de correction.
        À 15 ans, Philippe Sollers fait ses valises, direction Cleveland où il est recruté par Moe Dalitz qui sera surnommé plus tard « Monsieur Las Vegas ».
        Retour à New York où Philippe Sollers travaille pour une entreprise de racket avec Owney Madden, propriétaire du Cotton Club.
       Départ pour Chicago où il s’associe avec le frère d’Al Capone, Mattie. Accusé d’avoir flingué quelques collègues, Philippe Sollers est finalement relaxé, mais comme des rancuniers lui veulent du mal, il retourne à Cleveland où il se range sous la bannière de Meyer Lansky (de son vrai nom Maier Suchowljansky).
       Comme le travail vient à manquer, que le chômage menace, Philippe Sollers s’envole pour Las Vegas où il aide Bugsy Siegel à monter le Flamingo, tête de pont de l’industrie du Jeu au Nevada. « Bugsy » ayant un peu piqué dans la caisse, le Syndicat place un contrat sur sa tête… arrêt du cœur, mort naturelle ! Philippe Sollers, très en colère, se retrouve sans emploi avec deux cents costumes sur mesure dans son dressing, une Cadillac blindée dont l’embrayage patine et un garde du corps, Johnny Stompanato, qui ne trouve rien de mieux que de se faire trucider par Sheryl Crane, la fille de sa maîtresse, Lana Turner (anagramme : « Anal Return »). Comme la star refuse de régler l’enterrement de son gigolo, Philippe Sollers achète un cercueil bas de gamme à son porte-flingue et vend les lettres d’amour de Lana Turner à la presse. C’est pas une blonde qui va l’emmerder !
            En 1940, Philippe Sollers se marie avec Lavon Weaver (Simoni King), ancienne prostituée et tenancière de bordel.
            En 1950, le 6 février, sa maison, 513 Morino Drive, est détruite par une explosion.
         En 1951, Philippe Sollers prend quatre ans pour fraude fiscale, relâché en 1955, il s’occupe pour se distraire de stations-service, de casinos, de boîtes de nuit, d’une boutique de fleurs, d’une mercerie et même d’un camion vendant des glaces à Brentwood sur San Vicente Boulevard.
            En 1957, Philippe Sollers rencontre Billy Graham et se convertit au christianisme… Billy Graham est un mariolle et la Grâce ne regarde pas où elle tombe.
             En 1959, sa petite amie, Liz Renay (filmée en 1977 par John Waters) écope de trois ans de prison pour faux-témoignage. Philippe Sollers tombe amoureux de Candy Barr (Juanita Dale Slusher), prostituée à treize ans, mariée à quatorze avec un perceur de coffre-fort, strip-teaseuse, rôle principal dans le premier film pornographique clandestin, Smart Alec*, amie proche de Jack Ruby.
            En 1961, le Gouvernement lui retombe sur le râble pour une affaire de fraude fiscale. Philippe Sollers sera le seul prisonnier relâché d’Alcatraz grâce à un document signé par Earl Warren, mais son appel sera refusé. Emprisonné au pénitentier d’Atlanta, le 14 août 1963, un co-détenu, Burl Estes McDonald essaie de l’assassiner à coups de tuyau en plomb, mais n’arrive qu’à lui fracturer le crâne, que Sollers a solide.
             En 1972, libéré, Philippe Sollers part courir les émissions télévisées où ses anecdotes font recette et sa faconde aussi.
            En 1976, le 29 juillet, atteint d’un cancer de l’estomac (les soucis ! les persécutions perpétuelles !), Philippe Sollers meurt dans son sommeil.
            Depuis, Philippe Sollers continue de vivre dans la pop culture, il tient un rôle important dans trois des livres composant le Quatuor de Los Angeles de James Ellroy ; Harvey Keitel joue son rôle dans Bugsy et Sean Penn (consternant) dans Gangster Squad (affligeant) de Ruben Fleisher.
            Sa Cadillac 1950 noire fait le bonheur du musée de Paraparaumu en Nouvelle Zélande.
            Pas mal pour un boxeur minable.

* Elle roule des pelles et fait l’amour dans une chambre de motel avec un type
ressemblant vaguement à Jackson Pollock, mais comme elle n’est pas d’accord
pour lui tailler une pipe, elle téléphone à une copine qui s’en charge.
C’est en noir et blanc, ça dure 9 minutes 32 secondes,
c’est aussi troublant que de voir ses parents baiser.

05/05/2023

C’est la saison !

Les marronniers sont en fleur.

Hier, parution du dossier plus ou moins bisannuel du Figaro littéraire sur « Boxe & littérature ». C’est Bruno Corty qui s’y est collé : Hemingway, Mailer…bla-bla-bla… Tosches, Toole, Ellroy… bla-bla-bla… Oates, Philonenko, Morand, Montherlant… bla-bla-bla… Cravan, Cocteau, Rondeau… bla-bla-bla…
Je progresse dans la hiérarchie puisque je suis cité deux fois (fort anecdotiquement) ; il y a trois ans (environ), c’était Sébastien Lapaque qui avait hérité du pensum, je ne l’avais été (fort anecdotiquement) qu’une seule avec : Hemingway, Mailer… bla-bla-bla… Tosches, Toole, Ellroy… bla-bla-bla… Oates, Philonenko, Morand, Montherlant… bla-bla-bla… Cravan, Cocteau, Rondeau… bla-bla-bla…
Comme, en réalité, je suis très bienveillant sous mes dehors revêches, je crains, qu’un jour ou l’autre, la direction du Figaro ne s’aperçoive que Corty, Lapaque et consorts peuvent être – avantageusement –  remplacés par un logiciel.

Et toujours rien à la télé !

04/05/2023

Très intéressante interview de Pierre Leroy (PDG d’Hachette) dans les pages saumon du Figaro (29 – 30 avril). Tout va bien sur le front : Bolloré lui fait confiance ; le climat est paisible ; il ne faut plus raisonner seulement avec le livre imprimé ; il n’y a pas de craintes particulières sur une fuite des auteurs ; la véritable écriture est un art qui restera indispensable : l’IA, qui travaille sur les données passées, ne va pas créer de ruptures ou de transgressions comme l’art en a connu.
On peut affirmer le contraire sans crainte de se coller le doigt dans l’œil.

Rien, sans doute, ne peut compenser l’absence de talent,
si ce n’est la publication d’un premier livre
unanimement loué par la critique.

03/05/2023

Le Festival du livre de Paris est gratuit pour les moins de 25 ans que le livre n’intéresse pas !

Le Monde daté du 29 avril fait état des difficultés d’Actes Sud (30 personnes au chômage à la clé). La maison, hormis le fait qu’elle est l’une des plus subventionnées par les institutions, n’aurait pas réussi de ventes spectaculaires depuis les deux derniers Goncourt (Eric Vuillard, Nicolas Mathieu) obtenus, je le rappelle, lorsque Françoise Nyssen était ministre de la culture (2017 – 2018). Je compatis.

Croyez-moi,

distinguer deux Goncourt à l’aveugle,
c’est cador !

18/04/2023

« La décentralisation, de progrès revendiqué par la classe ouvrière elle-même, est devenue un moyen pour le capitalisme de rendre les luttes plus difficiles à mener. Eclatement qui verra son terme lorsque le travail à domicile sera la forme la plus  aboutie du travail. Où chacun rivalisera avec chacun, appartiendrait-il au même groupe social, cumulant les inconvénients du prolétariat avec ceux des professions libérales sans en avoir aucun des avantages, sous-traitant de son aliénation, gérant de sa misère, comptable de sa survie. »

Assez ! (Sens & Tonka, 2000)

16/04/2023

Si j’avais su qu’il fallait que j’éclaire « les angles morts de l’âme humaine » (et sucer quelques bites aussi), je l’aurais fait, mais personne ne m’a rien dit. Le name doping, ça peut aider.

13/04/2023

J’adore quand les institutions balancent le pognon par les fenêtres
(10 millions d’euros par an sur trois ans)

Sans la casquette, elle aurait pu se torcher !

Sarah Roux (fleuriste)
Docteur en Sciences politiques
(depuis hier)

Je suis physiquement allergique à Daniel Pennac. Je sais que c’est mal, mais je peux pas le voir.

12/04/2023

Ante Tomic (croate) : Qu’est-ce qu’un homme sans moustache, Noir sur blanc, c’est du Kusturica (serbe), sacrément fendard.

Chez Hachette,

on vient d’entendre parler de Chat GTI
alors, on balance les manuscrits par les fenêtres

11/04/2023

« Quand votre maison a été taguée
pendant que vos enfants dormaient à l’étage,
vous ne craignez plus rien. »

Frédéric Beigbeder (Le Figaro Magazine).

Debray, l’inimitable

10/04/2023

Julien Gracq, c’est pas toujours très clair

Retrouvé ce texte commandé, puis refusé, en 2011, par Jean-Baptiste Stehli, à l’époque, rédacteur-en-chef de Madame Figaro ! Je me suis toujours demandé pourquoi…

Contrairement à l’abonné SFR et à la ménagère de moins de cinquante ans qui remontent à l’âge de pierre, le mauvais goût est d’extraction récente. En dépit des efforts voyants de Caligula et de ceux de Néron, l’Antiquité l’ignore, l’âge classique, quant à lui, ne connaît que la faute de goût qui ne se conçoit qu’entre gens du même monde alors que le mauvais goût est le fait de ceux qui ignorent même ce que bienséance peut bien signifier et ne peuvent donc y manquer.
    Les puissants étaient jadis « prescripteurs » (comme disent les publicitaires) par nature, le mauvais goût n’aurait su les atteindre. Le mauvais goût est l’apanage des nouveaux venus, des nouveaux riches, des parvenus ; le « bourgeois gentilhomme » (oxymoron et aporie liés) est sa première représentation culturelle et le ridicule son lot. Monsieur Jourdain croit que le goût peut s’acheter, ou même s’acquérir, alors que la noblesse sait qu’il est affaire de naissance. La Révolution française réservera un réveil difficile aux ar(t)istocrates, l’Ancien Régime prendra acte dans la douleur de ce que le peuple peut, lui aussi, avoir son goût… qui se révélera ne pas être du goût de tout le monde !
    Depuis cet épisode un tantinet brutal, le bon goût décrété, démocratiquement ou pas, est du côté du manche et de la marchandise, le mauvais goût, on ne sait trop où… il change tout le temps !
    Une fois les valeurs aristocratiques renversées, Baudelaire pourra avancer que « ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire », ajoutons pour être un peu plus complet que faire l’éloge de Julio Iglesias au milieu d’un parterre d’adorateurs de Boulez, revendiquer son attirance pour les brunes avec des poils sous les bras dans un bar du Marais et faire l’apologie du fist-fucking à Saint-Nicolas-du-Chardonnet peuvent ne pas être mal non plus. A titre personnel et dans le même ordre d’idées (« A chacun son sale goût ! » comme disait ma grand-mère, bonne espagnole d’origine contrôlée), je trouve Modiano mou et Kundera kitsch, je pense que La Route est un livre bidon, Sur la route, aussi, et que bon nombre de crus réputés du Bordelais sont fabriqués sur le même modèle… tout comme des sodas ! Tout à la planche à bordeaux et au vernis à ongles…
    Il existe en réalité deux sortes de mauvais goût, celui de l’éternel petit bourgeois, éternel dominé de la mode, de l’air du temps et des magazines polychromes qui en font la réclame et celui de ceux qui prescrivent sans se préoccuper outre mesure de ce qu’ils prescrivent (Karl Lagerfeld ou Lady Gaga). Les premiers n’ont de cesse de poursuivre ce qui ne peut pas s’atteindre puisque ce qui est à la mode aujourd’hui ne le sera plus demain, les autres sont obligés d’aller toujours plus loin dans la surenchère jusqu’à passer pour le Grand Mamamouchi (« C’est-à-dire, en notre langue, paladin »).
    Quant au discours de celui qui prétend avoir du goût (Philou Sollers ou Fredo Beigbeder, c’est selon), c’est le discours de l’hystérique qui se cherche un maître pour le dominer.
    Alors que le mauvais goût s’en remet à un sentiment personnel d’une autorité simplette, que le bon goût a sans cesse besoin de se rassurer, de communiquer, la vraie puissance est au-delà du goût… bon ou mauvais ! Elle ne connaît que la vertu, celle des guerriers et des saints, dont on se moque de savoir quelle chemise ils peuvent bien porter, quel est le dernier film qu’ils ont adoré ou s’ils se sont offert une Patek Philippe pour leur cinquantième anniversaire.

Titre tout trouvé pour la future biographie (non autorisée) de Frédéric Beigbeder : Du caca’s club à l’Acacadémie.

07/04/2023

J’peux pas, j’ai chasse à courre !

06/04/2023

Cela fait déjà quelque temps que je ne parle plus de moi qu’au passé. Pour la postérité, c’est bon signe.

Et toujours rien à la télé !

05/04/2023

« J’ai besoin de rites. J’ai besoin de chants. J’ai besoin d’uniformes », Frédéric Beigbeder (Le Figaro Magazine).

« J’en ai marre que l’hétérosexuel soit partout traité de connard, de beauf, de porc, de bourrin », Frédéric Beigbeder (Le Figaro Magazine) ; face à Martina Navratilova,  Roger Federer n’aurait jamais laissé le court aussi ouvert.

En réalité, elle n’en sait rien,
elle n’a jamais essayé l’autre méthode
(par La Poste).

03/04/2023

J’étais barbier (stagiaire), ma copine serveuse à mi-temps chez Sushi Shop, au début, on a voulu prendre la gérance d’une boutique de CDB, finalement, on a préféré ouvrir une librairie.

Faut dire qu’on a été bien accueillis et bien conseillés

Je me demande si les profiteroles du Récamier ont augmenté aussi vite que le papier.

Hier, au Casque et l’Enclume, les critiques ignoraient qu’Erik Orsenna a été l’employé de Bolloré alors que – fondamentalement – Orsenna est l’homme de ménage de celui qui le paie, un domestique.

02/04/2023

OUF  !

A la mémoire de Jacques Drillon

et à celle de Gil Wolman.

Postface (en guise de) « Ce livre appartient donc globalement au genre connu depuis l’Antiquité, que le latin nommait satura […] et qui s’est aussi, plus ou moins, appelé un temps la fatrasie, pratique médiévale que mon confrère Petit Robert définit ainsi : “Poème d’un caractère incohérent ou absurde, formé de dictons, proverbes, etc. mis bout à bout et contenant des allusions satiriques”. Il relève aussi partiellement et dans le détail de quelques pratiques plus récentes, comme l’autobiographie, déjà évoquée, mais il s’y rattache par une relation de flirt, selon la définition ancienne de cette pratique, qui disait en d’autres termes que l’on tourne autour de la chose sans y entrer tout à fait. »

Gérard Genette

2556 jours de travail – 2 678 689 signes
1194 entrées – 3581 lecteurs

Frédéric Roux s/c éditions ¡ anda ! 14, rue Alexander-Taylor, 64000 Pau

editions.anda@orange.fr

https://fredericroux.fr/anda/le-livre-des-mille-et-une-reprises

Textes revus et corrigés. Tous mes remerciements à Antoine Faure et à Dominique Roux

Et si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres.

Jeanne-Marie Labrador (feue ma grand-mère)

01/04/2023

Violette Leduc

A table, Rintintin !

Sans même se donner la peine d’être un écrivain, Jérôme Garcin est recouvert de colifichets domestiques : prix Roger Nimier ; prix Essai France Télévision ; prix Jean Freustié ; prix Prince Pierre de Monaco ; prix Duménil ; prix Marie-Claire ; prix Humanité et médecine ; prix Maurice Genevoix ; Prix Pégase Cadre noir ; Grand prix Henri-Gal de l’Institut de France ; prix François Mauriac ; prix Jean Carrière ; prix des romancières ; prix Médicis Essai ; Grand prix de la SGDL ; prix Pégase de la Fédération française d’Equitation ; prix littéraire de la ville de Caen ; prix Nice Baie des Anges ; Prix Relay des voyageurs ; prix d’une vie Parisien-Magazine ; prix Joseph des écrivains combattants ; prix Jean-Bernard de l’Académie nationale de médecins ; prix des Deux Magots… alors, pourquoi se casserait-il la nénette ?

Et…

toujours rien à la télé !

31/03/2023

« J’incarne une forme de résistance », Frédéric Beigbeder (Le Figaro).

Un peu d’humilité ne nuit jamais

29/03/2023

Offenses, Constance  Debré (Flammarion), chiqué !

Le Musée des redditions sans condition
, Dubravka Ugresic (Christian Bourgois), formidable ! Comment douter à sa lecture que le fragment ne soit pas UN ?

Eloge de la librairie avant qu’elle ne meure, Baptiste-Marrey (Le Temps qu’il fait, 1988)… et dire que je m’époumone aujourd’hui à dire la même chose : les français ne lisent pas parce qu’ils ne savent pas lire. J’ajoute que les écrivains français ne savent pas écrire, donnez un quatrième de couverture de chez Gallimard à Chat GTI, il écrira approximativement le même livre que celui qui a été imprimé. Inutile de préciser que l’intelligence dite « artificielle » (on pourrait dire « automatique ») peut se substituer avantageusement à n’importe quel éditorial et à n’importe quel discours politique, ce qui aurait pour avantage non négligeable de supprimer journalistes et politiciens.
Quant aux solutions technico-administratives avancées par Baptiste-Marrey, elles ont toutes été plus ou moins mises en place, ce qui n’a absolument rien changé à la situation actuelle qui s’est, vu les derniers développements de la technique, encore détériorée.

27/03/2023

Le Musée des redditions sans condition, Dubravka Ugresic (Christian Bourgois), je ne sais pas où elle va, mais j’y vais avec elle.

22/03/2023

Et si la critique s’intéressait à : https://onuma-nemon.net/
Ça changerait…

15/03/2023

La ligne de courtoisie de Nicolas Fargue (POL, 2012) : ahurissant !

Extrait : « Elle rentrait de son cours de yoga sans avoir éprouvé la nécessité d’une douche transitoire, exacerbant par tous les pores de son derme cette odeur apocrine naturellement soufrée qui, jadis, m’avait fait tant hésiter à partager de nouveau son lit au terme de notre première copulation. Passé l’amour, j’avais d’ailleurs été tout autant refroidi par ses draps en fibre synthétique qui boulochaient très désagréablement avec l’usure,vous exfoliant jusqu’au sang le torse et les omoplates. »… on dirait une traduction made in Gallmeister alors que c’est censé être écrit – directement – en français.

Et toujours rien à la télé !

12/03/2023

J’ai trouvé ce texte (que je ne connaissais pas) en fouillant les entrailles du Ouèbe à la recherche d’une photo (que je n’ai pas trouvée) de Joyce Carol Oates avec Mike Tyson, dommage qu’à l’époque, les critiques n’aient pas fait le même effort.

“Mike Tyson” de Frédéric N. Roux (1999)

Posted on March 7, 2015 by Focus Webzine

A la base simple commande de son éditeur, cette biographie atypique du phénomène Iron Mike permet à Frédéric Roux de dépasser son sujet afin d’y caser les éternelles obsessions qui parcourent son œuvre.

L’auteur s’appropriant à tel point son sujet que l’impitoyable autopsie de l’icône à laquelle il nous convie s’impose comme un travail aussi personnel que ses récits de fiction.

C’est qu’il connait, en bon fan de boxe, l’importance de la discipline comme symbole de son époque. Tyson, comme tout mythe qui se respecte, ayant incarné la sienne jusqu’à la caricature…

Le racisme, la peur, la mort, le sexe, la violence, le danger : tous les ingrédients d’un parfait récit à scandale inscrits dans un siècle d’Histoire américaine que Roux détaille en usant des longues digressions qu’il affectionne.

Sans pour autant jamais perdre de vue l’essentiel : ce fascinant anti-héros dont la trajectoire brisée recèle un mystère qui affleure peu à peu. Celui d’un individu appelé à briller, sans l’avoir vraiment voulu.                                                                          
Qui semble ne jamais s’être vraiment appartenu et a accompli quelque chose d’immense, presque malgré lui. Quelqu’un à qui on n’a pas laissé le choix, peut-être pour son propre bien…

Un destin hors-norme, étrangement émouvant, qui laisse penser que Roux, en s’en faisant le scribe avec une rare pertinence, a rédigé son Gatsby

Mais toujours rien à la télé !

08/03/2023

En ce qui me concerne, je n’ai même pas à dire non, je ne suis jamais invité dans les raouts littéraires ni à causer de mon œuvre avec un « médiateur » ne l’ayant pas lue. Pour être totalement objectif (mon honnêteté me perdra), j’ai bien dû l’être un demi-douzaine de fois, en 40 ans de métier, on m’avouera que c’est peu.

Et toujours rien à la télé !

03/03/2023

Le retour des retours

01/03/2023

Les membres d’une académie se trompent rarement lorsqu’ils recrutent un nouveau membre, il a dû faire preuve d’académisme dans son œuvre ou, tout du moins, ne pas en être trop éloigné.

« déficient cognitif » = crétin en infra-patois.

Et toujours rien à la télé…

28/02/2023

Fan de l’auteur faisant des pieds et des mains
pour lire la suite de Mille et une reprises avant les autres

26/02/2023

Marc Pautrel

Je me demande si l’on n’aurait pas pu faire
l’économie d’un rapport.

Via Jean-Baptiste Bordas

Et toujours rien à la télé !

20/02/2023

Double blind

Et toujours rien à la télé !

19/02/2023

Tous les soirs, je lis quelque pages de La guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch (Presses de la Renaissance, 2004), dans mes rêves je patauge dans le sang.

Sandrine est méchante

13/02/2023

D sur anéantir de Michel Houellebecq : « Il est gâteux ». En fait, elle a raison davantage que les critiques professionnels traitant sérieusement de l’œuvre de quelqu’un de visiblement diminué.

Valéry, c’est pas toujours très clair

Flaubert, non plus

Chaque fois que j’entends un critique parler de « lalangue », j’ai envie d’avaler la mienne.

J’ai longtemps hésité à lire Le lambeau de Philippe Lançon, j’ai eu tort.

Quand les lecteurs s’en mêlent

La vache Guy rit !

06/02/2023

Le mauvais goût apprécié pour ce qu’il est

Le mauvais goût est d’extraction récente, l’Antiquité l’ignore, et l’âge classique ne connaît que la faute de goût, ce qui est très différent. La faute de goût opère entre gens du (même) monde ; le mauvais goût est le fait de « challengers » dont le Bourgeois gentilhomme est le précurseur naïf, qui croit que le (bon) goût peut s’acheter ou s’apprendre. Aux yeux de l’aristocratie persuadée que le goût est avant tout affaire de naissance, la Révolution française est un acte d’un mauvais goût insigne où désormais, il faut en prendre son parti, le peuple aura voix au chapitre du goût. Kant est le premier à thématiser ce droit de tout individu à affirmer son goût sans se soumettre à une autorité. Frédéric Roux ne fait pas mystère, dans son éloge, qu’il se situe du côté des challengers ; dans la parabole des grands-mères, il prend parti pour la bonne espagnole et son tonitruant : « À chacun son sale goût ! »

Ligne de fuite

Genre rhétorique par excellence, l’éloge a d’abord porté sur du positif : le courage, la vertu, etc. Une fois la rhétorique morte, l’indigne pouvait aussi être objet d’éloge, avec le paradoxe que plus il est réussi, plus on en oublie l’objet (la bêtise ou le mal, par exemple) pour ne retenir que le style. Toute revendication du mauvais goût suscite cependant la méfiance et alimente le soupçon de snobisme : « Il faut en finir avec les Pyrénées du goût ! S’il est une chose certaine, c’est qu’aujourd’hui personne n’a mauvais goût ; pire encore, jamais personne n’avouera avoir mauvais goût, serait-ce pour s’en vanter. En faire l’éloge est une provocation imbécile, un caprice puéril ; celui qui prend ce risque sombrera dans le ridicule. »
Il y a une forme de mauvais goût prise au sens absolu qui fascine en raison de son innocence, goût pour de toute stratégie, affirmation têtue qu’aucune raison ne peut faire changer d’avis. Ligne de fuite sur laquelle on est hors d’atteinte. Kant insiste beaucoup sur le fait que le goût doit communiquer, car le bon goût est anxieux de l’opinion d’autrui, il a besoin d’être rassuré ; le mauvais goût s’en soucie peu.
Dans la nomenclature des quatre discours de Jacques Lacan, le discours de celui qui prétend avoir du goût est le discours de l’hystérique, qui se cherche un maître. Ce maître est le prescripteur doué du pouvoir de convertir les signes en bons signes. Jadis les rois, les princes, les puissants étaient prescripteurs par nature. Le petit bourgeois est ainsi l’éternel dominé de la prescription, celui que ne perdent aucune occasion de stigmatiser ceux qui prescrivent sans avoir à justifier ce qu’ils prescrivent. Plus on gravit les échelons du pouvoir et de la célébrité et plus le mauvais goût perd de son sens : le roi n’a pas mauvais goût puisqu’il dit la norme, et Lady Gaga n’a cure qu’on la trouve de mauvais goût.
Si vous faites l’éloge sincère de Julio Iglesias devant un parterre d’amateurs d’opéra, vous risquez de faire un éloge de mauvais goût. Vous pouvez faire ce même éloge sachant qu’il va susciter la consternation de vos interlocuteurs, et en tirer une jouissance qui est de savoir qu’ils ne savent pas que vous savez qu’ils vous méprisent. « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire », cette phrase de Baudelaire (que Nietzsche a fait sienne), Frédéric Roux la fait figurer en tête du premier chapitre de son livre. On pourrait appeler cela la dimension baroque du mauvais goût consistant à regarder dans un miroir le regard atterré que porte l’autre sur votre goût et s’en délecter

Ligne de partage

À côté de l’éloge naïf et faussement naïf, il y a une troisième forme d’éloge qui consiste à assumer de manière polémique un goût dont on sait qu’il suscite du dégoût chez l’autre. La combinaison simultanée de ces trois formes d’éloge du mauvais goût chez Présence Panchounette n’a pas peu contribué à jeter le trouble en son temps. Présence Panchounette (dont Frédéric Roux a été l’un des membres éminents) avait l’ambition déclarée de faire l’éloge du mauvais goût sans tomber dans la « distanciation » (fatalement du côté de la distinction). Même s’il peut écrire que « les goûts ne sont pas DANS la nature, et les dégoûts pas davantage, les goûts sont dans la culture et seulement dans la culture », Frédéric Roux ne partage pas la vision dialectique de ceux qui voudraient réduire la question du goût à une simple combinatoire de signes à la Baudrillard. Non, certains objets portent les stigmates du mauvais goût comme gravé au fer rouge : « Le mauvais goût contre le bon, c’est le pot de terre contre le pot de fer, Tartempion contre Mike Tyson. Ce qui est en haut est en haut, ce qui est en bas reste(ra) en bas, malgré les inquiétudes silencieuses des uns et les craintes proférées à tue-tête par les autres. » C’est la question du partage entre art populaire et art tout court. En dépit de tous les franchissements de lignes, la ligne de démarcation est toujours là, et pour longtemps.On ne ressort pas de la lecture d’Éloge du mauvais goût avec le sentiment d’en savoir davantage sur ce concept nébuleux. Il ne s’agit pas d’un traité de sociologie, même s’il cite souvent les magazines qui se veulent prescripteurs ; il s’agit plutôt d’un exercice de style éminemment drôle, sachant marier avec aisance la vulgarité et l’esprit, la confidence et l’invective, l’érudition et la trivialité.

Jacques Soulillou
ArtPress (avril 2012)

On pourra dire que j’ai bu
la couv’ jusqu’à l’hallali.

30/01/2023

Assieds-toi au bord de l’oued,
tu verras passer le cadavre de ton ennemi

12 mai 2020

Sandrine Treiner,

En son temps, j’avais été un peu interloqué du choix de Judith Perrignon pour réaliser la Grande Traversée consacrée à Muhammad Ali… un peu comme si vous m’aviez proposé de me charger de celle que l’on pourrait consacrer à Marceline Loridan-Ivens.
Le résultat m’avait laissé dubitatif, mais vous savez comment sont les machos lorsqu’ils traitent des œuvres commises par des femmes ! J’avais d’ailleurs écrit, à ce propos, un texte (joint) où, d’après Olivier Nora, ma rancœur est évidente et mon manque d’humour patent. Vous jugerez.
J’ai, depuis, pris connaissance de la version papier parue chez Grasset et je dois avouer que je serai moins indulgent à propos de L’Insoumis. Tous les journalistes (qui n’y connaissent rien) ont loué le sérieux de l’enquête de Judith Perrignon (qui avouait, avant la Grande Traversée, ne rien connaître à son sujet). Ce n’est pas très sérieux ni très professionnel, pire, le résultat est très discutable.

S’appuyant sur une bibliographie comptant 6 (six !) ouvrages dont – certes – l’incontournable biographie de Thomas Hauser, mais aussi un libelle dévolu à la gloire d’Elijah Muhammad, le leader de la Nation of Islam, Judith Perrignon a entériné la version de l’assassinat de Malcom X donnée par Mohammed Siddeq, elle-même reprise de celle de Louis Farrakhan !
« Menée vers les bonnes personnes » par Karim Ben Ismail, journaliste à l’Equipe, Judith Perrignon n’a eu affaire qu’à de braves papis afro-américains innocents comme l’agneau venant de naître, en réalité, les mains pleines de sang. Mieux conseillée, elle aurait pu rencontrer, par exemple, William Bradley (Al-Mustafa Shabbaz), l’homme qui a tiré le premier sur Malcom X, qui vivait à Newark et n’a jamais été inquiété. C’était plus risqué.
Il n’était pas très difficile d’avoir une petite idée de la responsabilité de la Nation of Islam et de ses membres en consultant ce qui était imprimé à l’époque dans Muhammad Speaks, l’organe officiel des Black Muslims (« C’est un chien qui se vautre dans son vomi ») ou les déclarations d’Elijah Muhammad (« Cet hypocrite doit être banni de la face de la Terre ») et de Louis Farrakhan (« Sa tête roulera dans le caniveau », « Sa mort est programmée, Malcom ne pourra pas y échapper »).
Evidemment, l’affaire est encore plus complexe puisque FBI et CIA n’ont pas manqué de manipuler les uns et les autres ; rejeter l’entière responsabilité de l’assassinat de Malcom X sur les « Blancs » ou sur les « Noirs » dépend de quel côté du politiquement correct vous désirez vous situer.

Mohammed Siddeq et Al-Mustafa Shabbaz sont morts, mais vous auriez pu éviter à Judith Perrignon de se faire enfumer, jusqu’à publier chez Grasset un texte donnant sur une période clé l’éclairage d’anti-sémites notoires, en lui conseillant la lecture… d’Alias Ali, pour lequel vous m’aviez, quelques années plus tôt, remis le prix France Culture-Télérama, mais sans doute l’aviez-vous oublié.

C’est dommage, le dommage est fait.

Bien à vous.

J’avais trouvé Fief de David Lopez, tout à fait formidable, en revanche, Vivance (Le Seuil, 2022 ) est, à mon sens, totalement merdique, visiblement, pas pour tout le monde.

Il ne serait peut-être pas inutile de relire Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon (Stock, 2022) à la lumière de Nein, Nein, Nein ! de Jerry Stahl (Rivages).

And now, into the ring

The Gallimoches Bros
Aurélien Bellanger & Daniel Pennac

23/01/2023

Bloy ! Bloy ! Bloy !

Nabe et Juan Asensio
sont d’accord sur tout

Un, deux, trois Vietnam !

Que cent fleurs éclosent…

Premiers romans
(Selon Le Figaro)

2005 :  Ame sœur, Yvan Améry (La Volte) ; Bleu de chauffe, Nan Aurousseau (Stock) ; Double foyer, Christine Avel (Le Dilettante) ; Mammo, Pascal Béjannin (Gallimard) ; Morsures, Hélène Bonafous-Murat (Le Passage) ; Demain, je m’enfuis de l’enfer, Jean-Marc Benedetti (Grasset) ; A ma sœur du bout du monde, Fanny Carel (Mercure de France) ; Ensuite, avenue d’Auteuil, Matthieu Garrigou-Lagrange (Albin-Michel) ; Waltenberg, Hédi Kaddour (Gallimard) ; Je m’appelle Jeanne Mass, Thomas Lélu (Léo Scheer) ; A ton image, Aurélie Zarka (Farrago)…

Orpheline de l’amour… vous feriez mieux de vous précipiter sur ce premier texte très beau, dur, pur et doux… on est tout simplement saisi par la beauté des mots, on s’envole avec eux… la fumette dans les yeux… le style est très estampé aussi… dans la fièvre du siècle…  belle prouesse… drôle et vivant, léger et finement découpé… premier de cornée… lettre à retardement… ne devrait pas passer inaperçu…

2006 : Les lacets rouges, Lucas Bernard (Le Seuil) ; Le Manuscrit de Portosera la rouge, Jean-François Dauven (Ramsay) ; Du côté où se lève le soleil, Anne-Sophie Jacouty (Philippe Rey) ; Août, Sophie Lasserre (Gallimard) ; Mallarmé et moi, Raphaël Meltz (Panama) ; Carnets de déroute, Michel Monnereau (La Table ronde)…

Petits crimes entre amants… un roman recommandé à ceux qui goûtent les mets délicats… on aime cette absence de retenue… coup de dé avec Mallarmé… si toutefois il ne se perd pas dans les méandres labyrinthiques…

2007  : Et toujours en été, Maïté Bernard (Le Passage) ; Je suis morte et je n’ai rien appris, Solenn Colléter (Albin Michel) ; Amende honorable, Julien Capron (Flammarion) ; Telle une abeille, Isabelle Girard (de Fallois) ; Hors jeu, Bertrand Guillot (Le Dilettante) ; Dans la gueule de la baleine guerre, Jean-François Haas ; Babel sur Zone, Alex D. Jestaire (Le Diable Vauvert) ; L’Obscur, Jeanne Labrune (Grasset) ; Le roi dAfghanistan ne nous a pas mariés, Ingrid Thobois (Phébus) ; L’armée des chenilles, Pierre Vinclair (Gallimard)…

C’est un livre en noir et blanc qui retrouve un peu de ses couleurs… un récit d’initiation savamment dosé… ce qui se ressent d’ailleurs dans son  écriture… malgré les naïvetés de style et de lourds clins d’œil… trop de mots parfois, trop d’intelligence et de jongleries… suspendu entre raison et folie… il porte haut la langue de Molière…

2013 : Loin du monde, Sébastien Ayreault (Le Diable Vauvert) ; Si j’y suis, Erwan Desplanques (L’Olivier) ; Les Riches heures, Claire Gallen (Le Rouergue) ; Les Noces clandestines, Claire-Lise Marguier (Le Rouergue) ; L’Hypothèse des saisons, Mathalie Nohant (Le Passage) ; Deuxième femme, Caroline Pochon (Buchet Chastel) ; Bérénice 34-44, Isabelle Stibbe (Serge Safran)…

Hortense a vingt-cinq ans, une sensibilité à fleur de peau, des kilos en trop… rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension de l’incandescente comédienne…  la douceur des plages n’efface pas les étranges peines… loin du monde… c’est l’histoire livrée par bribes, des destins de guingois placés sus une étoile noire et obstinée…  tout en subtilité…

16/01/2023

« J’ai accepté de tout perdre et j’ai tout perdu.« 

Hélie Denoix de Saint Marc

What’s the fuck !

Il y en avait UN bon, mais je sais pas où je l’ai foutu !
alors, je vais chroniquer un mauvais, comme d’hab !

Michel Houellebecq (Configuration du dernier rivage, Flammarion, 2013) est un grand poète… la preuve (entre autres) :

« Soutien-gorge du vide, lingerie du néant
Où sont les corps en vie qui s’agitaient dedans ? »

Tout est dit de la librairie

Edgar Morin, la fin approche !

Et toujours rien à la télé

09/01/2023

« Malheur à ceux qui n’ont jamais tort, ils n’ont jamais raison. »

Le Prince de Ligne

Il faudra bien un jour faire le procès de la famille Lindon.

Lydie Salvayre aurait écrit un pamphlet sur le milieu littéraire, comme le faisait remarquer les critiques du Basque et de l’Enclume, elle a bien fait de le publier après avoir obtenu le Prix Goncourt et puis… de toutes les manières, y’a pas les noms. Une femme courageuse, un livre inutile qui fera un succès chez ceux qui se reconnaîtront.

Chez Fayard,

depuis l’arrivée du Prince,
on dort sur ses deux oreilles.

Le Prince, lui, reste attentif.

Mais toujours rien à la télé

02/01/2023

Je préviens mes « abonnés » et mon « fan-club » : les publications sur ce coin de site (le seul à être encore plus ou moins actif) vont se faire de plus en plus rares. Comme je déteste ne pas finir ce que j’ai commencé, je reprends un projet qui a déjà plusieurs années : Pièces jointes. Il a séduit plusieurs éditeurs à tel point que l’un d’entre eux m’a même versé un assez conséquent à-valoir (avant de se raviser sur la publication, mais – encore heureux – pas sur l’à-valoir) ; j’en suis à peu près au quart, j’espère l’avoir terminé à la fin de l’année. Rien ne dit que j’y arriverais.
Dans un genre approchant, je viens de finir Un Bouquet d’anecdotes ou Opus incertum d’Hans Magnus Enzensberger (Gallimard, 2022), après Un Bref été de l’anarchie (pour Alias Ali), il est étrange de me retrouver dans les pas d’un intellectuel allemand né en 1929 et dont l’œuvre n’a rien à voir avec la mienne ; en tous les cas, j’espère pouvoir faire aussi bien.

Fan sincèrement éplorée

01/01/2023

J’ai des doutes sur l’intelligence de ceux qui vitupèrent la bêtise.

Cou coupé court toujours